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Vieillir en français en Atlantique: les réalités et défis d’une minorité

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Un globe terrestre montrant le Canada, y compris les provinces atlantiques.  — PHOTO: Jean-Philippe Giroux
Un globe terrestre montrant le Canada, y compris les provinces atlantiques.
PHOTO: Jean-Philippe Giroux

Vieillissement démographique, isolement social, défis d’accès aux services en français. Ce sont certains des éléments ressortis d’un récent rapport de Statistique Canada, qui dresse le grand portrait des réalités locales des personnes de langue française âgées de 55 ans et plus vivant en situation minoritaire en Atlantique.

Vieillir en français en Atlantique: les réalités et défis d’une minorité
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Type de contenu: Actualité

En 2021, on comptait 125 365 personnes francophones de cette tranche d’âge dans la région atlantique, soit 43 % de tous les francophones. Dans la population générale, les personnes âgées de 55 ans et plus représentaient 37 % des citoyens. 

Plus spécifiquement en Nouvelle-Écosse, c’est légèrement plus élevé, à 46 % de francophones de 55 ans et plus parmi la population acadienne et francophone. 

Dans les premières pages du rapport, Statistique Canada présente les raisons principales des tendances démographiques. 

Le taux de fécondité est en baisse depuis les années 80. Avant cette période, le taux était plus élevé que la moyenne régionale. 

Le vieillissement démographique est influencé par d’autres facteurs, comme le choix des parents de transmettre ou non la langue maternelle à leurs enfants, le niveau d’immigration plus faible dans les communautés acadiennes (au moment de réalisation du rapport) et les pertes migratoires, au profit d’autres régions canadiennes. 

Statistique Canada fait remarquer que l’immigration cible la plupart du temps les populations plus jeunes et ne ralentit donc pas le vieillissement démographique. 

Ce graphique montre que le revenu et l’état de santé perçu ont une influence sur le taux de solitude. 

PHOTO: Statistique Canada, Enquête canadienne sur la santé des ainés de 2019-2020

*Bien qu’un tiers des ainés néoécossais soient dans la région d’Halifax, cette population ne représente que 3 % des ainés de Halifax. 

**54 % des Haligoniens de 55 ans et plus sont nés dans une autre province et 10 % dans un autre pays. À la vallée d’Annapolis, 59 % de la population ciblée est d’une autre province et 10 % d’un autre pays. 

L’impact de la solitude

Une réalité qui mérite d’être mieux connue, c’est l’isolement et la solitude vécus par les membres de la communauté de 55 et plus, affectant notamment le maintien d’un réseau social et l’accès aux services et ressources communautaires. 

En effet, sans une proximité à sa communauté linguistique, il y aurait une plus grande chance de connaitre diverses formes d’exclusions sociales. 

«Des recherches récentes indiquent que le sentiment de solitude augmente avec l’âge, et qu’il est plus fréquent chez les personnes âgées ayant une faible participation sociale», peut-on lire dans le rapport. 

«La perte d’un conjoint ou d’une conjointe tend aussi à être associée à une plus grande solitude, alors qu’au contraire, le fait de faire du bénévolat peut être bénéfique pour prévenir la solitude», est-il ajouté. 

D’après une enquête de 2019-2020, la solitude est présente chez 16 % des personnes de 65 à 74 ans, 19 % des personnes de 75 à 84 ans et 24 % chez les personnes de 85 ans et plus. 

Les femmes sembleraient plus vulnérables à la solitude, avec un taux de solitude de 24 % comparativement à celui des hommes, 13 %. Pour des raisons légitimes: généralement, elles sont mariées plus jeunes et vivent plus longtemps que leurs époux. 

Le travail de recherche mentionne que 33 % des personnes veuves témoignent de la solitude et 30 % des personnes célibataires se sentent pareillement. Une situation qui s’aggrave selon le revenu du ménage et la santé de l’individu. 

Les données sur la participation

Parmi ceux qui vivaient la solitude, 43 % voulaient participer à plus d’activités culturelles et de loisir. 

La participation sociale joue un rôle important dans la solitude, puisqu’une faible participation peut aggraver le sentiment de solitude, et cette dernière peut entrainer un besoin d’activités sociales, récréatives ou de groupe.»

— Statistique Canada

La fréquence des activités de loisirs pour chacune des régions acadiennes et francophones de l’atlantique.  

PHOTO: Statistique Canada, Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire de 2022

D’après les néoécossais(es) interrogé(e)s, 27 % ont dit qu’il est «toujours ou souvent» possible de participer à des activités, tandis qu’au sud-est du Nouveau-Brunswick, ce serait 51 %, et au nord du Nouveau-Brunswick, 69 %. 

Pour les activités artistiques, en Nouvelle-Écosse, 22 % des personnes francophones de 55 ans et plus ont dit avoir assisté à un spectacle ou un évènement artistique en français. Au sud-est du Nouveau-Brunswick, il s’agit de 33 %, et 36 % dans le nord de cette province. 

Statistique Canada précise que la collecte de données a eu lieu durant la pandémie, à une période où les restrictions sanitaires ont affecté négativement le secteur culturel, ce qui a influencé l’échantillonnage. 

En ce qui concerne l’adhésion, 17 % des Néoécossais de 55 ans et plus sont membres d’un organisme ou d’une association communautaire dont les activités se déroulent en français ou dans les deux langues officielles. Au Nouveau-Brunswick, on parle de 15 %, et à l’Île-du-Prince-Édouard, 21 %. 

Et certains s’impliquent plutôt au sein d’organismes où les activités sont surtout en anglais, soit 11 % en Nouvelle-Écosse.

Le taux de chômage pour les ainés, selon la région. 

PHOTO: Statistique Canada, Recensement de 2021

Accès aux soins

La demande de services, entre autres dans le secteur de la santé, des services à domicile, de l’hébergement et des soins de longue durée, peut être moins accessible dans les provinces atlantiques, selon la région. 

En Nouvelle-Écosse, 25 % des personnes sondées ont dit qu’il était difficile ou impossible d’accéder aux services et soins en français. À Terre-Neuve-et-Labrador, c’était 78 % d’entre eux et, à l’Île-du-Prince-Édouard, 50 %. 

Le taux de succès pour l’obtention de services en Nouvelle-Écosse est de 56 % dans la catégorie «toujours ou souvent» et de 13 % dans la catégorie «parfois». 

«Les raisons les plus fréquentes de ne pas se sentir à l’aise de demander des services en français incluaient le fait que les professionnels de la santé ne connaissaient pas ou pourraient ne pas connaitre le français (62 %), le fait que les services n’aient pas été activement offerts en français (32 %), le fait d’être soi-même bilingue (27 %) et la crainte que cela n’entraine des retards dans l’obtention du service (27 %)», apporte comme précision l’agence gouvernementale. 

Le Regroupement des aînés de la Nouvelle-Écosse (RANE) tient à mentionner que l’étude a été commandée par la CBDC de Restigouche, en partenariat avec les quatre organismes représentant les ainés francophones de l’Atlantique, à savoir l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick, la Fédération de l’Âge d’Or de l’Île-du-Prince-Édouard, la Fédération des francophones de Terre-Neuve-et-Labrador et le RANE. 

La proportions des ainés néoécossais vivants avec un(e) partenaire ou avec d’autres personnes, ou seuls. 

PHOTO: Statistique Canada, Portrait des personnes de langue française âgées de 55 ans et plus en Atlantique (décembre 2025)

Type: Actualités

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Jean-Philippe Giroux - Rédacteur en chef - Généraliste

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