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Les débuts jusqu’à la «retraite»
Daniel a démontré un intérêt pour l’océan dès un jeune âge, obtenant une licence de plongée et se fixant comme objectif de faire partie d’une équipe d’exploration des océans comme photographe à bord.
«J’ai commencé à faire la photo quand j’avais 16 ans. À cette époque-là, j’ai suivi une formation au CÉGEP en cinéma et mon objectif était de faire partie de l’Équipe Cousteau. J’étais déjà plongeur depuis que j’avais 13-14 ans, alors je me disais, “J’aimerais faire partie un jour de l’Équipe Cousteau, d’être caméraman sous-marin”. Sauf que, quand on vieillit, on découvre qu’entrer dans l’Équipe Cousteau pouvait être très très complexe.»
«Mais, j’ai fait beaucoup de photographie au fil des ans et j’ai poursuivi des études dans un autre domaine. J’ai fait un bac en enseignement de l’histoire, une maitrise en éducation et un doctorat en technologie éducationnelle. Ça m’a permis, avec le doctorat par la suite, de partir une entreprise de formation au Québec, où on formait, entre autres, des formateurs, mais aussi où on développait des formations sur mesure.»
«Beaucoup des formations étaient sur vidéo. Comme j’avais déjà une formation de base au niveau cinéma, j’étais toujours derrière la caméra, à faire le tournage, à faire le montage, donc j’ai fait ça toute ma vie.»
«Quand je suis déménagé ici en Nouvelle-Écosse en 2019, là, j’ai fait encore plus de photos. Je m’attendais à prendre une retraite calme et, un moment donné, je suis devenu membre du Bridgewater Photo Club, ainsi que membre du Lunenburg Art Gallery. En tant que membre, on pouvait louer un espace dans le port et il y avait quatre ou cinq tentes, où on pouvait vendre nos photos. Ça, c’était génial, et pendant ce temps-là, les gens achetaient mes photos et j’ai réalisé qu’ils aimaient mes photos!»
D-7024 Dawn Glow, photo prise par Daniel Baril.
«Au Québec, je ne vendais pas de photos. J’en prenais pour mon plaisir personnel. Alors, j’ai continué à en prendre et, quelques semaines après, j’ai reçu un appel d’une propriétaire d’une galerie d’art à Lunenburg et elle m’a dit qu’elle a entendu parler de moi et qu’elle aimerait de m’avoir dans leur galerie. Ça fait que je suis allé avec la propriétaire qui s’appelait Gale Armstrong.»
«Elle a pensé qu’on pourrait avoir une coopérative, et au début, on était cinq artistes au total. On a découvert que c’était quand même assez complexe de partir une coopérative, au niveau légal. Un moment donné, elle m’a dit, “Je sais que t’es entrepreneur… veux-tu avoir la galerie?” J’ai dit, “Je vais y penser.”»
«J’y ai pensé pendant une nuit. J’en ai parlé avec ma femme parce que je prévoyais prendre ma retraite et, tout d’un coup, une nouvelle carrière! Finalement, j’ai décidé que je prendrais la relève.»
«J’ai trouvé un nouveau nom pour la galerie et j’ai gardé les mêmes artistes avec moi la première année. Graduellement je me suis trouvé seul, ça fait que, maintenant, c’est ma propre galerie d’art.»
«Je suis bien content. J’ai du plaisir à gérer cette galerie-là et à présenter mes photos et jaser avec les gens. Donc, c’est comme ça que ça a commencé et, maintenant, je suis là, à la galerie, six jours par semaine!»
Pas seulement une galerie
Grâce à la location de sa galerie, Daniel a la chance de rencontrer beaucoup de gens de partout dans le monde. «Avoir la galerie me permet de rencontrer des milliers de personnes. Lunenburg est une ville très très active au niveau du tourisme et ça me permet d’échanger avec les gens, et moi, j’ai beaucoup de plaisir à partager avec les gens.»
Daniel est aussi présent la majorité du temps à sa galerie, ce qui lui permet d’interagir avec les personnes qui passent par la porte. «Je ne demeure jamais derrière le comptoir. Comparativement à d’autres galeries qui vont peut-être dire “bonjour” et laisser les gens se promener, moi, je dis “bonjour”, je vais les voir et je jase avec les gens parce que je veux les connaitre. Mon objectif n’est pas juste d’avoir une galerie et de faire un certain revenu: c’est de rencontrer les gens et de faire partie de la communauté.»
