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le Jeudi 16 juillet 2026 11:00 Nos communautés - Rive-Sud

Un piano fait escale pour aller à la rencontre du public

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Le public, installé sur le quai, profite du concert.  — PHOTO: Ariane Gleize
Le public, installé sur le quai, profite du concert.
PHOTO: Ariane Gleize

À Lunenburg, l'artiste française Marieke Huysmans-Berthou a fait escale avec son voilier Lady Flo dans le cadre de Pianocean. Plus qu'un concert sur l'eau, son projet propose une autre manière de vivre la musique avec son public. En quittant les salles de spectacle pour les quais, elle va à la rencontre de personnes qui n'auraient peut-être pas franchi les portes d'une salle de concert.

Un piano fait escale pour aller à la rencontre du public
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Type de contenu: Actualité

Le bateau attire le regard, mais, pour Marieke Huysmans-Berthou, le cœur du projet se trouve avant tout dans le lieu où il accoste.

«C’est à la fois le bateau, mais c’est surtout le port. Qui dit bateau dit port», explique-t-elle.

Le port comme salle de concert 

Depuis toujours, les ports sont des lieux de passage où se croisent voyageurs, travailleurs, habitants et visiteurs. Cette diversité en fait, à ses yeux, un endroit idéal pour partager la musique.

«C’est un lieu public, en extérieur, où il y a une grande mixité sociale, où on peut trouver à la fois des touristes, des locaux, des travailleurs de la mer, des ouvriers portuaires, des familles qui viennent se balader», décrit-elle.

Cette ouverture transforme la relation avec le public. Dans une salle de spectacle, les spectateurs ont fait le choix de venir. Sur un quai, la rencontre peut naître du hasard. C’est cette spontanéité qui nourrit sa démarche.

Quand la musique s’invite sur le quai. 

PHOTO: Ariane Gleize

«Il y a des gens qui vont venir pour le concert parce qu’ils savent qu’il y a un concert. Puis il y en a plein qui vont être là par hasard […] Ça m’intéresse beaucoup de pouvoir attraper des gens dans un moment du quotidien. “Viens, on va manger une glace sur le port” ou “Il faut que j’aille nettoyer mes casiers”, et ils se retrouvent en plein milieu d’un concert avec toute une histoire, toute une poétique», raconte-t-elle.

Pour Huysmans-Berthou, sortir des lieux traditionnels est une manière de rendre la musique plus accessible.

«Le fait d’aller mettre de la musique dans des lieux du quotidien accessibles à tous, pour moi, ça a beaucoup de sens», ajoute-t-elle.

Les ports, des scènes culturelles

Les ports ont historiquement déjà un caractère de mixité culturelle. C’est là où les cultures se sont entrecroisées, mélangées.

— Marieke Huysmans-Berthou

Au-delà du décor, Marieke Huysmans-Berthou voit les ports comme des lieux profondément culturels. 

«Les ports ont historiquement déjà un caractère de mixité culturelle. C’est là où les cultures se sont entrecroisées, mélangées», rappelle-t-elle.

Elle évoque le fado portugais, les chants de marins ou encore d’autres traditions musicales nées dans ces lieux d’échanges. 

Son répertoire suit d’ailleurs le même mouvement. Au fil des escales, elle fait voyager ces morceaux d’un pays à l’autre.

«J’aime faire voyager des petits bouts de patrimoine musical et culturel. J’aime bien pouvoir jouer un fado portugais en Norvège ou un chant norvégien aux Canaries», explique-t-elle.

Un duo improvisé entre Marieke et son chat, Seabird. 

PHOTO: Ariane Gleize

Une musique de proximité

Cette façon d’aller vers le public trouve ses racines dans ses débuts musicaux, lorsque Marieke Huysmans-Berthou jouait dans la rue en Irlande. Avec Pianocean, elle retrouve cette proximité dans un nouveau décor : les quais.

«J’ai renoué avec ce par quoi j’ai commencé, c’est-à-dire la musique de rue. Sauf que c’est de la musique de port, de la musique de quai, mais pas de la musique de rue», explique-t-elle.

Chaque escale dure au moins une semaine afin de laisser le temps aux rencontres, d’apprendre une chanson du coin, une histoire locale ou un peu de la langue. Ces échanges nourrissent directement son travail. Son répertoire évolue au fil des voyages et des territoires traversés.

À ses yeux, le port est bien plus qu’un décor : c’est une scène vivante. En choisissant les ports plutôt que les salles. Elle ne cherche pas seulement un cadre original, elle cherche à déplacer la musique vers la rencontre, vers les gens.

«C’est vraiment la meilleure salle de concert qu’on puisse faire. J’adore voir la musique au cœur de la vie des gens, voir les enfants qui jouent, des amoureux qui s’enlacent, des gens qui rigolent. Pour moi, c’est hyper vivant comme public», s’enthousiaste-t-elle. 

Le spectacle vivant, profondément humain

Pour Marieke Huysmans-Berthou, sortir des salles ne sert pas seulement à rendre la musique plus accessible. C’est aussi une façon de préserver ce qui fait la richesse du spectacle vivant : une rencontre réelle entre des artistes et un public, où les émotions circulent dans les deux sens.

«Le spectacle vivant, c’est une de nos dernières cartes humaines à jouer face à l’IA, face aux écrans, face à la disponibilité de contenus culturels à foison. C’est le moment où on est des humains qui venons faire un spectacle pour des humains. Et ça, rien ne le remplace», affirme-t-elle.

Lors du premier concert, le chat de Marieke est venu s’installer près du piano, pour les dernières chansons. Les regards se sont tournés vers lui, des téléphones ont photographié la scène et des sourires sont apparus. Comme les passants qui s’arrêtent par curiosité, cette présence imprévue montre que le spectacle vivant ne se maîtrise pas entièrement. Il se construit avec ce qui se passe autour de lui.

À chaque escale, Pianocean propose une autre manière de créer et de partager la musique : une musique accessible, qui vient à la rencontre des gens plutôt que d’attendre qu’ils viennent à elle. 

Un quai, un piano et quelques passants suffisent parfois à transformer un lieu du quotidien en espace de rencontre. 

Type: Actualités

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