le Mercredi 10 juin 2026
le Vendredi 8 mai 2026 12:00 Rubrique - Nos arts de côte à côte

Nos arts de côte à côte – Trio «C’est en pratiquant»

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  PHOTO: Marcel Saulnier
PHOTO: Marcel Saulnier

Le 28 mars dernier, l’exposition d’art «C’est en pratiquant» a officiellement été lancée au Rendez-vous de la Baie, sur le campus de l’Université Sainte-Anne, et sera montée jusqu’au 15 mai.

Nos arts de côte à côte – Trio «C’est en pratiquant»
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Type de contenu: Rubrique

Les débuts de «C’est en pratiquant»

Véronique Hogan, Marcel Saulnier et Amy Paradis ont décidé d’unir leurs forces et de présenter leurs œuvres d’art dans le cadre d’une exposition collective autour d’un thème unique: «C’est en pratiquant». Tous trois ont convenu que le processus artistique n’était pas toujours parfait et ont décidé d’intégrer cet aspect dans la présentation de leur expo.

De la création des œuvres à leur mise en scène, le processus en était un d’apprentissage pour les artistes, avec un retour positif.

PHOTO: Marcel Saulnier

La soirée avant l’ouverture, le montage d’œuvres se terminait en pleine force et il y avait encore des œuvres en train d’être finalisées. «Pour moi, c’était la chaos, mais c’est OK! raconte Marcel. Moi, j’avais une œuvre qu’était pas encore sèche, mais je l’ai monté anyways

Véronique raconte qu’il avait aussi eu un délai pour l’arrivée d’un cadre pour une de ses pièces. Mais, à la fin de la journée, tout s’est bien passé et les œuvres ont été montées à temps.

«Lalie Douglas, notre directrice générale, nous a équipés avec un laser level pour nous aider à monter le show, explique Amy. Mais, quand même, souvent, des artistes ne sont pas des mathématiciens! Alors, rendu à un certain moment de la soirée, on voyait double! On a pris du temps à monter 28 morceaux.» 

Marcel a eu l’idée d’aller chercher son projecteur afin de rendre la tâche plus simple. «Il a fait un layout pour démontrer comment ça devrait avoir l’air sur le mur et il l’a projeté sur le mur, explique Véronique. C’était la parfaite solution.»

Les nerfs mis à côté, Véronique se rappelle du moment où elle avait l’impression que c’était réel. «Pour moi, le high, c’était quand ce que Marcel a fini de mettre le vinyl sur le mur à l’entrée avec nos noms dessus, décrit-elle. C’était comme, cecette, c’est vrai!»

L’ouverture des portes

Une fois que tout était enfin prêt, le lendemain, les portes se sont ouvertes sous les encouragements de la communauté et le soutien des familles. «Ce qu’était vraiment touchant, c’est que la journée de l’ouverture de l’exposition, la maman à Véronique est venue avec des fleurs pour tout le monde, raconte Amy. Ce qu’est drôle, c’est que mon père, au lieu de m’envoyer des fleurs, m’a envoyé un laser level!» 

«Y a beaucoup de monde [qui est] venu nous voir, dit Véronique. Des artistes de la région, du monde qu’apprécie les arts, même du monde qui n’aurait peut-être pas venu à d’autres vernissages, mais qui voulait démontrer leur soutien pour nous trois… c’était vraiment bien.»

Le fait que la galerie était pleine le jour de l’ouverture a beaucoup compté pour les artistes. «Moi, j’ai trouvé ça touchant, dit Amy. Des commentaires des amis m’ont fait beaucoup de bien, mais des commentaires des gens qui n’avaient pas besoin de nous contacter, mais qui ont pris le temps de le faire, [c’était] vraiment gentil.»

Le public a également salué le fait que le trio ait mis en avant leurs processus artistiques. Marcel reconnait aussi qu’il a eu la chance de montrer aux gens comment faire de l’estampe, avec cette exposition. «Moi, j’ai beaucoup appris, mais j’ai pu apprendre à plus de monde à propos de l’estampe itou», dit-il. 

