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le Vendredi 13 mars 2026 7:00 Actualités régionales

«Aujourd’hui, en 2026, on n’a toujours pas l’équité salariale»

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Geneviève Latour, vice-présidente de l’AFFC. — PHOTO: Archives
Geneviève Latour, vice-présidente de l’AFFC.
PHOTO: Archives

La Journée internationale des droits des femmes, fêtée le 8 mars, est issue de l'histoire des luttes féministes menées à travers le monde pour l’égalité des droits. Une journée importante pour revenir sur le chemin parcouru, rappeler les combats qu’il reste à engager, tout en gardant l’espoir de mettre fin un jour aux inégalités.

«Aujourd’hui, en 2026, on n’a toujours pas l’équité salariale»
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Pour de nombreux organismes féministes, tels que l’Alliance des femmes de la francophonie canadienne (AFFC), cette date est une invitation à célébrer les avancées réalisées au cours des derniers mois, tout en encourageant la poursuite des combats.

«C’est un moment de prendre toute cette énergie-là de la Journée internationale du droit des femmes, puis un peu de la sauvegarder pour qu’elle dure le reste de l’année, pour toutes les luttes qui restent à venir, puis les gains qu’on doit encore faire comme mouvement féministe», exprime Geneviève Latour, vice-présidente de l’AFFC.

Cette année, l’association, qui est engagée depuis plus de 100 ans dans la défense des droits des femmes francophones et acadiennes, a choisi de mettre l’accent sur l’enjeu de l’équité salariale.

«Aujourd’hui, en 2026, on n’a toujours pas l’équité salariale», affirme Geneviève Latour.

À la différence de la parité salariale, qui désigne l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail, l’équité salariale impose un salaire égal pour des emplois différents, mais de valeur égale.

«C’est là où on voit que les emplois à prédominance féminine sont vraiment sous-valorisés et donc se font moins bien payer que les emplois à prédominance masculine», dénonce Geneviève Latour, poursuivant plus loin: «Malheureusement, dans la société dans laquelle on vit, on sous-valorise les emplois à prédominance féminine, que ce soit le travail administratif, l’éducation, le travail de soins, etc.»

Il s’agit pourtant, selon elle, d’emplois d’une grande valeur sociale, d’où l’enjeu d’en parler aujourd’hui.

«Ça a un impact important sur les femmes, que ce soit les femmes [qui] sont plus à risque de vivre en situation de pauvreté ou de précarité financière, même le fait de la peur de tomber dans une situation d’insécurité financière peut amener certaines femmes à rester dans des situations d’abus, de violence. Les femmes quand elles se retrouvent à la retraite, on voit vraiment une inégalité qui se poursuit ou qui s’est accumulée jusqu’à la retraite. Donc, vraiment, ça a un impact important sur les femmes, partout dans le Canada.»

Dans ce contexte, l’enjeu est donc de présenter les solutions possibles, comme l’instauration de politiques de transparence salariale et des lois sur l’équité salariale, tout en reconnaissant et en valorisant le travail non rémunéré des femmes.

«C’est favoriser l’accès des femmes à des postes décisionnels, des secteurs traditionnellement mieux rémunérés. Puis, quand on parle des politiques sociales, pour soutenir ça, améliorer l’accès à des services de garde abordables accessibles en français.» 

Geneviève Latour souligne toutefois que, comme citoyens, il est aussi de notre responsabilité de porter ces enjeux.

Le travail non rémunéré des femmes, faut en parler le 8 mars, mais faut en parler à la longueur de l’année, ça fait que je pense que c’est quelque chose qu’on peut faire comme personne engagée.»

— Geneviève Latour

D’autant que ces inégalités s’accentuent encore davantage chez les femmes appartenant à des minorités.

«Des femmes immigrantes admises à l’âge adulte gagnent encore moins que les hommes au Canada, par exemple, des femmes appartenant à une minorité visible encore moins, les femmes en situation de handicap… Donc, la femme, c’est pas une catégorie qui est homogène, il y a plein de différentes catégories de femmes, puis il faut penser à toutes ces personnes-là quand on veut lutter pour être bien rémunéré.»

Au-delà de la lutte, il s’agit aussi de reconnaitre les victoires remportées face aux nombreux défis traversés tout le long de l’année. 

Geneviève Latour rappelle l’absence initiale d’un ministre dédié à Femmes et Égalité des genres Canada dans le cabinet du premier ministre Mark Carney, une situation qui a été dénoncée puis corrigée lors de la nomination du cabinet suivant. Elle évoque également des compressions budgétaires pouvant atteindre 80 % envisagées pour ce ministère, avant de s’avérer moins graves que ce qui était redouté.

«On voit que c’est encore un mouvement qui est nécessaire, que, sans la prise de parole, de position du secteur des femmes, c’est encore une population vulnérable —pourtant qui fait 50 % de la population— qui peut être facilement balayée.»

Malgré tout, Geneviève Latour envisage l’avenir avec optimisme, encouragée par les efforts, les évolutions menées et les voix levées au sein du mouvement.

«Quand on voit le changement qu’on peut faire sur le terrain, quand on voit les organismes de femmes dans les différentes provinces, on ne peut pas faire autrement qu’avoir de l’espoir. Je pense que ce mouvement-là, c’est ce qu’il m’apporte, de l’espoir de voir qu’on fait une différence, qu’on a fait une différence, puis qu’on va continuer à en faire une dans le futur aussi.»

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