Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – Atl
L’agence, qui a existé depuis près de 30 ans, n’est plus, mais ses 87 employés ont été affectés vers leurs ministères respectifs.
Nicolas Jean, directeur général du Courrier de la Nouvelle-Écosse, explique qu’au départ, il a ressenti une inquiétude face à cette annonce. Il mentionne que l’agence a été un client clé et gérait de manière centralisée les campagnes de communication du gouvernement, notamment celles sur la vaccination pendant la pandémie ou sur les assurances médicales pour les familles et les personnes âgées.
Ce système centralisé a permis aux médias d’avoir un contact direct pour la gestion des campagnes publicitaires, une source importante de revenus pour les petits médias.
Le Courrier a contacté le bureau de Léa Martin, ministre de Communication Nouvelle-Écosse, qui a envoyé des commentaires.
Nicolas Jean, directeur général du Courrier de la Nouvelle-Écosse.
Selon l’agence, les attentes des citoyens évoluent et les technologies ont changé. Pourtant, leur modèle de communication n’a pas été mis à jour depuis presque 10 ans. Donc, il est temps d’améliorer la productivité, réduire les doublons et simplifier le processus pour offrir des programmes et services de haute qualité aux Néoécossais.
En ce qui concerne l’impact sur les journalistes, le directeur général du Courrier souligne que la disparition de l’agence pourrait réduire l’accès aux informations gouvernementales, qui était auparavant coordonné de manière unifiée. Les journalistes devront désormais travailler directement avec plusieurs départements, ce qui représente un défi dans l’accès et la gestion des informations publiques.
Ce phénomène, selon lui, s’inscrit dans une tendance mondiale, où les gouvernements deviennent de plus en plus protecteurs de leurs communications, limitant parfois l’accès des journalistes à certaines informations ou évènements.
Cela reflète une difficulté croissante pour les journalistes à exercer leur métier, une problématique qui dépasse le cadre local. Bien que ce risque soit réel, il n’a pas encore été observé de manière concrète en Nouvelle-Écosse.
M. Jean rappelle aussi que, depuis les années 80, la relation entre les politiciens et les médias a effectivement évolué de manière significative. À l’époque, les médias traditionnels, comme les journaux, la radio et la télévision, jouaient un rôle central dans la transmission des messages politiques.
Les politiciens dépendaient fortement de ces canaux pour atteindre le public, et, en retour, les médias comptaient sur les politiciens pour fournir des informations exclusives et des primeurs (scoops).
Mais avec l’avènement d’Internet et des réseaux sociaux, cette dynamique a changé. Les politiciens ont désormais la possibilité de contourner les médias traditionnels et de s’adresser directement à leur public via des plateformes comme Twitter, Facebook et Instagram.
Par ailleurs, il précise que la montée des «médias de niche» et des balados a permis aux politiciens de s’adresser à des segments spécifiques de la population. Cela peut renforcer leur base de soutien, mais cela contribue également à la fragmentation de l’information et à la polarisation des opinions.
En plus, le directeur général affirme que certains politiciens accusent parfois les médias de partialité, tandis que les médias critiquent le manque de transparence des politiciens.
Pour M. Jean, l’idée que les journalistes doivent maintenir des relations professionnelles solides avec les responsables des communications des différents ministères devient de plus en plus cruciale. Cela leur permet d’accéder aux informations à la source tout en respectant leur indépendance et leur intégrité.
Il complète qu’il est nécessaire que les gouvernements continuent de faire confiance aux journalistes et de reconnaitre leur rôle fondamental. Cela inclut une communication ouverte et une reconnaissance de l’importance du journalisme dans la société.
Bien que la direction générale ait été sollicitée comme source pour les besoins de cet article, elle n’a en aucun cas révisé ou approuvé son contenu. La rédaction de cet article a été entièrement conduite de manière indépendante par la journaliste.
