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Melissa: Bonjour, bonjour!
Kristen: Bonjour, ça va?
M: Ça va bien, Kristen, et avec toi?
K: Ça va bien, merci!
Le nouvel album à Kristen, Allume mon courage.
M: Merci beaucoup d’être là aujourd’hui. Ça fait un petit bout de temps depuis qu’on s’est dernièrement rencontrés. Alors, parle-moi un peu de ce qu’il y a de nouveau! Je sais que t’as un nouvel album qui vient d’être lancé, Allume mon courage. Comment était le processus de cette création?
K: Ça a commencé, comme, deux ans passés, ce projet. C’était un processus! Ç’a pris beaucoup plus de temps que j’ai pensé. C’était aussi un processus pour moi à redécouvrir la langue, parce que je viens du nord du Nouveau-Brunswick. Ma mère est Acadienne. J’ai grandi dans une famille bilingue toute ma vie et j’ai été à l’école en immersion. C’est quand j’ai déménagé en Nouvelle-Écosse que j’ai perdu beaucoup de mon français.
Maintenant, ayant des enfants, mon mari ne parle pas de français et mes enfants n’ont pas appris la langue quand ils étaient vraiment jeunes. Je me sentais mal de ç’a pis j’ai dit, si je veux qu’ils apprennent, moi, j’ai besoin de reprendre la langue aussi. Alors, pour moi, je voulais commencer à écrire de la musique en français. Je pensais que ça allait être une bonne opportunité, pis j’adore la langue française. C’est moi qui écrivais les chansons, quand même que j’ai eu beaucoup d’aide, alors le processus était vraiment intentionnel. Il y en a une des chansons sur l’album que j’ai coécrit avec Anique Granger. C’est le numéro cinq sur l’album, «Comment c’était avant».
M: Nice! C’est le fun de coécrire avec quelqu’un avec qui tu jive bien.
K: Oui! C’est une de mes [chansons] préférées maintenant. En tout cas, c’est comme si j’avais besoin de commencer à penser en français de nouveau pour la création de cet album. C’est pour ça que je pense que ç’a pris si longtemps. Je ne me suis pas pressé trop, non plus! J’ai lancé le premier extrait l’année passée, pis là, une couple d’autres. J’avais beaucoup d’hésitations et je ne savais pas comment ça allait être reçu. Je me demandais, «J’ai t’il une place dans la communauté francophone?» J’avais beaucoup de questions et c’était un projet qui m’a forcé à pousser les limites et, honnêtement, ça m’a fait peur! Alors, ç’a pris beaucoup de temps pour juste avoir le courage de le faire. Mais là, quand j’ai commencé, c’était parti. J’avais un but, je voulais le faire et je suis vraiment fière de ce travail ici. Vraiment, le point du projet, j’ai réussi. Je m’améliore, à chaque fois que je fais ces entrevues.
Kristen sur la scène à Campbellton, Nouveau-Brunswick.
M: Absolument! Le plus que tu vis en français, le plus facile que ça te viendra. L’importance de ce projet et de poursuivre en français est clairement très important pour toi! Même si t’avais des hésitations, t’as pu pousser, passer tout ça pour continuer.
K: Exactement. J’ai trouvé une communauté que j’ai eu de la difficulté à trouver avant. Y’avait des poches de communautés francophones dans la Nouvelle-Écosse, mais elles sont petites. J’en rencontre plus maintenant. Aussi, mon fils, depuis ce projet, a décidé l’année passée en septembre d’aller à l’école française. Quand il est rentré dans l’école française, il était en cinquième année et il ne connaissait pas beaucoup de français. Il pouvait parler des phrases de base, mais il ne comprenait pas tout! Je suis vraiment fière de lui et je sais que ce projet-là l’a inspiré aussi. Ç’a changé notre famille! Ma petite fille, maintenant, elle veut le suivre pis aller dans l’école française l’année prochaine aussi, et je parle en français quand j’ai l’opportunité, au lieu de changer en anglais avec plus de gens. Je suis amie avec beaucoup de gens bilingues et si on a l’opportunité, on va parler français!
M: Wow, c’est vraiment awesome comment l’effet de ce projet a transformé tellement de parties de ta vie et les gens qui t’entourent.
K: C’est ça. Pis, ça m’a pris beaucoup de temps. Je n’ai pas toujours vu l’importance d’avoir les deux langues, avant je la perdais. Quand j’ai commencé à perdre mon français, j’étais comme, «Oh, no. J’ai besoin de faire quelque chose ici.»
