le Vendredi 5 juin 2026
le Mercredi 28 janvier 2026 11:00 Actualités provinciales

L’année de la bande de homard: la lutte d’un groupe de Nouvelle-Écosse contre un problème de plastique omniprésent

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Bandes collectées lors d'une opération de nettoyage des plages organisée par Scotian Shores à Scott's Bay. — PHOTO: Scotian Shores
Bandes collectées lors d'une opération de nettoyage des plages organisée par Scotian Shores à Scott's Bay.
PHOTO: Scotian Shores

Le groupe environnemental Scotian Shores a mis en lumière la pollution marine en cette nouvelle année, en lançant sa nouvelle campagne de sensibilisation, «L'année de la bande de homard».

L’année de la bande de homard: la lutte d’un groupe de Nouvelle-Écosse contre un problème de plastique omniprésent
00:00 00:00

Type de contenu: Actualité

Au cours des 15 premiers jours seulement, des bénévoles ont ramassé près de 15 000 petites bandes de plastique colorées sur les plages de la province.

Graphique représentant les images soumises par les bénévoles de Scotian Shores lors de l’opération de nettoyage, indiquant les bandes collectées sur une période de quinze jours.

PHOTO: Scotian Shores

Selon Angela Riley, créatrice de l’organisation, l’opinion publique pointe souvent du doigt les pêcheurs commerciaux.

Photo d’un tuyau d’usine de transformation utilisé pour rejeter les déchets. Riley a récemment expliqué qu’un système de filets avait été installé autour de ce tuyau à l’aide de fils de casiers à homards.

PHOTO: Scotian Shores

«Lorsque j’ai créé Scotian Shores, il y a quatre ou cinq ans, je pensais que tout venait des pêcheurs, explique-t-elle, car quand on voit un anneau à homard, on pense immédiatement à un pêcheur de homard.»

Cette perception peut inciter les travailleurs du secteur à se mettre sur la défensive. Ils s’engagent sur les réseaux sociaux, où ils documentent les déchets ramassés et appellent à l’aide pour nettoyer le littoral.

«Honnêtement, c’est comme ça que je rencontre les pêcheurs qui se soucient vraiment de la question. Ils me disent: “En fait, je veux vous expliquer ça pour que vous comprenez, madame.” Et je leur réponds: “Je suis prête à apprendre”», raconte Riley.

Cette dernière explique qu’au fil de ses discussions avec les pêcheurs ces dernières années, elle a découvert que les usines de transformation et les installations de détention sont devenues une source majeure de ce qu’elle appelle un «dumping industriel». Son groupe a documenté et photographié des tuyaux déversant des déchets, notamment des milliers de bandes de homard, d’attaches zip et d’étiquettes de caisses, directement dans l’océan.

«Je ne veux pas y aller et me poser en expert. Je veux y aller et comprendre leur point de vue. C’est comme ça que j’ai découvert ces usines de transformation. C’est parce qu’un pêcheur m’a emmenée pêcher, que j’ai perdu une seule bague de homard et que je me suis dit: “OK, quel est le problème ici ?” Ensuite, ce pêcheur m’a emmenée dans cinq usines de transformation différentes qui produisaient toutes des milliers de bagues de homard, et je suis restée bouche bée.»

Dans le cas des bandes de homard, la croyance générale selon laquelle elles sont biodégradables peut avoir des conséquences à long terme.

«Tout le monde croit qu’elles sont biodégradables, mais ce n’est pas vraiment le cas», affirme-t-elle.

Un bénévole pose avec des anneaux ramassés lors d’une opération de nettoyage organisée à Scott’s Bay.

PHOTO: Scotian Shores

De nombreuses bandes sont fabriquées en silicone vulcanisé avec des additifs chimiques, des matériaux conçus pour durer. Dans l’océan, explique-t-elle, elles peuvent mettre 10 à 15 ans, voire plus, à se décomposer.

Lorsque Riley a tenté de signaler les pipes d’évacuation, elle s’est rendu compte que le problème relevait d’une zone grise juridictionnelle, entre plusieurs agences. 

«Est-ce le MPO? Pas vraiment. Est-ce le ministère des Ressources naturelles, parce qu’ils polluent? En quelque sorte, mais c’est dans la ligne de marée haute, la ligne de marée basse. Alors, est-ce la Garde côtière? Pas vraiment… La réponse et la raison pour laquelle cela continue, c’est parce que personne n’est responsable.»

Il est inévitable que certains équipements soient perdus par les navires de pêche, ce qui, selon Riley, peut se produire pour des raisons de sécurité légitimes, par exemple lorsque les équipages sont incapables de récupérer des bandes égarées sur le pont pendant une tempête. 

«J’ai perdu mon arrière-grand-père par-dessus bord, explique Riley. «Je ne leur demande pas de risquer leur vie.» 

Il s’agit plutôt d’arrêter les «jetages intentionnels» qui pourraient être évités. «En fin de compte, ne vous contentez pas simplement de les arroser, s’il vous plai», supplie-t-elle. Allons, ce n’est pas acceptable.»

La version du 1er aout des conditions d’octroi des licences de transformation du poisson du ministère des Pêches et de l’Aquaculture de la Nouvelle-Écosse comprend des exigences spécifiques en matière de gestion des déchets marins et des détritus.

Type: Actualités

Actualités: Basé sur des faits, soit observés et vérifiés directement par le ou la journaliste, soit rapportés et confirmés par des sources bien informées.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe