Type de contenu: Opinion
En effet, les femmes canadiennes se classent parmi les chefs de file mondiaux occupant les fonctions clés d’ambassadrices ou de cheffes de mission diplomatique, avec un taux d’environ 53%.
À l’occasion de la journée internationale des femmes dans la diplomatie, le Courrier met l’accent sur l’évolution du rôle des femmes dans la représentation de l’État à l’étranger et relate l’empreinte pertinente de la province néo-écossaise dans cet exploit.
En un demi-siècle, un bouleversement significatif s’est opéré.
En 1968, seulement 5% des chefs de mission étaient des femmes et, jusqu’en 1971, une femme mariée ne pouvait occuper un poste aux affaires étrangères. De nos jours, «le Canada est un leader en matière de parité diplomatique, résultat de décennies de politiques menées par différents partis», commente Gabrielle Bardall, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les femmes, la démocratie et le pouvoir dans la Francophonie à l’Université Sainte-Anne.
Leur contribution va bien au-delà de leur représentation ou de leur influence numérique. Les femmes ambassadrices sont le visage du Canada à l’étranger.
«Leur contribution va bien au-delà de leur représentation ou de leur influence numérique. Les femmes ambassadrices sont le visage du Canada à l’étranger», affirme-t-elle.
Elle déclare: «La Nouvelle-Écosse se distingue comme une province à l’avant-garde dans ce domaine».
L’empreinte néo-écossaise
C’est dans la province atlantique, et spécialement à Halifax, qu’est née en 1911 la première femme nommée ambassadrice dans l’histoire de la diplomatie canadienne, Blanche Margaret Meagher.
Couronnée officière de l’ordre, elle est une pionnière dans son domaine et détient un rôle clé dans le rayonnement de la politique étrangère du pays nord-américain; ce qui inspira bon nombre de jeunes filles à suivre son modèle.
Au fil de sa carrière au sein du ministère des Affaires étrangères, elle fut d’abord affectée au Mexique et au Royaume-Uni, ensuite nommée successivement haute-commissaire du Canada à Chypre, au Kenya et en Ouganda.
Selon le site officiel du gouvernement canadien, c’est en 1958 qu’elle devint la première Canadienne à être désignée ambassadrice lorsqu’elle fut mandatée cheffe de la mission diplomatique du Canada en Israël. Par la suite, elle occupa le même poste en Autriche de 1962 à 1966, puis en Suède de 1969 à 1973.
Les femmes jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement et l’évolution de la diplomatie canadienne et, en appliquant les valeurs d’égalité et de parité, l’État advient un modèle pour nombre de pays du monde.
«Les femmes jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement et l’évolution de la diplomatie canadienne et, en appliquant les valeurs d’égalité et de parité, l’État advient un modèle pour nombre de pays du monde», dit Gabrielle Bardall.
Le rôle des femmes
Elles sont au cœur des négociations et apportent des perspectives qui favorisent des approches davantage axées sur la recherche de solutions, la prévention des conflits et la conclusion d’accords de paix durables et de qualité», affirme Gabrielle Bardall, d’après son expérience.
En effet, la chercheuse a travaillé auprès d’une soixantaine de pays pendant une vingtaine d’années afin d’habiliter les femmes dans des États post-conflits ou au sortir de régimes autoritaires, à participer à la vie démocratique et aux élections.
«La diplomatie engloberait l’ensemble du personnel d’Affaires mondiales Canada et toutes les activités liées aux relations internationales», insiste-t-elle.
Bien qu’aucune base de données ne comptabilise le taux de femmes diplomates par province, il n’en demeure pas moins qu’un nombre important de Néo-Écossaises a intégré la sphère diplomatique et des affaires étrangères.
Des Néo-Écossaises
Originaire de Clare et diplômée de l’Université Sainte-Anne, Betty Ann German, par exemple, a œuvré au sein d’une multitude d’ambassades. Affectée dans des pays comme la France ou la Roumanie, cette Acadienne d’origine est une assistante administrative et attachée à l’ambassade du Canada à Belgrade en Serbie depuis 2011.
Bernadette Jordan, également, qui est née à Lunenburg et a suivi ses études en Sciences politiques et gouvernementales à l’Université Saint Xavier, après avoir été ministre, fut désignée consule générale du Canada à Boston et en New England aux États-Unis.
Les nouvelles générations
«Dans le cadre de mes missions, et à Affaires mondiales Canada, je rencontre souvent de jeunes femmes originaires de la Nouvelle-Écosse ou y ayant été formées. Leur engagement et leur intérêt pour les enjeux internationaux sont très encourageants», souligne Madame Bardall, qui était conseillère de l’ambassadrice pour les femmes, la paix et la sécurité au moment du lancement du troisième plan d’action national «Les fondements de la paix».
Également professeur adjointe de sciences politiques à Dalhousie, elle soutient que les établissements d’enseignement supérieur de la Nouvelle-Écosse «préparent bien les jeunes aux carrières internationales en les sensibilisant aux conflits mondiaux, aux relations internationales et aux grands enjeux de notre époque».
Elle conclut: «À l’Université Sainte-Anne, j’ai constaté l’enthousiasme de la jeunesse. Les étudiantes et étudiants d’aujourd’hui représentent la prochaine génération qui contribuera à façonner davantage la place du Canada sur la scène internationale».
