Type de contenu: Opinion
Mais parce qu’ils sont francophones, ils doivent fréquenter l’École Mosaïque à Burnside, une école qui n’est pas dans notre communauté.
Ce n’est pas un détail. C’est une inégalité flagrante. Et c’est une violation directe de nos droits, garantis par l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés.
Cet article reconnaît aux citoyens francophones le droit à une instruction dans leur langue, là où le nombre le justifie. Et à Halifax, le nombre le justifie depuis longtemps. Le tout dernier rapport du CSAP le confirme noir sur blanc : les infrastructures sont insuffisantes, les services sont inéquitables, et les familles francophones sont laissées pour compte. Et cela ne concerne pas seulement Halifax, c’est vrai partout en Nouvelle-Écosse.
Depuis longtemps, les familles acadiennes et francophones se battent pour faire respecter leurs droits. Mais malgré les ententes, les lettres, les reportages et les batailles juridiques (qui ont éventuellement mené à la création du CSAP), ce même CSAP nous rappelle qu’un écart persiste. Je doute que le rapport vous apprenne quelque chose que vous ne saviez pas déjà.
Alors j’ai décidé d’agir. J’ai envoyé une lettre officielle au CSAP et au ministère. J’ai demandé une réunion. J’ai proposé des dates. J’ai demandé un ordre du jour clair, des engagements écrits et un calendrier de mise en œuvre pour que mes droits soient enfin respectés. Et surtout, j’ai rappelé que cette situation n’est pas seulement injuste — elle est anticonstitutionnelle.
C’est un début. Et c’est là que j’en appelle à vous, parents francophones de la Nouvelle-Écosse. Si vos enfants n’ont pas accès à des services scolaires équivalents à ceux des anglophones, vous avez le droit de le dire. Vous avez le devoir de le dire. Parce que si nous ne demandons pas nos droits, ils ne seront jamais respectés. Et si nous les demandons ensemble, ils ne pourront pas nous ignorer.
Il faut que chaque parent francophone regarde la réalité en face et pose la question : mes enfants reçoivent-ils une éducation équivalente à celle des anglophones ? Si la réponse est non, alors il faut écrire. Il faut demander. Il faut exiger. Se parler entre nous ne suffit pas, cela finit par devenir une chambre d’écho. Tous les francophones le savent.
Ce n’est pas une démarche contre qui que ce soit. C’est une démarche pour nos enfants. Pour notre langue. Pour notre dignité. La Charte nous donne ce droit. Mais c’est à nous de le faire vivre.
Pourquoi ne pas simplement laisser le CSAP mener cette bataille pour les familles ? Parce que le CSAP n’a pas droit à une éducation en français, ce droit appartient aux parents. À nous. Et c’est à nous de le faire valoir.
Jean-Philippe Bourgeois, parent francophone à Halifax