Originaire du Québec, riche de ses nombreux voyages, ses expériences dans le volontariat à l’international et sa forte expertise dans l’évènementiel, après avoir œuvré pour différentes compagnies, c’est en Nouvelle-Écosse qu’elle a finalement décidé, en 2017, de poser ses valises.
Après la mise en place d’un projet entrepreneurial, la création de Tic Tac Go Escape Rooms and Games, le premier jeu d’évasion bilingue dans les maritimes, elle a ensuite travaillé pour le Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), en tant qu’adjointe administrative en finance à l’école Bois-Joli, avant d’être nommée directrice générale de l’Acadie de Chezzetcook.
«Ça m’a intéressée, car j’aime la francophonie, le français est très important pour moi. Je suis Québécoise, mon conjoint est Français, ma fille est née à Bordeaux, donc ça fait partie de ma culture et c’est important pour moi de maintenir le français dans une minorité», explique-t-elle.
Rébécca-Sarah Potvin, directrice générale de l’Acadie de Chezzetcook.
«Je suis une des premières à dire qu’il est important de maintenir à la maison la langue et la culture. Les générations futures sont facilement assimilées par la langue. Mes deux enfants parlent souvent anglais, bien qu’ils aient des parents francophones et qu’ils vont à l’école francophone.»
C’est aussi un sincère attachement pour la région de Chezzetcook qui se dévoile au fil de son témoignage. «Je connais des personnes depuis 20 ans là-bas. Je veux partager la richesse du patrimoine acadien, de la francophonie, mettre en place des activités pour la communauté, répondre à ses besoins là.»
Si cette aventure est toute nouvelle pour elle et qu’elle admet avoir encore beaucoup de choses à apprendre, il y a déjà de nombreux projets sur lesquels elle travaille.
Le plus gros du moment concerne la transformation de l’église Saint-Anselme en centre culturel acadien pour y accueillir des spectacles, des célébrations, des mariages, et même offrir l’opportunité au milieu du cinéma d’y tourner des films. «Parce que c’est un lieu unique, c’est vraiment un bel endroit.»
Pour inviter la communauté à visiter le bâtiment rénové et lui présenter ce projet qui a été pensé avant tout pour elle, pour qu’elle y partage d’heureux évènements et s’y crée de nouveaux souvenirs, une journée portes ouvertes aura lieu le 13 avril prochain. «Beaucoup de personnes vivent le deuil de cette institution religieuse. On veut leur montrer qu’on lui donne une seconde vie, que c’est vraiment un beau nouveau défi.»
La création de ce nouveau lieu culturel, qui prendra le nom de Centre Acadien de l’Anse de Chezzetcook, et notamment le rachat de l’église, a été rendue possible grâce au soutien financier de Patrimoine canadien et d’un investisseur privé.
Mais, «c’est véritablement la communauté et l’Acadie de Chezzetcook qui ont permis à l’église de rester au sein de la communauté et de ne pas tomber entre les mains d’un développeur étranger», insiste Mme Potvin. Une peur qui a animé longtemps la communauté lorsqu’elle a appris sa mise en vente. D’où l’énergie engagée pour récupérer l’église et la conserver comme lieu de rassemblement pour les Acadiens et les francophones.
Autre projet en cours, l’étude de faisabilité concernant l’École des Beaux-Marais. Le gouvernement a, en effet, récemment annoncé pour 2027 l’ouverture d’une nouvelle école Grandir en français jusqu’à la 12e année, et c’est l’École Beaux-Marais qui va être transférée dans ce nouvel espace une fois qu’il sera construit.
Mais, comme la communauté voudrait que cette école devienne une école communautaire, L’Acadie de Chezzetcook a mis en place une étude de faisabilité, qui devrait commencer au cours des prochaines semaines, qu’elle enverra, une fois terminée, au gouvernement pour lui transmettre cette demande.
Le centre communautaire est aussi en train d’organiser l’ouverture du musée de l’Acadie de Chezzetcook, qui aura lieu le 1er juillet pour la fête du Canada, ainsi que la Fête nationale de l’Acadie, du 17 aout, où beaucoup d’activités ont déjà été prévues.
Mme Potvin rappelle que L’Acadie de Chezzetcook se situe dans l’une des régions où l’on parle le moins le français, qui a été très assimilée. «Mais elle n’a pas perdu son héritage acadien», d’où tout «le travail de la communauté à la revitalisation de la langue, pour que le français reste parmi le patrimoine».
Ainsi, elle tient à mettre en avant le grand investissement des bénévoles dans la réalisation de tous ces projets. «Sans eux, l’Acadie n’existerait pas. Les bénévoles m’ont aidée à m’intégrer et c’est eux qui font rouler la machine et qui font développer les projets. Il faut souligner l’apport qu’ils font pour l’organisme, ce sont eux qui font rayonner l’Acadie.»
