Type de contenu: Critique
Porté par ses propres réflexions sur la situation actuelle de nos sociétés et l’avenir de l’humanité, Thibault Jacquot-Paratte a imaginé un personnage se questionnant, se baladant, du matin vers le soir, et, au fil de son cheminement, observer la métamorphose de son environnement.
L’auteur Thibault Jacquot-Paratte.
«J’aime énormément lire au sujet des progrès techniques, partage l’auteur, des technologies qui s’en viennent, aussi des technologies passées qui n’ont pas été mises en place pour x ou y raisons, que ce soit des raisons. Souvent, c’est des raisons commerciales, mais aussi de volonté publique.»
Pour Thibault Jacquot-Paratte, ce qui fait défaut à nos sociétés d’aujourd’hui, ce n’est ni la science, ni le progrès, ni la technologie, mais l’action, ou du moins un projet, une intention visant à utiliser ces avancées en faveur de l’humanité et de l’environnement.
Car si les solutions existent, selon lui, nous n’évoluerons pas tant que les politiques, les décideurs, les personnes au pouvoir. Celles qui ont de l’argent n’engageront pas les efforts nécessaires pour les mettre en place.
Sa poésie, elle, imagine le contraire.
«On est dans le temps de la transformation. On y arrive. Ça va être la nuit, mais il y a le matin qui s’en vient. On est avant l’aurore, c’est un bon moment d’être en vie.»
Et s’il a choisi la poésie, plutôt que l’essai pour parler d’engagement social et de réflexion sur le progrès collectif, c’est justement pour son pouvoir évocateur, qui stimule l’imagination des gens.
«La littérature, ça te dit pas “fait comme ci comme ça”. Ça peint une image, ça peint une histoire, ça peint des idées, mais d’une façon vivante, pour que les lecteurs l’interprètent à leur façon et que ce que ça dit marche avec comment ils le ressentent.»
Mur vivant, à Paris, où de nombreux projets d’urbanisation incorporent de la verdure, source d’inspiration pour l’auteur.
De son opinion, il lui semblait plus pertinent d’engager une réflexion, un dialogue entre l’œuvre et le lecteur, plutôt que des idées prédéfinies avec lesquelles il faudrait, oui ou non, être d’accord.
«La difficulté, c’était surtout que je savais ce que je voulais dire, je savais qu’est-ce que je voulais un peu montrer, mais comment le montrer? Et puis, ça m’a vraiment pris un moment pour trouver la formule. Comment raconter une ville et sa transformation?» partage l’auteur.
Thibault Jacquot-Paratte ne voulait pas se contenter de décrire à quoi ressemblerait cette ville idéale, mais de lui donner vie au regard de ses mots:
«Pour que ce soit imaginé, pour que ça balance pas juste l’information dans la gorge du lecteur, parce que, justement, l’idée, c’est de faire le contraire de ça, c’est de le rendre plus vivace.»
D’où son intérêt, en plus de l’incitation de ses éditeurs, Daniel H. Dugas et Valerie LeBlanc, d’écrire ce recueil en français, jugeant la langue plus propice à l’abstraction et ouverte à davantage de flexibilité syntactique, en comparaison avec l’anglais, plus concret et allant directement à l’essentiel.
«Les deux ont des avantages et des inconvénients», reconnait-il, affirmant, dans tous les cas, prendre du plaisir à écrire.
Car, si Thibault Jacquot-Paratte est un vrai passionné par son métier, il regrette toutefois que ses œuvres francophones connaissent bien souvent moins de succès que ses livres écrits en anglais.
«Il y a plus de gens en Lituanie qui sont intéressés par ce que j’écris que de gens en Acadie. Donc tout ça a mené au fait que, pendant un bout de temps, je me disais que j’allais tout simplement arrêter d’écrire en français. Oui, si ça ça va nulle part, je vais arrêter. Pourquoi se taper la tête contre le mur quand j’ai une porte ouverte en anglais juste à côté?»
L’auteur confie même que, à l’origine, son intention était de faire paraître ce livre en anglais, alors qu’il avait commencé à l’écrire dans sa langue maternelle.
Encouragé par sa maison d’édition qui souhaitait publier son recueil en français, les choses ne se sont finalement pas passées comme ça.
«Donc on peut dire que c’est grâce à Daniel et Valérie si je continue d’écrire en français.»
Il espère donc très fortement, et d’autant plus aujourd’hui, qu’Antéaurore rencontrera son public, et surtout, apportera un peu de poésie au monde, «un espoir soutenable et sympathique.»
Ainsi que le disent ces quelques derniers mots de son livre:
«nous pouvons,
nous avons agi, avec le sourire croyant que faire
de mieux en mieux»
