le Jeudi 6 août 2026
le Jeudi 6 août 2026 12:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Raconter l’Acadie à l’ère des médias sociaux

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  PHOTO: TheRegisti - Unsplash
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Dans un monde où les médias sociaux sont devenus un enjeu universel et redéfinissent aujourd’hui notre rapport à l’information, qu’en est-il de ceux qui les utilisent pour parler de l’Acadie? S’aventurent-ils dans un sujet de niche ou ont-ils trouvé un nouveau moyen de rassembler autour d’un intérêt commun?

Raconter l’Acadie à l’ère des médias sociaux
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Type de contenu: Actualité

Margaux Paz Paredes

Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL

Pour répondre à ces questions, deux créateurs de contenu qui partagent sur les réseaux leurs connaissances de la culture acadienne sont venus témoigner de leur expérience.

Chantal Vaillancourt, Acadienne de Moncton installée au Québec depuis 22 ans, utilise ses plateformes pour faire découvrir l’accent acadien dans le contexte du courtage mobile.

Elle raconte que c’est inspiré par une lecture vantant les mérites de l’authenticité en marketing qu’elle a eu l’idée de se lancer sur le web pour parler de son métier, tout en mettant en avant sa culture.

Chantal Vaillancourt, courtière immobilière et créatrice de contenu.

PHOTO: Facebook - Ici Laval Laurentides avec Chantal Vaillancourt

«J’ai dit, OK, je vais essayer de faire ça sur les réseaux sociaux, montrer cette personne-là qui est 110% authentique. Et effectivement, j’ai remarqué que tout ce qui était acadien, contenu un peu, tu sais, la parlure, tout ça, ça résonnait chez beaucoup de gens.»

Réal Thibault, quant à lui, originaire de la Baie Sainte-Marie, a commencé sur les réseaux en lançant son balado Talk Acadie, à travers lequel il échange avec des personnalités pour aborder divers enjeux de la francophonie. Puis, il s’est ouvert à d’autres plateformes dans l’idée d’augmenter sa visibilité.

Rapidement, il s’est aussi rendu compte que les canaux comme TikTok, Facebook ou Instagram lui offraient des possibilités qu’il ne pouvait expérimenter sur un contenu essentiellement audio.

Aujourd’hui, à travers ces différents réseaux, il navigue entre plusieurs formats — mot du jour, «Rant acadien», «911 Acadie», couverture de festivals ou encore entretien d’artistes —, mais toujours avec une pointe d’ironie bien à lui.

«Je trouve qu’est si tant beau avec les réseaux sociaux, c’est je peux être moi-même, se réjouit-il. Je peux retenir mon accent, t’as les sous-titres que le monde comprend ce que je dis, et puis je peux faire mes blagues acadiennes, je peux avoir mon sens d’humour, tu sais. C’est ça qu’est si tant génial.»

D’un avis commun, si Réal Thibault et Chantal Vaillancourt utilisent leurs réseaux pour parler de l’Acadie de façon différente — le premier en a fait le cœur de son projet, tandis que la deuxième en parle plus ponctuellement dans son contenu immobilier — tous les deux sont convaincus que le sujet intéresse et a trouvé son public.

Réal Thibault, créateur du podcast Talk Acadie

PHOTO: LinkedIn - Réal Thibault

«Quand on fait beaucoup de vidéos sur les réseaux sociaux, un moment donné, on voit ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas», explique Chantal Vaillancourt, qui consulte régulièrement son algorithme, le nombre de partages et de commentaires reçus.

D’après ses observations, les chiffres prouvent que le contenu acadien est pertinent chez les Québécois.

«Mais j’ai aussi remarqué que les Acadiens, de leur côté, avaient une fierté de ce que je faisais, souligne-t-elle. Ça touchait une corde chez eux aussi. Donc, autant d’un côté que de l’autre, tout le monde semblait apprécier le contenu. C’est pour ça que j’ai continué à en faire de plus en plus.»

Réal Thibault abonde dans son sens: «Le monde aime la culture, puis tu présentes ça dans les réseaux sociaux et tout ça, d’une façon que tu sais que tu penses que tu vas avoir des views et tout ça, il y a certainement un marché pour nous.»

D’un point de vue plus personnel, les deux créateurs expriment prendre également beaucoup de plaisir à faire découvrir l’Acadie à travers leurs contenus.

«C’est beaucoup de joie, affirme Chantal Vaillancourt. J’aime apporter de la joie chez les autres, donc ça me fait beaucoup plaisir. C’est du contenu qui n’est pas divisif. Je trouve qu’il unit les deux cultures au lieu de les diviser, en montrant les petites différences autant qu’on apprécie l’un que l’autre.»

«Je pense que ça ne fait pas de tort, renchérit Réal Thibault. Je veux dire, ça expose le monde.»

En effet, d’après ce dernier, la promotion et le partage de la culture profitent à tous, tant aux francophones canadiens, qu’à ceux originaires d’autres continents, comme en témoigne également Chantal Vaillancourt. 

«J’ai beaucoup ça à l’international, des gens qui découvrent, des Français, des Suisses, toutes sortes de gens qui découvrent qu’il y a non seulement le québécois, mais qu’il y a aussi d’autres régions qui parlent français au Canada et qu’il y a une grande variété, dans ces régions-là aussi, de façons de parler.»

De l’avis de Réal Thibault, il existe toutefois beaucoup plus de mots similaires au sein des différentes communautés francophones du Canada que l’on pourrait imaginer. 

Mais Chantal Vaillancourt, qui a vécu en Nouvelle-Écosse comme au Québec, se veut plus nuancée. «Quand on déménage dans une autre province francophone, comme le Québec ou en France, c’est là qu’on réalise, OK, on ne dit vraiment pas les choses de la même façon. Puis, j’en ai vu beaucoup, des Français qui sont au Québec, puis ils font la même chose.»

Des petites différences qui font, selon elle, la richesse linguistique de chaque endroit, région, pays et continent.

Et pour ces deux créateurs qui l’expérimentent au quotidien sur leurs plateformes, le français parlé en Acadie en est lui-même un bel exemple.

Je peux faire n’importe quelle vidéo, et on dirait, si je mets un twist acadien, la vidéo va bien performer et les gens vont vraiment plus apprécier que si je n’avais pas cet élément-là.

— Chantal Vaillancourt

«Je peux faire n’importe quelle vidéo, et on dirait, si je mets un twist acadien, la vidéo va bien performer et les gens vont vraiment plus apprécier que si je n’avais pas cet élément-là», assure Chantal Vaillancourt.

Un constat que le créateur de Talk Acadie confirme avec joie. 

«Dans les réseaux sociaux, t’as une chance, tu sais, avec la culture acadienne. Tu sais, y’a une madame de la Baie Sainte-Marie qui fait la cuisine et tout, elle montre comment faire une râpure et tout ça, puis le monde aime beaucoup ça. Elle a plus de succès que moi présentement, et good for her

Type: Actualités

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