La galerie à Daniel s’appelle Waves and Light Art Gallery, et, comme dans sa jeunesse, une passion pour l’océan et la nature est toujours présente à travers ses œuvres. «Toute la thématique est reliée à l’océan et la nature. Mes photos sont essentiellement des photos que je prends sur les plages et des photos des alentours de Lunenburg.»
Star of the Sea, photo prise par Daniel Baril.
«J’ai beaucoup de photos de Lunenburg, mais pas nécessairement de la ville. Ça va être des devantures de bateaux, des dories qui sont très populaires ici, et des choses comme ça. C’est aussi des plages. J’habite 10 minutes de Hirtle’s Beach et je fais beaucoup de photos, j’y vais régulièrement.»
Bien que le paysage où il se trouve soit très pittoresque, Daniel essaie de capturer la beauté moins évidente de son environnement. «Mes photos, c’est rarement des photos de paysage. C’est plus concentré, parfois même abstrait, plus des close ups de l’environnement. C’est ce que j’aime faire et les gens, ils aiment ça aussi.»
Ce qu’il essaie de faire dans ses photos, naturellement, comme n’importe quel artiste, c’est de présenter sa vision. «J’essaie d’éviter des grands paysages; moi, quand je me promène, je regarde le sol. Par exemple, y’a un petit lac au-dessus de la plage à Hirtle’s Beach avec l’eau qui ruissèle et ça donne des belles formes comme des feuilles, parfois des dinosaures. C’est incroyable qu’est-ce que ça donne comme formes.»
«J’aime ça d’amener les gens à découvrir mes photos, pas juste une vue d’ensemble. Ce n’est pas rare de voir des gens qui vont demeurer cinq minutes devant une photo. Une de mes photos, on voit les roches sur le bord de la plage et on voit la vague et l’eau qui tombe d’une façon comme s’il y avait des petits bonhommes qui sortaient de l’eau. Là, les gens peuvent regarder pendant assez longtemps et parfois je vois des gens qui ont les larmes aux yeux.»
«Moi, ça me touche que les gens soient affectés émotivement par ça parce que, ce que moi je vois, ce n’est pas la même chose qu’eux voient.»
L’atmosphère et le processus
Créer un environnement où les gens se sentent à la bienvenue et sont à l’aise d’entrer à la galerie semble être un élément important pour Daniel, qu’il essaie d’aborder avec l’atmosphère accueillante de sa galerie. «Il y a beaucoup de gens qui ont peur d’entrer dans une galerie d’art parce que ça peut intimider certaines personnes d’y entrer.»
Wave-Wrapped No. 2, photo prise par Daniel Baril.
«Moi, ce que j’essaie de faire par la vitrine, c’est de mettre des œuvres de différents formats pour que les gens voient qu’il y a des choses accessibles là-dedans.»
L’impression de photos sur papier n’est pas le seul matériau que Daniel a utilisé dans ses créations. Il essaie d’imprimer ses œuvres en gardant à l’esprit que chacun peut avoir un budget différent à dépenser. «J’imprime des photos sur papier de différents formats pour différents budgets. Y’a des gens qui viennent de l’extérieur du pays, qui ont des petites valises et qui veulent juste un petit souvenir, donc ils achètent une photo avec passepartout, qui mesure 8 pouces par 10 pouces.»
Ce qu’il offre aussi aux gens, c’est une variété. «J’ai pensé, il y a deux ans, à offrir des photos imprimées sur aluminium. Les gens adorent ça, et surtout quand on parle d’une photo de l’océan. J’ai beaucoup de photos de vagues où il y a un jet, un rocher avec un jet qui arrive de derrière et on voit des petites gouttes d’eau. Puisque c’est imprimé sur aluminium, c’est encore plus vibrant, plus transparent. C’est presque comme une télévision à très, très haute définition, que les gens me disent. En même temps, on peut presque toucher ou ressentir les gouttelettes.»
Conscient que l’achat d’une grande photo peut être une expérience intimidante, Daniel s’efforce d’aider ses visiteurs à s’assurer qu’ils obtiennent la photo de la taille idéale pour leur maison. «L’avantage que j’ai par rapport à d’autres types de galeries, c’est que, dans d’autres galeries, l’artiste peintre va faire une peinture, ça prend du temps à la créer, on la vend et faut en faire une autre. L’avantage de la photographie c’est que je peux imprimer mes photos à volonté.»
