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Du dessin au Linocut
Originaire de Petit Ruisseau à la Baie Sainte-Marie, Marcel Saulnier était jeune artiste avec une aptitude pour le dessin. Une fois rendu à l’université, il a dû prendre une pause en dessin, alors qu’il n’avait pas autant de temps à le faire. L’idée de reprendre le dessin lui restait toujours, mais ça a pris du temps avant la remise en pratique.
Employé comme gérant du Rendez-vous de la Baie, Marcel a décidé de rejoindre le Conseil des Arts de la Baie (CAB). Puisque la galerie se situait juste là, faire partie du CAB lui permettait de savoir ce qui se passait dans cette partie-là de l’édifice.
En jasant avec des gens du CAB, sa spécialité artistique s’est présentée: des prints et du Linocut.
«J’ai manière stumblé into le monde de faire des prints et du Linocut», explique Marcel. À la Manivelle, qui est en dessous du Rendez-vous de la Baie, il y avait une grosse machine dont Marcel ne connaissait pas la fonction. La curiosité lui a pris, et une amie artiste, Véronique Hogan, a réussi à résoudre le mystère de la machine, et à montrer à Marcel comment l’utiliser.
Après sa première tentative, Marcel avoue qu’il n’avait pas entièrement compris comment utiliser cette immense machine, mais le potentiel créatif était tellement resté avec lui qu’il a décidé de l’essayer de nouveau.
La presse à la Manivelle.
«Après deux, trois fois, c’est vraiment devenu quelque chose que je voulais poursuivre, dit Marcel. La machine, c’est une presse. Ça regarde comme une grosse roue de bateau. Quand tu la tournes, ça fait une planche s’en aller et, dans le mitan, il y a un gros rouleau. Ta print que t’as carvé va aller dessous le rouleau pis ça va le presser.»
Nombreuses étapes qui en valent la peine
Avant que Marcel utilise la presse, il y a plusieurs étapes à suivre pour obtenir un résultat final. «First, tu le dessines, usually sur du papier, et là, faut que tu la transfer du papier à sur un bloc de linoleum, explique Marcel. Après que c’est sur le linoleum, faut que je la chacote, pis une fois que je l’ai tout de carvé out, je l’encre pis là, je la print.»
Marcel avoue qu’une fois l’œuvre finie, c’est assez satisfaisant de voir le produit final, puisque le résultat prend tellement de temps. «C’est drôle, j’avais arrêté de dessiner parce que j’avais pas assez de temps, pis cecette, ça prend au moins deux fois plus de temps que dessiner, raconte Marcel. Mais, c’est OK! C’est le fun.»
Ajouter l’aspect du carving dans ses habiletés artistiques est un processus qu’est devenu assez naturel pour Marcel. Il nous explique que la première chose qu’il faut se rappeler est que tout ce qui est dessiné sera alors reflété, présenté à l’envers par rapport au dessin original.
«Exemple, si t’écris des lettres normales, quand tu le print, ça va être backwards, décrit Marcel. Mais des fois, ça ne fait pas de différence. Comme, si je fais une pomme et que je dessine la feuille sur un côté et ça apparait sur l’autre, c’est pas grave.»
Dépendant des matériaux que Marcel utilise, il va soit utiliser la presse à la Manivelle ou presser ses œuvres d’une façon plus «old fashioned». «Il y a une affaire appeler un baren et tu l’utilises pour frotter l’encre sur la page, explique Marcel. Si tu veux vraiment être primitive, y’a du monde qu’utilise le derrière d’une cuillère de bois!»
Oeuvre par Marcel Saulnier.
Essais, erreurs et les bons outils
La découverte des matériaux et des techniques les plus adaptés à la création des œuvres de Marcel s’est faite par essais et erreurs.
Heureusement, la Manivelle était justement un centre d’estampes. Alors, pour commencer, Marcel n’avait pas à aller loin pour trouver des outils. «Ils avons pas mal tout le stuff pour le faire, dit Marcel. Moi, je suis pas mal chanceux pour ça parce que ça prend beaucoup de stuff!»
Même la qualité d’encre change complètement le processus de création pour Marcel. Au début, il utilisait de vieilles encres à la Manivelle depuis des années, et ça faisait la job.
Mais les encres modernes ont définitivement leurs avantages. «Ça sèche super vite; pis super vite, c’est minimum 48 heures, encore, décrit Marcel. Tandis que les vieilles encres, des mois plus tard, c’était encore pas sec. Visuellement, ça pouvait avoir l’air sec, mais quand tu le touches, tu vas voir ton fingerprint a resté.»
Les inspirations comme sujets pour Marcel sont souvent des monuments et des paysages de la région de Clare.
Mais quelqu’un s’est aperçu d’un autre sujet qui se trouve souvent dans ses œuvres. «Quand je veux juste créer pour créer, je fais des oiseaux. Pourquoi? Je ne sais pas, j’aime pas des oiseaux de la pareil! dit Marcel. Un des oiseaux, j’ai dépensé quatre mois à chacoter, c’est un vraiment gros goéland.»
