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le Lundi 28 juillet 2025 11:00 Rubrique - La rubrique de la bouquineuse

Mila Maxwell: «On est tous des êtres fragiles, mais on est tous ensemble»

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Mila Maxwell, autrice de Finding Lady Baltimore. — PHOTO: Mila Maxwell
Mila Maxwell, autrice de Finding Lady Baltimore.
PHOTO: Mila Maxwell

Originaire de la Baie Sainte-Marie, et résidant actuellement dans le Sussex, au Nouveau-Brunswick, Mila Maxwell vient de publier son tout premier roman, Finding Lady Baltimore. Une histoire personnelle, inspirée de son vécu adolescent et de sa relation avec sa sœur, atteinte de paralysie cérébrale.

Mila Maxwell: «On est tous des êtres fragiles, mais on est tous ensemble»
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«C’était vraiment difficile pour moi en grandissant, confie l’autrice. Je ne m’en apercevais pas quand j’étais plus jeune, mais j’avais un grand cœur et je ressentais les sentiments des autres. Je ne savais pas quoi faire de ça.»

«Donc, écrire le livre, ça m’a vraiment aidée à, d’une façon, sortir tous ces sentiments-là. Je me sens beaucoup plus à l’aise avec moi-même et ma famille maintenant.»

Une fois l’idée en tête, elle exprime qu’après quelques premières tentatives insatisfaisantes, elle a finalement décidé de se détacher du récit autobiographique. «Je m’étais dit que j’allais essayer d’écrire une non-fiction, un mémoire. J’ai écrit ça une petite nuit et puis je me suis dit que ce n’était pas la façon dont je voulais aller.»

Prenant conscience qu’il fallait que son histoire sorte d’abord de son cœur, elle a ainsi rapidement compris qu’il lui était plus facile de raconter cette histoire en prenant le biais du roman, se sentant davantage en confiance derrière le masque de l’imagination. «Ça m’a vraiment donné le courage et l’inspiration. Les gens qui ne me connaissent pas ne vont pas savoir si c’est vrai ou pas.»

Elle ne se lamente pas. On peut beaucoup apprendre d’elle.

— Mila Maxwell

D’autant que, si elle a, dans un premier temps, écrit pour elle-même, son sujet parlait aussi de sa famille et rendait hommage à sa sœur. «Voir comment elle navigue sa vie, son esprit, ses façons de faire les choses, comment elle est positive. Elle ne se lamente pas. On peut beaucoup apprendre d’elle.»

Toutefois, Mila Maxwell savait que son récit avait de grandes chances de toucher un public plus large que ses proches. Notamment des personnes comme elle, ou les membres de sa famille, avec des frères, des sœurs ou des enfants dans le besoin. «Je voulais qu’ils lisent le livre et qu’ils se voient eux-mêmes dans le livre. Et dire, “Moi, je me sentais de même en grandissant, j’ai vécu ces choses-là moi aussi.”»

Mila Maxwell, autrice de Finding Lady Baltimore, et sa famille.

PHOTO: Mila Maxwell

D’où sa volonté de porter son histoire à partir du prisme de la jeune fille qu’elle était à 17 ans, en proie, comme beaucoup d’adolescents, aux doutes, à la rébellion et à de nombreux questionnements. 

«Quand on est jeune, des fois, on n’aime pas trop ses parents, on n’aime pas leurs décisions, on n’est pas sûr de soi, on ne se sent pas à l’aise dans son corps. Donc, c’était vraiment important pour moi d’écrire de ce point de vue là, à cet âge-là, maintenant que j’ai 40 ans. De voir, quand j’avais 17 ans, qu’est-ce que j’aurais dû faire à ce temps-là? Qu’est-ce que j’aurais pu apprendre?»

Pour autant, en racontant cette histoire, elle s’est aussi confrontée aux vécus de sa sœur et de ses parents, amenant ainsi le plus grand nombre de personnes à pouvoir se retrouver à travers ses différents personnages.

«Tout le monde a des problèmes. On n’est pas unique, affirme-t-elle. Des fois, on grandit, puis on se dit, “Le monde ne me comprend pas, personne ne peut comprendre ce que je passe en travers.” Si on parlait de nos problèmes et qu’on était honnête avec soi-même et avec d’autre monde, on verrait que ce n’est pas unique d’avoir des problèmes et de se sentir comme je me sentais.» 

«On est tous des êtres fragiles, on a tous différentes expériences, des différents passés, mais on est tous ensemble.»

Au vu des premiers retours positifs qu’elle a reçus, il semblerait que le message ait été bien compris. «Il y a une femme qui est venue, elle avait un frère avec des besoins. Il est mort maintenant, mais elle m’a dit, “J’ai lu ton livre et je l’ai vu dans ton livre.” Ça m’a vraiment touchée et je lui ai dit, “C’est pour ça que j’ai écrit ce livre.”»

Mais ce qui l’a particulièrement émue, ce sont les avis dont lui ont fait part ses proches, et notamment son père. «J’avais peur qu’il lise le livre et qu’il se sente mal, qu’il se sente avec des regrets, qu’il se sente coupable. Il m’a écrit le plus beau message: “Tes sentiments étaient valides. Je te voyais. C’était tes sentiments et je les respecte. Je t’aime comme une personne, je t’aime comme une autrice et je t’aime comme ma fille.”»

Comme le livre est, pour le moment, disponible seulement en anglais, elle raconte avoir été particulièrement nerveuse lorsqu’elle s’est rendue à Clare pour en faire la présentation du fait que la traduction française n’existe pas encore. Mais Véronique Hogan, préposée à l’admission de l’Université Sainte-Anne, est rapidement venue la rassurer sur ce sujet. «Elle m’a dit: “Ça ne fait rien parce que tu es Acadienne.”»

Une facette de son identité que l’autrice revendique avec fierté, d’autant que cette dernière joue également un rôle central dans son roman. «La culture acadienne, c’est dans le livre aussi. La plage, la côte, c’est toute une partie de moi-même. Donc, c’était vraiment important pour moi. Ça fait partie de ce que moi je suis, de ma famille, de mes ancêtres.»

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