Type de contenu: Actualité
Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – Atl
En 2024, le gouvernement canadien a réduit le quota de permis d’étude afin d’alléger la pression sur le logement, les soins de santé et autres services.
Luc Tardif, directeur du bureau de la francophonie et des affaires internationales.
Pour l’année en cours, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a prévu la délivrance de 437 000 permis d’études, soit une diminution de 10 % par rapport à l’an dernier.
Depuis, pour demander un permis d’études au Canada, la plupart des étudiants doivent fournir une lettre spéciale appelée lettre d’attestation provinciale ou territoriale.
Selon Luc Tardif, directeur du bureau de la francophonie et des affaires internationales, l’Université Sainte-Anne a noté une légère augmentation d’inscription, mais au niveau collégial, les effets sont plus marqués.
Certains programmes ne permettent plus d’obtenir un permis de travail postdiplôme, ce qui réduit l’intérêt pour plusieurs étudiants. Par exemple, le programme collégial en administration des affaires n’a accueilli aucun nouvel inscrit cette année. «Le programme collégial en administration des affaires a clairement été touché: nous n’avons pas pu lancer une nouvelle cohorte en septembre, ce qui aurait été le cas en temps normal», avance-t-il.
Il rappelle que faire partir du Programme pilote pour les étudiants dans les communautés francophones en situation minoritaire (PPECFSM) permet d’accueillir des étudiants sans qu’ils aient besoin d’une lettre provinciale. C’est une façon de contrer les effets des restrictions.
On observe une baisse générale de l’intérêt pour le Canada à l’international.
D’après M. Tardif, ces politiques de réductions affectent la perception que les étudiants ont du Canada. «On observe une baisse générale de l’intérêt pour le Canada à l’international», souligne-t-il.
Il explique que les universités sont moins actives à l’étranger, se tournant vers le marché national. D’ailleurs, certaines institutions d’autres provinces viennent maintenant recruter en Nouvelle-Écosse, ce qu’elles ne faisaient pas nécessairement avant. Il y a donc, selon lui, plus de compétition sur le plan national.
Il mentionne aussi que les étudiants occupent des postes francophones ou bilingues dans les provinces une fois leurs études terminées. Donc, une baisse des inscriptions signifie aussi une baisse du nombre d’immigrants qualifiés capables de remplir ces postes.
Cela rend le travail de recrutement plus difficile et la vitalité francophone en milieu minoritaire devient de plus en plus fragilisée. «Mais, encore une fois, on espère que le programme pilote pourra aider à combler une partie de ce manque», assure-t-il.
Il précise également que, pour l’instant, la baisse du quota est un dispositif très nouveau. Il indique que l’Université Sainte-Anne continuera le recrutement comme auparavant au Canada.
Malgré l’observation d’une certaine agressivité de la part d’autres universités, en termes de chiffres, il pense qu’il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences à long terme.
D’après lui, l’entente principale avec Ottawa, c’est justement le PPECFSM. C’est le principal levier pour les institutions francophones.
En matière de stratégie, l’Université va se concentrer davantage sur le recrutement local, tout en maintenant ses efforts à l’international.
Elle va réévaluer les marchés qui fonctionnent moins bien et renforcer ceux qui sont déjà solides. L’objectif est de continuer à recruter et de voir si le PPECFSM permettra de compenser les effets des restrictions.
Grâce au PPECFSM, l’Université espère pouvoir accueillir une nouvelle cohorte dans le programme collégial d’administration des affaires dès septembre prochain.
Le Courrier a contacté l’Université de Moncton, mais n’a pas reçu de retour avant la publication de cet article.
