le Jeudi 4 juin 2026
le Vendredi 27 mars 2026 12:00 Rubrique - Notre musique de côte à côte

NOTRE MUSIQUE DE CÔTE À CÔTE – Sébastien Dol

Pourquoi faire confiance à Le Courrier

Originaire d'une famille de violoneux, Sébastien a commencé son parcours musical grâce à un instinct musical inné et un harmonica.

NOTRE MUSIQUE DE CÔTE À CÔTE – Sébastien Dol
00:00 00:00

Type de contenu: Rubrique

Sébastien: Hallo Melissa. Comment ça va?

Melissa: Hi Sébastien! Ça va bonne, et toi?

S: Ça va alright!

M: Awesome! Merci d’être là aujourd’hui pour la rubrique Notre musique de côte à côte! On va commencer avec des questions que moi, je connais probablement la réponse, puisqu’on se connait, mais on va te faire connaitre à notre lectorat itou!

Ça fait que, t’as grandi où, pis quand c’est que t’as commencé à jouer de la musique?

S: Moi, j’ai grandi à Saulnierville Station au bord du track, ça fait que j’ai vraiment été influencé par mon village, par ma communauté. 

J’ai commencé à jouer de la musique à un très jeune âge. J’ai commencé à chanter dans les chorales à l’école et les chorales à l’église. Mon père écoutait de la musique grégorienne, des chants grégoriens, du chant classique, fait que j’ai beaucoup eu une influence dans la musique classique en grandissant. 

À l’école on apprenait de la musique itou, des instruments comme la flute et du harmonica. Ça fait que j’ai appris à jouer de la musique pas mal tout seul, au commencement.

Itou, jusqu’à l’âge de 12, 13 ans, j’ai commencé à jouer du piano. Prendre des leçons de piano, c’était comme une introduction un petit peu à la théorie musicale et tout ça. À la high school, j’ai commencé à jouer de la trompette dans la fanfare.

De plus, mon frère avait une guitare, ça fait que j’ai rinque commencer à grimper la guitare quand qu’il était poin around et j’ai commencé à jouer ça. So, ça, c’était vraiment les débuts pour moi.

Toute ma vie, j’avais vraiment voulu jouer du violon. Si qu’on compte dans ma famille, je suis comme la quatrième génération de violoneux dans ma famille; moi, je joue, j’ai un cousin qui joue, j’ai même un autre cousin qui sera la cinquième génération itou. Mon Oncle Dennis, mon grand-père et le père de mon grand-père jouaient tous, de ce que j’ai pu comprendre des histoires. 

Ça fait que, pour moi, c’était un no-brainer que j’allais finir par jouer du violon, mais j’ai pris du temps avant de me mettre les mains sur un violon. J’avais 15 ou 16 quand j’ai finalement pu commencer à jouer du violon. Au temps, je faisais du théâtre, pis je faisais une pièce de théâtre avec ste femme icette qu’avait un violon. Ça fait que je l’ai demandé si que je pouvais l’essayer, pis elle a dit ouais. Je l’ai essayé et je l’ai encore, je le regarde sur ma shelf droite asteure juste à côté de moi. Elle m’avait demandé après que je l’avais essayé si que je voulais l’acheter, pis j’ai dit ouais. Ça, c’était mon premier violon que j’ai acheté pour, comme, 100 pièces. 

Sébastien parmi les membres de la pièce Évangéline à Ottawa. Photo prise d’une copie d’archive du Courrier datée le 23 juillet 2004.

PHOTO: Archives Courrier de la Nouvelle-Écosse

Après ça, en faisant du théâtre avec les Araignées du boui-boui et avec Évangéline, je formais les acteurs, je formais les musiciens. On allait à Acadia [University] une fois par semaine dans l’hiver, pis on prenait des leçons avec des professeurs de musique d’Acadia. 

Ça fait que, j’ai fait la pièce d’Évangéline tout un été, pis ils m’avions payé up front avant l’été pour que je m’achète un violon qui faisait de la suite. Ça fait que, mon premier bon violon que je m’ai acheté, c’était avec ma paie d’Évangéline pour un été. Ça m’a beaucoup aidé à m’avancer dans la musique.

De là, au début des années 2000, ça jouait beaucoup. On jouait de la musique qui supporte bien les touristes, so, on jouait pour zeux. On jouait dans les restaurants, dans les festivals et tout ça. Mon parcours musical, c’est pas mal ça, pis là, ça continue.

