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Vie de garçons: favoriser la consommation responsable par l’achat intentionnel

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Le propriétaire Ish à l’entrée de sa brocante, Vie de garçons.  — PHOTO: Nicolas Jean
Le propriétaire Ish à l’entrée de sa brocante, Vie de garçons.
PHOTO: Nicolas Jean

ROSE BAY - L’économie circulaire, ça dit de quoi? Une entreprise francophone de la Rive-Sud, récipiendaire du prix IMPACT en développement durable, encourage les gens à se procurer des objets de seconde main avant d’acheter neuf. Une occasion non seulement de réduire ses déchets, mais aussi de repenser sa relation avec ses possessions.

Vie de garçons: favoriser la consommation responsable par l’achat intentionnel
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Type de contenu: Actualité

Au moment de s’entretenir avec Le Courrier, Ish, créateur de l’entreprise Vie de garçons, préparait la brocante avant sa réouverture, pour la saison touristique qui arrive bientôt. 

Il a quelques astuces pour préserver ses objets. Pour les tables, c’est de bien les huiler. Pour les toiles et les photographies, il suffit de les garder loin de la lumière directe. Les objets les plus fragiles sont restés au chaud dans un sous-sol, à l’intérieur de son domicile, pour éviter l’endommagement durant les rudes mois de l’hiver. 

Pour connaitre la genèse de Vie de garçons, il faut remonter le cours du temps. Naturellement très curieux, Ish a toujours adoré les antiquités et les trouvailles rétro. Ayant beaucoup grandi chez ses grands-parents, durant sa jeunesse, il était entouré d’anciens objets, chacun ayant sa propre histoire unique. Il était fasciné par leur fabrication, leur esthétique. 

Une collection de trouvailles rétro et d’objets revalorisés s’est développée dans la brocante de Vie de garçons. 

PHOTO: Nicolas Jean

Lorsqu’il a acheté sa demeure sur la Rive-Sud, il y a quelques années, la maison est venue avec une grange. Celle-ci est devenue un «endroit sympa» pour y passer du temps et, éventuellement, devenir sa «petite brocante». 

En passant par les marchés et les yard sales (ventes-débarras) de la Nouvelle-Écosse, Ish y découvre des «trouvailles vraiment incroyables», la province étant une mine de trésors de différents coins de la planète. 

«Comme la Nouvelle-Écosse a une histoire de navigation et beaucoup d’échanges avec des endroits lointains, bien, des fois, on retrouve des objets en Nouvelle-Écosse qu’on est surpris de trouver parce qu’ils ne sont pas typiques de la région et ont souvent été ramenés en bateau, en cadeau, au fil des années de [commerce].» 

Une capsule d’une vie

La Nouvelle-Écosse étant une population vieillissante, plusieurs résidents sont à l’étape de leur vie où ils doivent faire le tri de leurs effets personnels. Ces dons d’objets aboutissent parfois dans les bazars et les ventes d’églises, trouvant de nouveaux propriétaires, comme Ish.

Chaque objet que tu achètes, ça vient avec une histoire, une petite histoire d’une capsule de leur vie, et j’adore ça.»

— Ish, Vie de garçons

Ce dernier prend plaisir à connaitre l’histoire, le souvenir ou l’émotion qui vient avec l’objet. «Chaque objet que tu achètes, ça vient avec une histoire, une petite histoire d’une capsule de leur vie, et j’adore ça.» 

Mais Ish ne se limite pas à la Nouvelle-Écosse pour ces trouvailles. En voyage, des valises supplémentaires sont de mise pour ces souvenirs de France et d’ailleurs. Quelques objets vont directement à la brocante, d’autres transitent en premier par la maison. 

En effet, Ish aime souvent habiter avec ces objets pour une période, «et après, quand je suis prêt à leur donner une nouvelle vie, je les mets dans la revente.» 

Le propriétaire est d’avis que les objets avec une histoire, avec une âme et avec un vécu, changent l’âme d’un foyer. C’est ce qui fait, pour lui, la différence entre une maison et un chez-soi. 

«J’ai déjà eu des regrets, avoue-t-il, donc des objets que j’aurais souhaités peut-être pas vendre. Mais c’est toujours comme ça, la vie. Et après, je me dis, il y aura toujours d’autres trouvailles.» 

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De la collecte au décor

Ancien visual merchandiser (étalagiste) pour Louis Vuitton et Gucci dans la Ville Lumière, Ish a appris qu’il ne suffit pas de placer des objets dans un espace: il faut aussi les agencer, bien les mettre dans leur environnement. 