Non seulement Marcel crée tous les éléments nécessaires sur le plan artistique, mais il s’est également mis à recycler et à fabriquer son propre papier. «Tu ne peux pas juste utiliser du printer paper, faut vraiment que t’utilises du meilleur papier, explique Marcel. Je fais mes propres pages. Quand je printais du stuff au travail qu’était no good, je la shreddais pis là, avec les shreddings, je pouvais faire back du papier.»
Marcel achète aussi des pages, mais c’est du papier cher à $4.50 la feuille. Cela devient $4.50 par tentative parce que la première presse d’une œuvre ne va pas toujours bien fonctionner.
Si une œuvre ne fonctionne pas, Marcel va sauver autant du papier qu’il peut. «Je vais couper partout autour d’où ce que l’encre est pour sauver la page pas touchée, explique Marcel. Je le sauve, je le shred et je peux le tourner back dans des plus petites feuilles.»
Un avant-midi peut résulter dans la création d’à peu près une vingtaine de pages. Même si une œuvre ne fonctionne pas sur les pages recyclées, Marcel va redécouper les endroits sans encre et faire du papier encore, comme un cycle de recyclage artistique.
La pratique et les détails
La presse étant la dernière étape de la fabrication d’une pièce Linocut, cela peut sembler prometteur, mais des problèmes peuvent encore survenir à ce stade. Par exemple, l’on peut penser avoir encré tout l’estampe, mais s’il s’agit de la deuxième pression, l’on peut facilement oublier une zone et, une fois pressé, il n’y a pas d’encre à un endroit sur l’œuvre.
Quand Marcel crée de multiples prints, il aime inclure des feuilles d’authenticité qui correspondent avec chaque œuvre. «Ça dit le nom de l’œuvre, une petite description, quand ça été fait, si que c’était limited edition ou open edition, explique Marcel. Ça dit itou combien d’attempts qu’ont été fait… tous les détails à propos de st’œuvre-là, c’est là. Moi, je la signe et l’affiche aura le numéro de ta print. Puisque la majorité de mon stuff ce fait printé à la Manivelle, j’emboss que ça été printé là itou.»
Ces idées de touches finales sont issues de l’expérience acquise par Marcel dans ce domaine artistique depuis un peu plus de deux ans maintenant. Marcel envisage désormais de suivre un mentorat afin d’approfondir ses compétences en impression, dans le but d’organiser une exposition solo en quelque temps.
Pour le moment, Marcel est l’un des artistes qui participent à l’exposition collective, «C’est en pratiquant», qui va être montée du 28 mars au 8 mai. Les autres artistes qui seront présentés sont Amy Paradis et Véronique Hogan.
Marcel avait l’habitude de sélectionner une seule œuvre d’art pour être présenté dans une exposition collective, mais ce sera la première fois qu’il sera à l’honneur et que plusieurs de ses œuvres seront exposées. Pendant les vacances de Noël, Marcel s’est acheté une minipresse qu’il peut utiliser chez lui. Cet espace de travail qu’il a créé lui permettra de consacrer plus de temps aux œuvres qu’il présentera à l’exposition.
Pour les personnes qui souhaitent commencer en art, Marcel les encourage à se laisser emporter par leurs intérêts. «Quitte-toi timbe dedans, dit-il. Je crois qu’il y a beaucoup de monde qui se disent qu’ils ne sont pas capables de dessiner, ou qu’ils peuvent juste dessiner un stick man. Un stick man prend, comme, 10 secondes. So, si tu te bailles chance et investit 30 secondes dans ton next portrait, il fera mieux que ton premier stick man.
«Le plus que tu te quittes rinque expérimenter et essayer, c’est comme ça que t’apprends. Exemple, moi au début, je ne savais pas vraiment à propos de ce qui faisait un meilleur papier à travailler avec, et rendu asteur, j’ai appris comment faire mon own papier. Je n’aurais jamais appris ça sans essayer. Et si que tu n’es pas content avec de quoi dans ça que t’as créé, tu sais probably qu’est-ce que c’est que tu n’est pas content avec, so fix it next time.»
«Y’avait quelqu’un qui m’avait dit de quoi, et ça manière de resté avec moi. Elle a dit, “Toutes les fois que tu fais de quoi, t’as pas besoin de faire un masterpiece.” Et la majorité du temps qu’elle a créé de quoi qu’elle considérait comme un masterpiece, elle était rinque en train de s’amuser. So, you just gotta go for it.»
«J’aime souvent réaliser des estampes représentant des monuments à Clare, qu’il s’agisse de sites historiques ou de lieux touristiques emblématiques. Même si j’ai grandi et que je vis toujours dans la région, après avoir travaillé pendant cinq ans dans le tourisme, j’ai développé une appréciation plus profonde pour ces sites. Lorsque je choisis un monument, j’ai tendance à garder le sujet lui-même assez minimaliste et j’essaie de réduire au maximum les détails tout en conservant l’essence du monument. Pour compenser le manque de détails, j’ai tendance à mettre l’accent sur l’environnement en choisissant un motif pour remplir le ciel. Je trouve que, même si l’on pourrait s’attendre à ce que le monument soit éclipsé, cela le met en réalité encore plus en valeur.»
Marcel Saulnier
