le Mardi 16 juillet 2024
le Vendredi 7 juillet 2023 10:00 Nos communautés - Torbé

École à Torbé : « Je me sens soulagé » – Jude Avery

 La région de Torbé, ​​situé dans le comté de Guysborough, en Nouvelle-Écosse. — PHOTO - Nicolas Jean
La région de Torbé, ​​situé dans le comté de Guysborough, en Nouvelle-Écosse.
PHOTO - Nicolas Jean
Le 23 juin dernier, le Conseil scolaire acadien provincial a annoncé que la communauté de Torbé aura finalement une école acadienne pour assurer l’éducation en français dans la région.
École à Torbé : « Je me sens soulagé » – Jude Avery
00:00 00:00

Jude Avery, président de la Société des Acadiens de Tor Bay.

PHOTO - Nicolas Jean

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Jude Avery, président de la Société des Acadiens de Tor Bay et défenseur de la cause acadienne, se sent « soulagé » que la communauté ait obtenu sa première école du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP). « Je me pince tous les jours pour croire que c’est arrivé, déclare-t-il. On est rendu au point où on peut maintenant planifier l’avenir. » 

Avec cette école, il souhaite organiser des activités pour développer la culture et la langue acadienne. « Les petits jeunes qui vont apprendre la langue vont être capables de communiquer dans la langue française », souligne le président. 

« Le message de l’annonce indique vraiment à la communauté élargie, en dehors de notre petit monde acadien, que même si on était très proche de l’assimilation, on n’est pas encore là et que cela (l’école) va l’empêcher de se concrétiser », commente Nicole Avery Bell, membre du groupe de liaison du CSAP de la région de Torbé. 

L’intention est de commencer l’enseignement au cours de l’année scolaire 2023-2024. 

Nicole Avery Bell, membre du groupe de liaison du CSAP de la région de Torbé.

PHOTO - De gracieuseté - Nicole Avery Bell

« Ça va se faire » 

Il sera plus facile de regrouper la communauté lorsqu’il y aura une école construite, selon Jude Avery. Ce dernier mentionne que la salle principale du centre communautaire  de Larry’s River mesure 16 pieds de long et huit pieds de large, avec une capacité d’occupation limitée. 

Pour la première année scolaire, le ministère de l’Éducation a approuvé l’installation de classes modulaires, soit des bâtisses semi-permanentes, à côté du centre communautaire. Le personnel de l’école utilisera les espaces du centre au quotidien. « C’est ça qui va nous permettre de commencer l’enseignement dans la région », déclare Michel Collette, directeur général du CSAP. 

Le conseil scolaire sera en contact avec le ministère responsable pour trouver une solution plus permanente pour la communauté scolaire de Torbé, affirme le directeur général. « Le gouvernement comprend que c’est une solution intérimaire, que ça ne remplace pas une école. Donc, il va de soi qu’on va travailler de près avec eux. » 

M. Collette fait noter que la construction d’une école prend environ quatre à cinq ans.

D’après M. Avery, le personnel et les élèves seront en mesure d’utiliser des espaces à l’école publique de Guysborough, à moins d’une demi-heure du centre. « Ça va nous aider beaucoup, beaucoup. Mais, il va y avoir aussi des défis au début. » 

Depuis l’annonce de la nouvelle école, le CSAP a publié un formulaire en ligne, invitant la communauté à proposer un nom pour la nouvelle école de Torbé. La date limite pour le remplir est le 1er août. 

Jennifer Delorey, présidente du groupe de liaison du CSAP de la région de Torbé, a récemment reçu le Prix d’excellence du lieutenant-gouverneur pour l’Acadie et la Francophonie de la Nouvelle-Écosse, afin de reconnaitre ses efforts pour préserver la langue et la culture françaises dans la région de Torbé. 

PHOTO - Bureau du lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse

Un virage à 180 degrés

Jennifer Delorey, présidente du groupe de liaison du CSAP de la région de Torbé, est très optimiste quant à l’avenir des jeunes acadiens de Torbé, mais aussi de l’influence de l’école sur le reste de la communauté. « Ils sont ravis d’avoir cette opportunité pour leurs enfants, affirme-t-elle, mais aussi pour eux-mêmes, et les ainés de la communauté sont ravis […] parce qu’ils se voient à travers cette école. » 

Ce n’est pas simplement une éducation en français, précise Mme Delorey. C’est aussi un vecteur de développement communautaire et un moyen de faire revivre la langue. « [Les anciennes générations] avaient l’impression que leur langue et leur culture n’étaient pas aussi bonnes, parce que le message de la communauté extérieure – la communauté anglophone – était qu’ils étaient des citoyens de seconde zone », fait remarquer Nicole Avery Bell. 

Mais tout d’un coup, on dirait qu’une nouvelle génération est en train de faire revivre le français, raconte Mme Avery Bell. Deux jeunes de Torbé, Kyle Delorey, le fils de Jennifer Delorey, et Lola Sangster, ont fréquenté l’École acadienne de Pomquet lors de l’année scolaire 2022-2023. Ils ont passé environ trois heures par jour sur l’autobus pour fréquenter l’école. 

Au moment où son fils a entendu qu’il y aura une école acadienne à Torbé, Mme Delorey a eu l’impression qu’une lumière s’est allumée en lui. « Lorsqu’un enfant est aussi passionné par quelque chose, il est très facile pour les parents d’embrasser cette cause. » 

Pour les générations passées qui ont eu l’impression de ne pas pouvoir être fière de leur identité, de leur langue et de leur accent, la nouvelle génération donne espoir, dit Mme Avery Bell. « Tout d’un coup, ils voient une génération qui l’adopte et s’en réjouit. C’est donc un changement considérable. » 

Quelque 48 élèves se sont préinscrits pour poursuivre leur formation avec le CSAP dans la région de Torbé. La prochaine étape est de demander aux familles d’inscrire officiellement leurs enfants afin de confirmer qu’ils fréquenteront l’école en 2023-2024. 

Kyle Delorey, le fils de Jennifer Delorey, et Lola Sangster, deux élèves originaires de Torbé qui ont fréquenté l’École acadienne de Pomquet lors de l’année scolaire 2022-2023. 

De gracieuseté - Jennifer Delorey

Les classes modulaires seront installées tout près du centre communautaire de Torbé. 

PHOTO - De gracieuseté - Nicole Avery Bell