Aujourd’hui, à travers Vie de garçons, il offre occasionnellement des services de décor intérieur. Ses clients ont déjà une idée de ce qu’ils souhaitent faire ou ont une vision de l’ambiance qu’ils recherchent. Ish est plutôt là pour mettre de l’ordre, un coup de pouce pour «leur donner le courage de faire ce qu’ils ont envie de faire» avec leurs objets. 

L’entreprise se trouve dans une grange sur la Rive-Sud, dans la communauté côtière de Rose Bay. 

PHOTO: Nicolas Jean

Il ne s’agit pas seulement de services de décor. Ish veut aussi sensibiliser à la consommation responsable et à l’importance de la revalorisation des objets de seconde main. 

«Je travaille la plupart du temps avec des objets qu’ils ont déjà, par souci pour l’environnement, par souci pour leur budget. Et parce que déjà, dans la brocante, une grosse partie de ce que je souhaite faire, c’est de l’éducation sur le fait de réutiliser, de pas acheter du neuf tout le temps et de privilégier des objets anciens ou vintage qui sont souvent mieux fabriqués, de meilleures qualités.» 

«Même si, des fois, c’est peut-être imparfait ou ça a du vécu, poursuit-il, mais de privilégier le caractère et l’âme que ça peut amener à être dans un espace.»

S’éloigner de la production de masse

Si la nature du projet est, dans un premier temps, écologique, il y a aussi la composante éthique. 

Sachant que la production de masse vient fréquemment avec des conditions de travail qui ne respectent pas les personnes qui fabriquent les objets, sans compter l’impact du transport de produits à l’échelle de la planète, les petites entreprises, comme celle à Ish, sont là pour faire réfléchir au legs qu’on laisse en tant que consommateurs. 

«Je trouve que, quand on regarde vers les générations futures et ce qu’on laisse derrière nous pour eux — surtout quand je pense à nos nièces et neveux qui sont jeunes, qui grandissent —, j’aimerais leur laisser un monde meilleur, déjà.» 

C’est également de lutter contre la tendance de copier ou magasiner les modèles de décors promus sur les réseaux sociaux, ou «de vouloir vivre dans des chez-eux qui ressemblent à une chambre d’hôtel», des espaces parfaits, mais presque stériles et même parfois dépourvus de personnalité. 

«En fait, chercher des objets avec une histoire, avec une âme et avec peut-être quelques imperfections, ben justement, ça vient casser cette stérilité», dit Ish. «Moi, j’essaie de lutter contre ça pour dire, en fait, consommer lentement, consommer mieux et réfléchissez avant de consommer», ajoute-t-il. 

Ish à l’entrée de sa brocante avec son animal de compagnie, Miette.

PHOTO: Nicolas Jean

La ruralité, c’est l’entraide 

Sur la Rive-Sud, l’entraide est primordiale. Basée dans la petite communauté côtière de Rose Bay, Vie de garçons se veut aussi un projet pour soutenir et assurer la survie des artisans locaux. 

«Quand on vit dans une petite communauté rurale, les artisans sont notre communauté, sont nos amis», précise Ish. «C’est aussi présenter un aspect de la Nouvelle-Écosse que je trouve essentiel et vraiment emblématique de la Nouvelle-Écosse», ajoute-t-il plus loin. 

Connu pour son folk art (art populaire), notamment grâce au succès d’artistes comme la peintre Maud Lewis, c’est ce côté artisanal qui, selon Ish, fait de la province ce qu’elle est: un endroit où tout le monde, expérimenté ou débutant, amoureux du textile ou de la céramique, peut être artiste. 

«Je trouve que c’est vraiment important de mettre ces objets en valeur, cette créativité en valeur.»

En collaborant avec d’autres entreprises et initiatives locales, Ish essaie de dynamiser sa région. Il a, par exemple, soutenu les petites fiertés de la région avec des dons pour leurs fêtes annuelles d’été. 

«Après, l’implication locale pour moi, c’est aussi le fait que la brocante, c’est devenu comme un lieu de rencontre pour la communauté, mentionne-t-il, et en fait, souvent, les voisins se retrouvent ici, soit dans la cour, soit dans ma boutique. [Ils] se sont pas vus depuis longtemps, par exemple, et je trouve ça vraiment chouette parce qu’il y a des échanges qui se font.» 

Ces gens aident aussi par le don de boites en carton et de sacs de papier, afin d’éviter l’achat neuf et le recyclage de ces matières, et pour leur donner une seconde vie chez lui. 

L’autre partie de la brocante. 

PHOTO: Nicolas Jean

Type: Actualités

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Jean-Philippe Giroux - Rédacteur en chef - Généraliste

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