Véronique a également fait remarquer que, même s’ils avaient travaillé sur leurs œuvres principalement chacun de leur côté, ils avaient tous fini par créer surtout des plantes. «C’était comme un happy accident, à cause c’était vraiment pas planné, dit-elle. Mais quand on a regardé alentour, on a réalisé que ç’allait bien ensemble.»

PHOTO: Véronique Hogan

La communauté répond

Ces trois avaient déjà ressenti le soutien de leurs artistes communautaires et du Conseil des Arts de la Baie, mais cette exposition a mis en évidence le soutien de la communauté au-delà du cercle des artistes. 

Amy a également encouragé les jeunes présents à l’évènement «Autour du feu» à aller découvrir l’expo, en espérant que ça inspire des jeunes à simplement s’essayer sans jugement. «Il est important, quel que soit l’âge, de voir des gens qui s’essaient à quelque chose, s’entrainent et donnent le meilleur d’eux-mêmes, explique-t-elle. Peut-être eux vont avoir moins de craintes à créer aussi», dit-elle.

«Je trouve qu’on a été pas mal vulnérables avec démontrer nos processus, continue Amy. Et on est vraiment clair qu’on est en train de pratiquer. On est pas du tout des experts, on est en train d’explorer, et voilà nos résultats.»

PHOTO: Amy Paradis

Un accomplissement à en être fier

Amy visite l’exposition assez souvent, pour s’assurer que ces œuvres de fèves sont toujours correctes – ils ont commencé à se défaire un peu après le montage. «Chaque fois que je rentre, je suis beaucoup fière de nous trois, dit-elle. J’avoue que, pour la communauté de Clare, c’est quelque chose un peu différent. J’ai été dit à quelques fois que c’est un nouveau style qui se trouve sur les murs. On est vraiment reconnaissant pour le Conseil des Arts de la Baie pour nous donner l’espace pour jouer.»

Amy dit que les œuvres que vous voyez sur les murs sont techniquement à vendre, mais l’idée, c’était de créer et de s’amuser. «Pour moi, c’était un peu libérant parce que je n’étais pas en train de penser, “C’est qui qui va acheter cette œuvre-là?” dit-elle. L’idée, c’était de pratiquer et démontrer notre processus sur le mur. Oui, c’était un peu vulnérable de démontrer notre processus, mais en même temps, c’est moi. Je m’assume, voilà ce que je prépare. Si t’aimes ça, t’aimes ça. Sinon, c’est okay.»

Véronique ajoute qu’elle, aussi, a pu lâcher prise dans son art d’une façon plus libre, quand il n’y avait pas tant de crainte de placer sur le produit final. «On dirait que ça m’a fessé quand j’étais en train de peinturer les magnolias. J’étais en train de le faire pour moi, pis mame, mais j’étais pas en train de créer pour vendre. Ça te libère des pensées de si ça va vendre ou non; tu peintures rinque pour peinturer. Y avait de quoi de complètement différent à l’égard de peinturer rinque pour mettre sur les murs.»  

Marcel se sent de la même façon, avec ce qu’il crée d’habitude et ce qui est sorti pour cette exposition. Il s’est lancé un défi de ne pas seulement utiliser de l’encre noire comme il le fait souvent avec ces autres pièces. «Je me suis dit que je peux la user, mais rinque si y a de quoi d’autre avec, explique-t-il. Et toutes les fois que tu mets une autre couleur, tu risques pas bien les aligner et des choses comme ça. Je savais que je risquais de faire des fautes pis rinque vouloir le jeter, mais c’était pas ça le but. Le but, c’est rinque tu le fais, si ça travaille, ça travaille. Si ça travaille poinne, live and learn, practice makes!» 

Maintenant que le trio a accompli un tel exploit, il est prêt à exposer ses œuvres dans d’autres galeries et un peu partout dans la province, si la chance se présente. «C’est vraiment great de pouvoir exposer nos œuvres dans Clare, pis c’est super que les gens qu’on connait sont déjà ici, dit Amy. Mais je serais curieuse de savoir comment les gens d’ailleurs pourraient accepter nos œuvres et comment ça pourrait se passer ailleurs. Peut-être dans le futur!»

Mots acadiens
rinque – seulement/simplement
pis – et
mame – maman
cecette – ceci

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