le Mardi 14 juillet 2026
le Mardi 14 juillet 2026 11:00 Lettre à l'éditeur

Lettre à l’éditeur sur l’identité autochtone

Pourquoi faire confiance à Le Courrier

Il n’y a pas de Métis de l’est du Canada, pas même d’Acadiens-Métis, dans le sens légal du terme Métis au Canada. Mais depuis quelques années, certaines personnes et associations prétendent le contraire. Ces auto-déclarant « métis » ne se préoccupent pas du fait que les premiers concernés, les Premières nations elles-mêmes, les renient.

Lettre à l’éditeur sur l’identité autochtone
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Type de contenu: Opinion

Comme l’a dit William Goodon, ministre métis de la Fédération métisse du Manitoba, « le dernier acte de la colonisation est de s’approprier l’identité du peuple indigène ».

Je suis une Acadienne bien métissée, y compris avec des ancêtres mi’gmaw, français, portugais, et autres. Je n’ai aucunement l’intention de me déclarer Métis et d’approprier la culture et les droits des Premières nations. Pas plus que j’ai l’intention de demander un passeport et les pensions nationales du Portugal ou de la France.  

J’aspire à être une alliée des Premières nations – je n’ose pas m’auto-identifier comme alliée, c’est un qualificatif qui doit être accordé par le groupe qu’on veut appuyer. Je me méfie donc de ceux qui font fi de l’opinion des Premières nations. Ces aspirants « métis » ne se demandent évidemment pas si leur supposée « parenté », les Premières nations, sont fières d’eux.

J’ai été surprise de voir que la municipalité de Clare a permis récemment la levée du drapeau de « l’Association des Acadiens-métis Souriquois » à son bureau municipal, « dans le but de souligner l’histoire et la contribution des peuples autochtones  ». Surprenant que les peuples autochtones n’y étaient pas. Quand Clare célèbre la Journée des droits des femmes, est-ce qu’elle invite des femmes ?

Il est important de dénoncer une telle situation. Premièrement parce que c’est traiter comme crédible l’idée fausse qu’il y a eu une communauté Métis ici. Cela cherche à falsifier l’histoire de l’Acadie. Et surtout parce que les Premières nations ne méritent pas ça. Ils ont droit de s’attendre à ce que leurs amis de longue date, les « Acadiens », ne leur fassent pas de mal. La pire conséquence potentielle des manœuvres des pseudo « métis » serait que cela nuise aux Premières nations. Ce serait l’ultime appropriation et trahison de l’amitié que les Premières nations ont démontré pour les Acadiens.

Quand on forçait les Premières nations dans des réserves, quand on enlevait leurs enfants pour les mettre dans les écoles résidentielles,  ces « Acadiens-Métis » qui se réclament de la même race n’ont pas sorti du bois pour les défendre ou les joindre. Pas plus que les Acadiens.

J’ai pris conscience de cet arnaque honteuse des Acadiens lorsque j’ai lu, en 2000, une lettre d’opinion d’un pêcheur du Nouveau-Brunswick : « Il y a des pêcheurs qui se battent contre les autochtones pour ne pas leur donner le droit de pêcher, mais qui ont leur carte de membres (Métis) pour avoir les mêmes avantages qu’eux si jamais ils viennent à gagner leurs droits. »

Les peuples autochtones, au Canada et ailleurs, sont de plus en plus souvent confrontés à des fauxtochtones, des personnes et des groupes non autochtones qui se déclarent autochtones.

Les dirigeants des Premières nations, des Inuits et des Métis au Canada ont récemment adopté à l’unanimité une déclaration historique condamnant l’usurpation d’identité des autochtones et exigeant des gouvernements qu’ils prennent des mesures pour lutter contre le vol d’identité.

Honte à ceux qui devraient avoir honte.

Rosella Melanson

Nouveau-Brunswick

Type: Opinion

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