le Mardi 16 juillet 2024
le Jeudi 11 avril 2024 9:00 Acadie et Francophonie

La contribution des centres d’archives à la mise en valeur du patrimoine

Une photo de fonds d'archives, un aperçu de ce qui se trouve au Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson, à l’Université de Moncton.
 — PHOTO : Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson
Une photo de fonds d'archives, un aperçu de ce qui se trouve au Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson, à l’Université de Moncton.
PHOTO : Centre d'études acadiennes Anselme-Chiasson
Les archivistes jouent un rôle important dans la gestion informatisée des archives. Ils peuvent aussi contribuer au rayonnement du patrimoine par la diffusion et la réalisation de projets de mise en valeur.
La contribution des centres d’archives à la mise en valeur du patrimoine
00:00 00:00

Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Dossier spécial : Le patrimoine acadien – 3e partie

Le mandat du Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson de l’Université de Moncton (UdeM) est de rassembler et de conserver en permanence le patrimoine documentaire acadien. 

«On se doit de diffuser pis de faire rayonner l’histoire pis la culture de l’Acadie à travers les archives», déclare Erika Basque, assistante archiviste du Centre, situé sur le campus de Moncton de l’UdeM. Son rôle est aussi d’expliquer en quoi consiste le patrimoine présenté et comment il est préservé. 

Au Centre acadien (CA) de l’Université Sainte-Anne (USA), on trouve avant tout des traces écrites, dont des registres de Port-Royal, et des témoignages de l’histoire. Il y a aussi des archives orales enregistrées par des ethnologues, soit des entretiens qui présentent, entre autres, les récits des gens. 

Erika Basque, assistante archiviste du Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson de l’Université de Moncton. 

PHOTO : De gracieuseté

La mission et le travail d’un centre d’archives dépendent de sa mission, mais aussi de ses priorités et des ressources à sa disposition. 

Matthias Duc, directeur du CA, précise qu’avec plus d’archivistes, un centre n’aurait pas à se limiter à certains objectifs. À l’heure actuelle, le CA est à l’étape de la préservation et de la prise en charge des archives qui n’ont pas encore été traitées. 

Lorsqu’il y a plus de moyens, on peut par exemple aller interviewer des personnes pour mémoriser leur histoire ou réaliser de nouveaux projets de mise en valeur. 

Mais même le traitement fait toute la différence. Le CA possède des archives d’anciennes éditions du Congrès mondial acadien. M. Duc aimerait bien qu’ils soient traités pour que les gens puissent y accéder. 

«De traiter les archives et de les rendre accessibles, qu’elles soient organisées de façon à ce qu’on ne perde pas du temps à passer à travers toutes les boîtes pour essayer de trouver ce qu’on trouve, bah ça, c’est déjà pour moi une mise en valeur», explique-t-il. 

Aller en ligne

Pour ce qui est de la valorisation du patrimoine immatériel, dont la transmission de l’histoire orale comme le folklore, le Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson a souvent recours aux enregistrements audio et vidéo. 

L’UdeM et l’USA sont deux des partenaires scientifiques du projet Francoralité, réalisé par l’Université de Poitiers, en France. Les universités participantes déposent des archives orales dans cette bibliothèque sonore, dont le but est de regrouper les fonds de littérature de la francophonie. 

Matthias Duc, directeur du Centre acadien, à l’Université Sainte-Anne. 

PHOTO : Université Sainte-Anne

Les nouvelles technologies de l’ère numérique permettent de documenter ce qui n’était pas facile à préserver, mentionne Erika Basque. Elle offre comme exemple une vidéo disponible au Musée acadien de l’UdeM qui présente les étapes pour monter un aboiteau. 

«Oui, on va voir l’aboiteau, qui va être l’artefact, mais la construction de ça n’est pas toujours évidente à présenter», fait remarquer l’assistante. 

D’autres mises en valeur sont les extraits audios, qui vont venir appuyer des propos, ajoute Mme Basque. Cette dernière s’est donné la mission de faire du travail de diffusion, en allant vers les médias sociaux comme premier pas. 

Récemment, le Centre a travaillé sur un projet pour les réseaux sociaux en lien avec la célébration de la Chandeleur. 

Pour rendre le contenu dynamique et animé, ils ont inclus la transcription d’un enregistrement audio décrivant la danse de l’escaouette, qui comprend une chanson interprétée par Placide Boudreau et une explication de Père Anselme Chiasson. 

«C’est quand même nouveau que les archives diffusent pis vont au grand public», constate l’assistante. 

Elle essaie de présenter des parties des archives un peu moins connues qui peuvent piquer la curiosité des chercheurs et du public, dont les traditions historiques du temps des Fêtes «qu’on n’aurait peut-être pas le réflexe à chercher».