Daniel a aussi créé une variété de produits en utilisant ses photos. «J’ai des casses-têtes que j’imprime moi-même de grande qualité, j’ai des sous-verts en marbre, tous fait à partir de mes photos. Tu peux acheter un produit à 10-15 dollars ou un produit à 3 000 dollars, mais ça va être la même photo qui va être sur un qui va être sur l’autre. Alors, n’importe qui peut emporter la photo de l’océan chez eux, et ils amènent un morceau de la Nouvelle-Écosse chez eux.»
Les connaissances en photographie professionnelle
Entouré d’inspiration tous les jours, Daniel a découvert que la meilleure façon de se lancer dans une expédition photographique est de partir avec une intention précise. «J’habite sur le bord de la mer et disons qu’un jour je veux aller faire de la photo et il y a de la brume. Je quitte, je conduis dans les villes pas loin et, tout d’un coup, je vois les fameuses chaises de couleurs sur les gazons. Mon intention devient des photos des chaises dans la brume! J’en prends plusieurs et c’était ça qu’est devenue mon intention.»
D-7009 Waiting for the Sun, photo prise par Daniel Baril.
L’appareil photo est quand même un outil qui mérite assez d’apprentissages. Daniel en a accueilli de différentes façons. «Depuis peut-être une vingtaine d’années, je travaille avec le numérique et ce que j’ai, c’est une caméra de très bonne qualité avec beaucoup de megapixels; je la maitrise assez bien. On apprend toujours, il y a toujours des petites particularités.»
«J’ai passé du temps aussi sur YouTube, aller chercher des trucs supplémentaires sur l’utilisation de mon appareil. Je fais aussi partie d’un club photo, où on échange beaucoup à notre réunion de tous les mois en personne, et une fois par Zoom, où on échange des trucs et on se donne des ateliers. J’apprends constamment et je vais essayer différentes choses avec mon appareil.»
«Pour être capable de faire ce que je voulais faire, naturellement, il a fallu que j’achète des plus longs objectifs zoom, par exemple 200-500ml pour être capable de rapprocher les vagues. Donc, j’ai un bon équipement pour faire de la photographie. Mais, honnêtement, on peut aussi faire de très belles photos avec un téléphone. L’idée c’est de voir différemment et de capturer ça.»
D-7008 Dory in Reflection, photo prise par Daniel Baril.
«Par contre, avec le téléphone, si je veux rapprocher une photo, c’est assez difficile. Si tu fais l’agrandissement, tu viens de perdre de la qualité. Quelqu’un qui veut faire des photos de paysages, par exemple, un téléphone est excellent. C’est l’artiste qui va faire la recette, peu importe l’appareil. J’apprends à tous les jours et j’essaie de nouvelles choses à chaque fois.»
Les coups de cœur à Daniel sont montés dans sa galerie, où il peut les partager avec les gens qui viennent les voir. «J’en ai deux, trois [photos] dans la galerie qui sont mes préférées. L’une de mes préférées, c’est une photo que j’ai prise dans le port à Lunenburg directement sur le bord du quai. Y’avait un dory qu’était là et j’ai pris juste le devant du dory, vu d’en haut, avec un câble. Après ça, on voit l’océan, qu’est bleu marine, sauf que le dory à donner un effet qui semble comme si l’ombrage a créé un dauphin par dessous du dory. Donc, c’est bleu pâle et bleu foncé, ça, c’est ma préférée. Il y a quelque chose d’abstrait dans ça, de très contemporain.»
Il semble que l’admiration de Daniel pour l’océan et la nature qui l’entoure sera toujours quelque chose qu’il est passionné de capturer et qu’il peut maintenant partager avec tous ceux qui s’arrêtent dans sa galerie. «Quand on prend le temps de marcher lentement, de regarder autour de nous et d’observer autant un arbre, autant quelques feuilles, la mousse par terre, un champignon, on peut en faire une belle belle photo. Faut juste prendre le temps.»
Où trouver ses œuvres
On peut voir les œuvres de Daniel dans sa galerie située au 138 Lincoln Street à Lunenburg ainsi que sur son site Web.
