Les océans communiquent entre eux en influençant le climat, en produisant de l’oxygène et en absorbant les gaz à effet de serre et la chaleur. Ils jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat, car ils modèrent les variations climatiques.
Ils assimilent, chaque année, près de 25 % du CO2 (dioxyde de carbone) d’origine anthropique. S’ils ne jouaient pas ce rôle, la planète serait encore plus chaude.
Avant l’ère industrielle, les changements climatiques se faisaient sur des dizaines de milliers d’années. Les écosystèmes marins pouvaient s’adapter, au fil des générations.
Depuis la révolution industrielle, les océans se réchauffent et la couverture de glace de mer se réduit. Les océans s’acidifient 10 fois plus rapidement que les dernières 55 millions d’années. Les écosystèmes marins n’ont pas le temps de s’adapter.
Si les émissions de gaz à effet de serre s’interrompaient maintenant, la température de l’océan prendrait des décennies avant de baisser réellement.
L’océan Atlantique.
Quelques causes d’acidification
L’une des causes d’acidification est l’augmentation des gaz à effet de serre, due aux activités humaines, dont la déforestation.
Lorsque le CO2 est absorbé par l’océan, il se transforme en acide carbonique. La composition de l’eau change, se réchauffe et est moins oxygénée, alors que son acidité augmente.
Plus l’océan s’acidifie, plus il a du mal à absorber le CO2 de l’atmosphère. Quand il ne peut plus en absorber, le CO2 reste dans l’atmosphère. L’effet de serre s’intensifie et cela accélère le réchauffement climatique.
Une autre est la pratique agricole intensive. L’épandage et l’utilisation d’engrais azotés modifient le cycle naturel de l’azote. En se dissolvant dans l’océan, ils participent aussi à son acidification.
Et enfin, l’eutrophisation. Il s’agit d’un excès d’apport nutritif des plans d’eau et des marais qui entraine la prolifération d’algues, appauvrit l’apport en oxygène et perturbe l’écosystème.
Pêches et Océans Canada indique que «les eaux côtières froides du Canada peuvent être particulièrement touchées par l’acidification en raison de la présence naturelle d’eaux sous-saturées dans les eaux peu profondes (côte du Pacifique) ou du grand apport en eau douce (côte de l’Arctique)».
«L’apport en eau douce provenant du ruissèlement et de la fonte des glaces réduit la capacité de l’océan à composer avec les changements dans les niveaux de pH. De plus, les eaux de ruissèlement peuvent contenir des matières organiques provenant du sol qui peuvent également accroitre l’acidification.»
L’océan Pacifique et un cétacé.
Répercussions sur les organismes vivants
Les effets sur la vie marine, dans les zones côtières et les eaux profondes en mer, sont ressentis sur l’alimentation, le développement et leur lieu de vie.
L’acidification réduit la disponibilité du carbonate de calcium minéral utilisé par les organismes marins, pour construire leurs coquilles et leurs squelettes.
Le phytoplancton, les coraux et les mollusques (huitres, pétoncles, poulpe, seiche, etc.) mettent plus d’énergie à les produire et vont croitre moins vite. Les coquilles et les squelettes seront plus mous et plus petits. Pour la pêche locale, les poissons, les homards et les coquillages seront affectés.
La diminution du phytoplancton et de la faune marine réduit la quantité de nourriture disponible pour les prédateurs. La conséquence est une modification de la chaine alimentaire.
Certains poissons subissent des perturbations de leurs fonctions sensorielles en raison de changements dans la chimie de l’eau causés par l’acidification. Les sons transmis dans l’eau sont modifiés, puisque l’environnement devient plus bruyant.
L’acidification n’est pas la même partout. Certaines zones seraient plus sensibles que d’autres, comme les zones d’eaux profondes, froides ou les eaux polaires qui absorbent plus de CO2.
D’après Pêches et Océans Canada, «bien que certaines recherches aient été menées, notre compréhension des réponses biologiques et écosystémiques à l’acidification des océans dans les eaux locales reste limitée. Des renseignements supplémentaires sur les diverses espèces locales et une surveillance environnementale continue sont nécessaires pour mieux comprendre les conditions actuelles par rapport aux tendances à long terme et aux répercussions sur le plan local.»
Chacun peut agir!
La vitesse de l’acidification des océans dépend de la quantité des émissions de gaz à effet de serre.
À notre niveau, nous pouvons prendre des mesures toutes simples: mieux isoler nos maisons, diminuer notre consommation d’énergie et notre dépendance aux énergies fossiles, acheter local, avoir une alimentation plus végétale, favoriser les transports en commun et choisir une banque engagée dans la transition écologique.
