le Vendredi 12 juin 2026
le Jeudi 21 mai 2026 9:00 Actualités: Acadie et Francophonie

«Avec le Canada, on a un partenariat qui est d’une qualité très exemplaire»

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Arbre généalogique de la famille Demius d’Antremont (ou d’Entremont), originaire de Normandie et fixée en Acadie. — PHOTO: ANOM
Arbre généalogique de la famille Demius d’Antremont (ou d’Entremont), originaire de Normandie et fixée en Acadie.
PHOTO: ANOM

Qu’en est-il de la culture et du patrimoine acadien de l’autre côté de l’Atlantique, ainsi que de la connaissance des Français de cette histoire? Des questions auxquelles sont venus répondre différentes personnes et différents organismes engagés sur ces sujets.

«Avec le Canada, on a un partenariat qui est d’une qualité très exemplaire»
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Type de contenu: Actualité

Amélie Hurel est conservatrice du patrimoine aux Archives nationales d’outre-mer (ANOM), responsable de tous les territoires du Premier Empire colonial, et en particulier du Canada. 

Les ANOM sont une institution extrêmement singulière dans le paysage archivistique français. Fondées en 1966, il s’agissait à l’origine d’un dépôt construit pour conserver les archives d’outre-mer transférées à l’issue des décolonisations des territoires devenus indépendants, le terme «outre-mer» renvoyant aux anciennes colonies françaises.

Puis, en 1987, ce dépôt a été agrandi pour accueillir les archives ministérielles produites par l’administration coloniale centrale dans l’ancienne métropole en France hexagonale.

«Pour les territoires du Premier Empire colonial, et le Canada en particulier, nous n’avons que des archives centrales, donc produites par l’administration centrale», précise Amélie Hurel, soulignant que la notion de production recouvre à la fois les documents créés et reçus.

On y retrouve notamment toute la correspondance envoyée par les administrateurs des territoires français au secrétariat d’État, une des plus riches ressources pour l’histoire des territoires anciennement colonisés par la France.

Plan de l’isthme entre la baye Françoise et la baye Verte. 

PHOTO: ANOM

Pour les territoires canadiens et de l’Amérique du Nord, il y a une série dédiée qui va de 1575 jusqu’en 1815, donc après la disparition de l’empire colonial français en Amérique du Nord et le passage des territoires français sous domination britannique à la suite de la guerre de Sept Ans.

«Ce qui peut surprendre, mais en fait pas tellement, puisqu’il y a aussi toute la question en fait de la liquidation des établissements coloniaux, donc l’administration coloniale.»

Ainsi, si le territoire n’est plus sous domination française, les archivistes ont continué à s’y intéresser, notamment du fait des demandes de compensation déposées par d’anciens colons français.

«On va avoir aussi ce qu’on qualifie des papiers publics, poursuit Amélie Hurel, qui vont être très intéressants pour l’histoire des personnes, en particulier de la généalogie.»

Parmi ces derniers, l’état civil permet notamment de retrouver des registres paroissiaux, tandis que les archives notariales et les recensements constituent d’autres sources pour les Canadiens descendants des premières colonies françaises souhaitant remonter les filiations et retracer les terres acquises par leurs familles.

«Pour l’Acadie, dans les recensements, on va trouver parfois des choses extrêmement détaillées, des états de terres concédées sur certaines agglomérations, des correspondances, des requêtes particulières qui ont fait l’objet de descriptions très précises. Donc on peut trouver, aussi en cherchant un nom, facilement des personnes.»

Elle souligne qu’il existe également des ressources qualifiées de dossiers de personnel pour la période du Premier Empire colonial.

«Il s’agit pas vraiment de dossiers de personnel constitués comme on l’entend aujourd’hui, mais en faisant une recherche au nom d’une personne, on peut souvent trouver des informations si elle a exercé une fonction au sein de l’administration coloniale ou même si elle a fait des demandes auprès de cette administration, par exemple de concessions de terre, de reconnaissances de bien, etc.»

Pour l’histoire générale du territoire, on va pouvoir retrouver également dans la correspondance des plans de défense, de fortification, de ville ou encore de concessions de terres permettant de se figurer comment était le territoire à cette époque.

Ces ressources sont sollicitées par un très grand nombre de mondes, souligne Amélie Hurel, puisque les ANOM ont la particularité d’attirer, en comparaison aux autres services d’archives français, un public international comprenant aussi bien des chercheurs professionnels que des personnes s’intéressant à la recherche généalogique ou administrative.

«Sur notre site Internet, on propose beaucoup de présentations de textes assez simples, mais éditorialisés pour permettre aux gens de pouvoir, déjà, faire une première appropriation des ressources qu’on propose et de pouvoir faire des recherches en autonomie.»

S’ils le souhaitent, ces derniers peuvent écrire aux ANOM pour bénéficier d’orientations ou obtenir davantage d’informations sur des demandes qui peuvent être très générales ou ciblées sur une personne ou un sujet particulier.

Or, la spécificité des archives relatives aux territoires canadiens réside dans le fait qu’elles sont souvent le fruit de collaborations étroites avec le Canada.

Avec le Canada, on a un partenariat qui est d’une qualité assez exemplaire, même très exemplaire.

— Amélie Hurel

«Avec le Canada, on a un partenariat qui est d’une qualité assez exemplaire, même très exemplaire», se réjouit Amélie Hurel.

En effet, des liens très forts existent depuis longtemps entre l’ANOM et des institutions archivistiques canadiennes, comme la Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et Bibliothèque et Archives Canada (BAC), qui ont donné lieu à des collaborations dans des projets de recherche, notamment concernant les populations autochtones.

«On a notamment un partenariat avec le projet Onkwehon:we, qui travaille donc sur l’histoire des Premières Nations qu’on qualifiait à l’époque de Hurons (aujourd’hui appelés Wendat ou Nation huronne-wendat), et également un projet Nouvelle-France numérique avec l’Université du Québec à Rimouski, qui est extrêmement dynamique et qui travaille en humanités numériques, notamment à la reconnaissance de caractères manuscrits pour améliorer la recherche et faciliter les travaux des chercheurs.»

Des partenariats qui témoignent de la volonté des ANOM de s’inscrire dans une dynamique de mémoire partagée, tout comme la diffusion des documents et de l’accessibilité des archives conservées.

«[Des] sources intéressant l’histoire de l’Acadie, et du Canada en général, qui sont conservées en France, il y a beaucoup de guides, beaucoup d’outils à disposition, donc il faut pas hésiter à s’en saisir ou à nous contacter aussi pour plus d’informations.»

Type: Actualités

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