M: C’est bon d’avoir les deux langues, ça ouvre des portes que je suis certaine que t’as déjà pu voir.
K: C’est sûr! Pis, en français, la musique change aussi. J’adore chanter en français. C’est quelque chose de différent, pis les gens me disent que je sonne différent aussi, en français. Même que je sonne mieux en français qu’en anglais! So, c’est vraiment intéressant. La façon que j’écris, je pense que c’est la même, mais la mélodie est peut-être différente parce que la langue française est vraiment douce, je trouve.
M: Définitivement! Les intonations des mots peuvent changer comment la mélodie se forme! Pendant les ECMAs (East Coast Music Awards), est-ce que t’as surtout chanté en français ou c’était un peu des deux langues?
K: Puisque mon album vient de sortir fin mars, je partageais beaucoup ce projet-ci, mais j’ai présenté un spectacle bilingue parce que je voulais que les gens sachent ce que je peux offrir. Mais, j’ai aussi fait un cercle complètement en français avec Émilie Landry, Jacques Surette pis Port-aux-Poutines de Terre-Neuve. Cette vitrine était le fun, vraiment belle.
Kristen et sa band à leur performance à Campbellton.
M: Je suis certaine que t’as pu rencontrer beaucoup de gens quand t’étais là!
K: Oui, j’étais contente. Des fois, c’est difficile de trouver des gens qui sont français, mais il y avait un bon groupe qu’était là aussi. J’ai pu faire beaucoup de contacts.
M: Est-ce t’as des choses qui s’en viennent pour cet été?
K: Oui! J’ai eu des dates ici et là en mai et avec ma band, qu’est toujours le fun. J’ai un batteur et quelqu’un sur la guitare électrique. Je suis vraiment excité parce que ce n’est pas souvent que j’amène ma band! Les chansons sont beaucoup plus pop. Il y a beaucoup plus de vie dans les chansons quand ils sont là. Quand je suis toute seule, c’est beaucoup plus doux. Pis, là, cet été, j’ai quelques autres dates. Je vais être au Nouveau-Brunswick, pis je me rends au Québec pour faire une couple de shows.
M: Vraiment awesome. On va tenir un œil sur tout ça! Alors, pour terminer avec un peu d’avis. Pour des musiciens qui commencent, quel serait de l’avis que tu leur donnerais?
K: Lancer des singles est une bonne manière que les gens peuvent commencer à [les] connaitre, connaitre leur voix et leur musique. Mais, des fois, t’as besoin de donner beaucoup plus avant que les gens vont te donner de l’attention. Je suis sûr, quand j’ai commencé, je n’avais pas de subvention non plus. J’ai investi dans ma musique, j’ai lancé des extraits pis mon album était en anglais. J’ai commencé à jouer dans des endroits que je voulais peut-être moins jouer dedans, mais je jouais et je jouais et je cherchais toujours des opportunités de collaborer avec d’autres artistes. C’est ça, tu commences un peu à la fois! Un pas avant l’autre. Il n’y a pas de secret, vraiment, mais personne va le faire pour toi. C’est ça j’ai trouvé aussi. Si je veux quelque chose, c’est seulement moi qui peux le faire. J’ai une équipe, oui, mais à la fin de la journée, c’est moi. C’est moi qui pousse ma carrière. Puis c’est difficile! Puis c’est effrayant, des fois.
M: C’est sûr. On dirait que pour les artistes que c’est ça qu’il faut qu’il fasse: créer de la musique. Ils le font, ils mettent le travail, ils mettent les heures. C’est plus gros qu’eux. Faut qu’ils créent, faut qu’ils partagent leur musique.
K: Oh, oui. C’est beaucoup de connexion aussi. J’adore aller en tournée pis, dernièrement, c’est beaucoup seul, pis c’est comme une aventure pour moi. Je vais dans des communautés que je n’aurais jamais été avant. Je rencontre des gens que je n’aurais jamais rencontrés, et moi, je partage mes histoires et mes inspirations de mes chansons. Et en effet, ils partagent leurs histoires avec moi. Les connexions que je fais dans la musique, c’est des connexions que je vais avoir pour la vie. Des gens qui m’ont rencontré quand j’ai juste commencé, il y a cinq, six ans, sont encore là. C’est quelque chose de vraiment spécial.