M: Wow, Séb! J’ai appris de quoi de neux parce que je croyais définitivement que ton premier instrument était le violon! Ça doit qu’il n’avait poin vraiment une pressure sur toi de jouer le violon super jeune, étant la quatrième génération de violoneux dans ta famille? 

S: Poin du tout. Mon premier instrument, ç’aurait été un harmonica, actually. Je me souviens, j’avais un harmonica quand j’étais plus jeune, pis, tout d’un coup, je ne pouvais plus la trouver. Je crois que chesonne l’avait caché. 

J’ai tout le temps sublé itou, j’ai tout le temps été un whistler. La musique a juste tout le temps été là. Je le vois itou dans mon plus jeune fils, il est tout le temps en train de chanter, n’importe de quoi qu’il fait. Si qu’il joue avec des p’tites cars, il est en train de chanter; tout le temps en train de manière de vivre la musique. 

M: C’est trop beau… tu peux manière de voir quoisse toi t’étais comme, à st’âge-là. 

S: Oh, ouais.

M: C’est vraiment dans le sang! 

Quand t’as ramassé le violon, ç’a-t-il vraiment cliqué? Pensais-tu, «OK, cecette, ça va bout être un de mes instruments principaux». 

S: Ça faisait longtemps assez que je voulais jouer que ç’a vraiment cliqué et je me suis appris moi-même. Vraiment, la façon que j’ai appris à jouer, c’est… il y avait un documentaire qu’avait été fait. André Gladu avait produit un documentaire qui s’appelait Johnny à Dennis à Alfred. C’était un documentaire sur cette famille. Ça fait qu’André Gladu icette a suivi mon cousin Johnny, mon Oncle Dennis et mon grand-père Alfred pis a fait un p’tit film d’à peu près 30 minutes. 

So, ce que moi je faisais, quand j’avais mon violon, je m’assisais devant la TV pis j’écoutais mon grand-père jouer du violon, pis j’essayais d’apprendre la tune. La première tune que j’ai appris, c’était de ste documentaire-là, c’était la Reel à John Muise. So, c’est comme ça que j’ai eu mes premières tunes de violon, c’était en écoutant ste tape-là.

Pour moi, je savais aussitôt que je me mettais les mains sur un violon que ç’allait prendre. 

M: Pis t’as poin givé up, à cause c’est de la misère à apprendre un nouvel instrument, faut que tu poursuis juste à l’oreille. Faut que t’apprennes le bon pitch et c’est beaucoup de répétitions de la même chose. 

S: C’est sûr que j’ai cassé beaucoup d’oreilles alentour du logis en pratiquant, mais je crois bein que ç’aura été un avantage que j’ai appris à jouer de la trompette cheuques années plus tard, à cause ça, ça even plus fort! 

Je comprends pourquoi que les violoneux, quand ils commencent, ils vont se cacher dans une chambre en cheuque part, mais je me gênais poin trop.

M: C’est bon, ça. Je sais que t’as fait partie de beaucoup de bands. Parle-moi une miette de ça.

Groupe musical Onomatopé.

PHOTO: de gracieuseté

S: Le premier monde que j’ai joué avec, si qu’on pense, en sortant de la jeunesse et de l’adolescence, et pis ç’a vraiment commencé à faire des gigs, ç’aura été mon frère, Christophe, et pis Mike à Vik. Notre premier groupe qu’on avait, ç’aura été Onomatopé.

Après, moi et Christophe, avec André Muise et Christian Hogan, on avait formé le groupe Feutchaque. Pis là, ensuite, ç’a rinque continué avec d’autre monde; j’ai joué avec mon épouse, Carmen, j’ai joué avec mes amis, Simon et Francis Robichaud, Daniel Lewis, Gilles Saulnier, et j’en passe. Il y a tellement de monde qu’on a joué avec et, au fur et à mesure que ç’avançait, il a eu plusieurs groupes.  

Des groupes que j’ai enregistré des disques avec sont Beauphare, pis avec Unisson itou.

M: J’ai stes deux albums-là!

S: Oh ouais! Pis en 2016, j’ai enregistré mon premier album de musique originale, ça fait que j’ai fait Le long du grand chemin. Là, cette année, j’ai sorti mon deuxième disque solo, qui s’appelle Sortir du bois.      

M: Ouais! Félicitations, c’est vraiment beau. J’ai écouté ça, c’est super. Pis tu y a mis 15 tunes itou! C’est beaucoup! Ça faisait-il longtemps que tu travaillais sur les tunes?

