Force est de constater que cette adhésion à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) fait couler de l’encre tant en Nouvelle-Écosse que dans les autres provinces. C’est d’ailleurs dans le même esprit que plusieurs personnalités des institutions francophones de cette province ont exprimé leur position.
Jules Chiasson, directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), croit dur comme fer que les francophones de la Nouvelle-Écosse devraient exprimer leur fierté après l’intégration de leur province dans l’OIF. «Nous sommes ravis de l’accueil de la Nouvelle-Écosse en tant que membre observateur de l’OIF», précise-t-il.
Ce nouveau statut renforce non seulement la crédibilité de la langue française dans notre province, mais il témoigne également de l’importance de notre culture et de nos valeurs.
«C’est une reconnaissance significative de notre communauté acadienne et francophone, ajoute M. Chiasson. Ce nouveau statut renforce non seulement la crédibilité de la langue française dans notre province, mais il témoigne également de l’importance de notre culture et de nos valeurs.»
Natalie Robichaud, directrice générale de la Société acadienne de Clare (SAC), abonde dans le même sens. Elle se montre très heureuse après cette intégration. «Je pense que la SAC accueille l’intégration de la Nouvelle-Écosse à l’OIF avec beaucoup d’enthousiasme, déclare-t-elle. Nous savions que c’était en cours depuis plusieurs années, donc nous sommes ravies que ç’a enfin vu le jour.»
Selon Mme Robichaud, l’intégration de sa province natale à l’OIF affirme son engagement vis-à-vis de l’importance de la Francophonie et de l’Acadie en Nouvelle-Écosse.
Martine Béland, vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche de l’Université Sainte-Anne (USA), a aussi réagi. «On sent qu’on reçoit un signal fort que la culture acadienne d’ici est pleinement reconnue comme partie de la francophonie mondiale, dit-elle. Cela nous encourage à continuer notre travail pour offrir une éducation universitaire et collégiale en français de la plus haute qualité.»
Par ailleurs, le Congrès mondial acadien (CMA), organisé du 10 au 18 aout dernier en Clare et Argyle, n’est pas sans implication sur la validation de la demande de la Nouvelle-Écosse à l’OIF. Après chaque CMA organisé dans cette province, des décisions sont prises en faveur de la langue française.
C’était d’ailleurs le même cas de figure, le 1er octobre 2004, soit quelques mois après un CMA que le gouvernement d’alors a présenté son projet de loi sur les services en français.
En effet, selon le directeur général de la FANE, l’adhésion de la Nouvelle-Écosse à l’OIF «s’inscrit dans la lignée des initiatives mises en avant lors du Congrès mondial acadien.»
Il se dit être persuadé de voir des retombées positives que cela aura pour sa communauté et sa langue. «La Fédération acadienne va continuer à travailler avec la province pour promouvoir et célébrer notre identité acadienne en Nouvelle-Écosse», ajoute M. Chiasson.
Quant à la vice-rectrice de l’USA, elle croit que cette adhésion sera très utile à l’Acadie de la Nouvelle-Écosse. «Que la Nouvelle-Écosse soit présente à l’OIF ne peut qu’avoir des impacts positifs pour la place, la vitalité et l’avenir du français dans notre province, souligne-t-elle. On peut envisager que cela ait des effets positifs sur la mobilité des personnes et des savoirs en français vers la Nouvelle-Écosse, et en ce sens, c’est une nouvelle porteuse d’un grand potentiel socioéconomique pour l’Acadie de la Nouvelle-Écosse.»
Par ailleurs, Natalie Robichaud ne croit pas que cette intégration va rehausser la langue française en Nouvelle-Écosse du jour au lendemain. «Ça va prendre du temps, il y a beaucoup de sensibilisation à faire, précise-t-elle. La plupart des gens ne connaissent pas l’OIF. Moi j’ai juste appris à propos de l’OIF il y a quelques années dans un des séminaires de maitrise.»
C’est juste quelque chose de politiquement complexe qui coute cher, donc c’est important de la province et des organismes comme la FANE de communiquer l’importance et la valeur de l’OIF.
La directrice de la SAC pense que l’OIF et ses initiatives restent un peu flous dans l’esprit des gens de la Nouvelle-Écosse. «C’est juste quelque chose de politiquement complexe qui coute cher, donc c’est important de la province et des organismes comme la FANE de communiquer l’importance et la valeur de l’OIF», souligne-t-elle.
Il faut souligner que l’adhésion de la Nouvelle-Écosse à l’OIF s’ajoute à un ensemble d’initiatives prises en faveur de la francophonie dans cette province. En aout 2023, le gouvernement a décrété le mois d’aout comme Mois du patrimoine acadien.
Puis, en septembre dernier, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a apporté des modifications législatives afin de renforcer son engagement envers la communauté acadienne et francophone croissante de la Nouvelle-Écosse. Ces modifications portent, entre autres, sur la reconnaissance des francophones de la Nouvelle-Écosse comme grands contributeurs à la diversité et au dynamisme de la province.
