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Jean-Philippe Giroux
Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – IJL
L’on a choisi le village de Tatamagouche pour, d’une part, célébrer cette localité, sa fierté agricole et sa richesse culturelle néo-écossaise et mi’kmaw, et, d’autre part, valoriser les initiatives en place dans cette région pour assurer le maintien de la richesse.
La côte nord étant relativement centrale entre la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard, les organisateurs ont pensé bon de relancer l’événement à Tatamagouche afin d’attirer le plus de gens possible.
De plus que Tatamagouche est une région où l’on constate déjà une prospérité locale en action, une vie culturelle forte et un grand attachement au territoire qui peuvent servir d’exemple.
À l’horaire cette fois-ci: musique locale, gastronomie, activités familiales et rencontres communautaires et conférenciers de renom, notamment Sarah Longlands du Centre pour les stratégies économiques locales au Royaume-Uni et le Mi’kmaw Chris Googoo du Ulnooweg Development Group.
Et ce, pour souligner «les acteurs locaux, les solutions locales et les approches ancrées sur le territoire visant à dynamiser les communautés».
Encore très engagés dans leur mission de base, les organisateurs souhaitent également mettre sur pied une fin de semaine de festivités qui promeut la joie, l’inclusivité et l’importance de l’intergénérationnalité, soit le savoir des aînés et des leaders de longue date qui peuvent inspirer les nouvelles générations.
Justin Cantafio, coanimateur du festival-conférence et directeur des politiques pour le Centre for Local Prosperity, explique que Local Prosperity 2026 a pour objectif de souligner le fait que le changement économique est politique, mais aussi culturel, et s’effectue à travers l’entraide.
L’échange d’idées et d’astuces entre participants est fondamental pour un tel festival, pour former une communauté et se connecter. «C’est ça qui nous donne croyance, pis peut-être le pouvoir, qu’on peut faire ça ensemble», commente le directeur.
Justin Cantafio, directeur des politiques pour le Centre for Local Prosperity.
Face à une polycrise et une période d’incertitude économique marquée notamment par les changements climatiques, le coût de la vie qui monte en flèche, les guerres, l’insécurité alimentaire — celles des provinces atlantiques étant les plus prononcées du pays —, et la crise du logement, sans compter l’influence des grandes entreprises qui monopolisent dans des secteurs clés, comme l’alimentation, il est facile de «devenir très triste, et des fois très seul qu’on a pas de pouvoir», ajoute Cantafio.
Or, le Centre for Local Prosperity est d’avis que les communautés ne sont pas impuissantes et que les entrepreneurs régionaux ont la capacité de relever les défis de l’époque moderne, croyant que les experts, ce sont les gens qui habitent la région.
«Partout dans les régions des provinces atlantiques, les gens créent de bons emplois locaux, ils renforcent les systèmes alimentaires, ils sont en train de développer des coopératives, des organisations communautaires, et ils sont en train de soutenir les entreprises locales», précise-t-il, le festival servant d’occasion pour chercheurs, fermiers et producteurs de présenter ces exemples de changement au grand public.
«On commence à penser aux différents systèmes, mais on a besoin de penser à propos de ça ensemble. Sinon, c’est presque comme un monstre. On peut jamais gagner contre un monstre géant.»
Ouvert au grand public, ce festival-conférence est pour les gens de tous les âges et de tous les horizons. Les organisateurs veulent que tout le monde se rassemble pour trouver des solutions, du bonheur et de la positivité.
L’événement comprendra des ateliers et des séances «Up!Skilling» (montée en compétences), c’est-à-dire des ateliers pratiques pour acquérir de nouvelles compétences concrètes ou pour parfaire un savoir-faire que l’on possède déjà.
Les participants d’un atelier ayant eu lieu à Miramichi, en 2016, dans le cadre du festival-conférence Local Prosperity.
Il y aura, par exemple, des séances sur la souveraineté alimentaire, pour les fermiers et les consommateurs, mais aussi pour les communautés autochtones et afro-néo-écossaises. L’on mettra également l’accent sur les forêts communautaires, l’achat local et l’action climatique.
Né avant la pandémie, le festival a débuté avec deux années couronnées de succès, la première en 2015 à Annapolis Royal et la deuxième en 2016 au Nouveau-Brunswick, à Miramichi, permettant de lancer et définir le travail du Centre.
«L’édition 2015 a rassemblé plus de 200 personnes et s’est concentrée sur les outils concrets permettant de renforcer les économies rurales, communique le Centre. La conférence de Miramichi de 2016 s’est appuyée sur ce succès et a mis l’accent sur la nécessité de nouveaux modèles économiques locaux, de stratégies communautaires et d’alternatives politiques face à l’évolution rapide du monde.»
Local Prosperity 2026 est le fruit du travail de trois organisations, à savoir le Centre for Local Prosperity, une charité régionale ayant pour but de «renforcer la résilience communautaire et économique grâce à la relocalisation économique», la Rural Communities Foundation of Nova Scotia et la North Shore Community Connections Society, qui aide les membres de la communauté à, entre autres, être plus résilient et à développer de nouvelles compétences pratiques.