S: Cet album icette, c’est toutes des chansons que j’ai écris dans la dernière année et demie. Deux ans passés, j’enregistrais un disque qu’est encore en postproduction asteur avec quatorze chansons originales, pis ils devraient de sortir bientôt.

Album le plus récent à Sébastien, Sortir du bois.

Ça fait que, dans les derniers deux ans, moi, je dis que j’en ai écrit une trentaine, mais Carmen dit que c’est plus comme 60. J’ai écrit plein de chansons, j’ai écrit beaucoup de textes, et plusieurs des chansons que j’ai écrites se rendront pas sur un disque.

En 2023, on dira qu’il y a comme un robinet qu’a ouvert. C’est un robinet qu’avait ouvert plus tôt en 2016 quand j’avais décidé d’enregistrer un disque, mais là, ste robinet là a rouvrit back en 2023. J’ai commencé à écrire, j’écrivais une chanson par jour, ou deux, trois chansons par semaine. Je ne sais pas où que ça venait de, c’est juste des mots qui me venaient, pis après, je mettais de la musique à ça. 

Je suis vraiment fier de ce que j’ai pu faire dans les derniers trois ans. So, j’ai ste disque-là que je viens de sortir, pis là, j’en ai un autre que j’espère qui sortirait st’année avec le groupe Caristaux. Fait que, c’est beaucoup de stuff qui se passe! 

M: Ouais, ça l’est! C’est vraiment excitant! As-tu tout le temps écrit ta musique originale en acadjonne?

S: C’est une question intéressante parce que, quand j’ai écrit les tunes que j’ai écrit pour l’album de Caristaux, c’était beaucoup écrit comme qu’on parle avec de l’anglais de mélangé. Après que j’ai fait ste projet-là, je trouve que le projet que je viens de lancé, Sortir du bois, j’utilise beaucoup moins d’anglais, mais c’est encore écrit et parlé comme qu’on parle. L’accent acadjonne est très présent, mais c’est pas mal écrit en français. 

Je fais, comme, une écriture automatique. Quand ça commence, je mets toutes mes idées sur papier, pis là, je les retravaille jusqu’à temps qu’il y a un jour que je la chante, pis je la trouve finie. 

M: Nice! Sortir du bois, c’est le nom de ton album et c’est la première tune qu’on y trouve. C’était-t-il ste tune-là qu’encapsule la vibe de l’album? Y avait-il une raison que t’as choisie ste tune-là pour être le nom de l’album?

S: Je crois qu’une grosse partie de ça, c’est que, pour longtemps, j’ai poin pensé que ça que j’écrivais, c’était valide assez, ou que j’avais pas la confiance dans moi-même pour partager avec du monde; peut-être que je me souçiais trop à quoisse que le monde pensait. Fait que, pour moi, cecette, c’est comme une façon de dire que je suis en train de «sortir du bois», je suis en train d’arrêter de me cacher.

Il y a une autre track sur l’album qui s’appelle «J’ai trouvé ma voix», et j’étais en train de contempler de nommer l’album ça, itou. Ça parle un p’tit peu de se sentir confortable de s’exprimer.

M: Intéressant, Séb. Je veux pas dire que c’est surprenant, parce que le monde vie du stuff à tous les jours qu’on n’en sait rien du tout, mais ça fait tellement longtemps que tu joues, pis je te vois comme tellement un pilier dans le monde de musique acadienne. C’est peut-être pas un sentiment que j’aurais su que t’expériençais. Je peux vraiment relater à ces sentiments, en plus. C’est vraiment vulnérable de partager son stuff original! 

S: Exactement, ouais. On est en train de mettre sa vulnérabilité en avant pour que tout le monde puisse voir; on s’expose. Ses émotions, ses sentiments… quand on écrit des chansons, c’est ancré dans de quoi, right? Ça fait que, je pense que des fois, les choses qu’on est en train de dire ou qu’on est en train de chanter, il y a des chansons qu’on va écrire qu’on va garder pour soi-même, pis on va jamais les faire autre qu’à la table de cuisine. Il y en a d’autres qu’on va vouloir que le monde entend, mais tout est poin nécessairement pour tout le monde non plus.

M: C’est vrai. Être artiste, c’est souvent en écrivant ou en musique que nos émotions sortent, ce qui fait que c’est extrêmement personnel comme contenu. Quand tu décides de partager de ces pièces, tu rouvres un morceau de toi. 

Sébastien Dol, compositeur/interprète. 

PHOTO: De gracieuseté

S: C’est ça, pis je crois qui fait que ça travaille, c’est que le monde peut se voir dans ça. Tu chantes à l’égard de toi, mais tu pourrais aussi être en train de chanter à propos de la personne qu’est assise dans la front row. Je pense que l’affaire avec notre musique, c’est que ça résonne.

M: C’est ça. La connexion peut être une des raisons qu’on le fait. C’est-il une des raisons que tu t’es décidé de lancer l’album? Quelle était ta motivation, penses-tu?

S: Y a cheuques raisons pour ça… si je pense back à 2016, quand j’ai fait mon premier disque, pour moi, c’était une question de pouvoir documenter ste stuff icette, parce que je venais juste d’avoir mon plus jeune fils à ste temps-là. So, c’était de pouvoir documenter ste stuff icette pour que ça soit là pour d’autres générations. 

St’année, de vouloir sortir ste disque icette, une des grosses motivations, c’était que j’avais déjà écrit une quinzaine de chansons que j’avais déjà enregistrées, et le projet-là était poin en train d’avancer. Pis, si je veux vraiment que ma musique sorte, il faut vraiment que je prenne ça en charge moi-même pis que moi je le fasse. Ça fait que, c’est un projet qu’est vraiment homemade, on va dire. C’est enregistré à ma table de cuisine avec mon laptop. C’est moi qu’a enregistré, c’est moi qu’a fait tous les instruments, les voix, le mixing et je l’ai envoyé pour être masteré avec un ami, mais autre que ça, j’ai fait, comme, 99.9% du projet. 

Pour moi, c’est une expression pis c’est de quoi qui faut que ça sorte de mon système, ça fait que je l’ai sortie, pis je vais continuer à en faire d’autres. Hopefully, en studio avec d’autre monde itou parce que c’est le fun de faire un projet solo comme ça, mais c’est poin autant social. Tu sais, j’ai fait tout ste travail-là tout seul et c’est great. Je suis content du produit final, mais il y a de quoi à l’égard de travailler avec d’autre monde qu’amène de quoi et de recevoir leur input et feedback; le monde peut venir faire notre musique meilleure.

M: Right, pis avec toute ton expérience sur la scène, il y a une communication qui se forme entre musiciens qu’est vraiment familier pour toi qui sera le fun d’amener dans le studio.

Asteure que l’album est lancé, comment ça feel?

S: Ça feel bien. Je feel comme si que je peux mover on à d’autres projets. Mais je vais savourer un petit peu ça icette, du temps que c’est là. 

M: Absolument, vraiment cool. Chisse qu’a fait l’album artwork?

S: C’est une petite peinture que mon épouse, Carmen, a faite. C’est de quoi que j’avais sur mon mur, ça fait que j’ai pris une photo, pis j’ai décidé que je vais user ça pour ma couverture d’album. Ça tombe bien, Sortir du bois, pis c’est une scène de bois.

M: C’est ça, super beau. Ça tout tombé en place!

Finalement, as-tu de l’avis, des conseils pour des fellow artists qui veulent se lancer dans tout ça? Peut-être à quelqu’un qui ramasse le violon pour la première fois!

S: Contchonne à pratiquer. C’est la plus grosse affaire que tu peux faire. Pis, je veux dire, aujourd’hui, de quoi que nous autres on n’avait poin, c’est YouTube. Y a tellement de ressources disponibles. Hésite poin de regarder en ligne pour trouver des bonnes techniques, quels sont les bons archets à acheter, du stuff de même. Pis, travailler la technique, le skill pour faire sûr que c’est poin rinque n’importe quoi quand tu pratiques. 

Légende de mots acadiens:
Hallo – Bonjour
bonne – bien
itou – aussi
pis – et
rinque – seulement
grimper – prendre
poin – pas
ste – cet/cette
icette – ici
ouais – oui
asteure – maintenant
zeux – eux
neux – nouveau
chesonne – quelqu’un
subler – siffler
quoisse – qu’est-ce que/ce
rouvrit/rouvre – ouvert/ouvre
cecette – ceci
assir – asseoir
bein – bien
alentour – autour
cheuques – quelques
rentré – entré
parré – prêt
miette – peu
acadjonne – acadien(ne)
chisse – qui
Contchonne – Continue

Type: Rubrique

Rubrique: Une rubrique est un article journalistique publié périodiquement portant sur un sujet particulier et rédigé par un journaliste spécialisé dans ce domaine.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe