le Mercredi 3 juin 2026
le Mardi 3 Décembre 2024 7:00 Rubrique - Le fil d'Ariane

Importance de la biodiversité

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Le tamia rayé, un rongeur qu’on trouve au Québec. 
 — PHOTO : Ariane Gleize
Le tamia rayé, un rongeur qu’on trouve au Québec.
PHOTO : Ariane Gleize

La 16e Conférence mondiale sur la biodiversité (COP16) s’est déroulée en Colombie, fin octobre dernier. Elle avait pour but de mettre en œuvre les engagements pris lors de la COP15, pour stopper la destruction des écosystèmes et des espèces d’ici 2030.

Importance de la biodiversité
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C’est l’occasion de parler de biodiversité et de l’importance de la préserver pour notre futur.

Constat de la biodiversité

La biodiversité s’érode à une vitesse alarmante à l’échelle de la planète. Le taux d’extinction des espèces s’accélèrent et la moitié des espèces pourraient disparaitre d’ici un siècle.

Selon Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES), 1 million d’espèces végétales et animales sont menacées d’extinction en raison des activités humaines: artificialisation des sols, pesticides, agriculture intensive, surexploitation des ressources, pollution, introduction d’espèces exotiques envahissantes, etc.

Saviez-vous qu’une espèce d’arbre sur trois est menacée d’extinction? 33 % des massifs coralliens et un tiers des mammifères marins sont menacés, et les populations de vertébrés sauvages ont décliné de 73 % en seulement 50 ans à travers le monde.

Au Canada, environ 650 espèces fauniques ou floristiques sont jugées en situation précaire.

Parmi la biodiversité menacée, il y a la tortue en ponte, au Panama. 

PHOTO : Ariane Gleize

Pourquoi faut-il préserver la biodiversité?

Tout simplement parce que la perte de la biodiversité a des répercussions à tous les niveaux. Et la biodiversité, c’est la vie! Il y a plein de raisons de la préserver.

La protection de la biodiversité est essentielle. Lorsque la biodiversité est en santé, elle permet de faire face aux évènements climatiques et elle s’adapte. Lorsqu’elle est vulnérable. C’est à ce moment-là que les virus et les évènements extrêmes apparaissent. 

La biodiversité permet le bon fonctionnement des écosystèmes. Si une espèce disparait, c’est tout un écosystème qui est menacé. Chaque espèce est unique et irremplaçable.

La biodiversité nous rend plein de services: épuration de l’eau, production d’oxygène, pollinisation, alimentation, protection des sols et des berges, bienêtre, soin par les plantes médicinales, séquestration du carbone par les arbres et les océans… En la détruisant, nous nous privons de tous ces services vitaux!

J’aurais l’occasion de vous en reparler. 

La COP sur la biodiversité

La Conférence des Parties ou COP biodiversité biologique est née lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992. 

Les trois objectifs principaux des COP sont la conservation des écosystèmes, l’utilisation durable des composantes de cette biodiversité et le partage juste et équitable des ressources.

Les pays signataires de cette convention se réunissent tous les deux ans pour définir des orientations, des plans d’action et de suivi pour diminuer l’érosion du vivant.

Quels enjeux et quels résultats de la COP16?

L’objectif premier était de mesurer les progrès réalisés par les États sur la protection de 30 % des terres et des mers, la restauration de 30 % des espaces dégradés, la garantie des droits des populations autochtones ou de réduire de moitié les risques de pesticides d’ici 2030.

Les négociations sur cet objectif n’ont pas abouti. Les décisions ont été reportées à la prochaine COP en 2026. 

Aujourd’hui, dans le monde, 17,6 % des terres et des eaux intérieures et 8,4 % des océans et zones côtières se trouvent aujourd’hui dans des zones protégées.

Le second objectif concernait la question du financement et de la création d’un fonds pour la protection de la biodiversité. Celle-ci reste en suspens.

Un autre objectif a permis de reconnaitre les connaissances et les pratiques des peuples autochtones, des personnes d’ascendance africaine et de leurs communautés comme gardiens de la conservation de la biodiversité et la manière dont elles sont affectées. Ces peuples et communautés pourront désormais participer aux décisions en ce qui concerne la biodiversité, puisqu’ils gèrent plus des trois quarts de la biodiversité mondiale.

Quel est le bilan?

Il y a eu quelques avancées, comme la reconnaissance des peuples autochtones sur la protection de la biodiversité. 

Cependant, cette COP16 reporte encore des décisions fondamentales et vitales pour la survie de nombreuses espèces, dont la nôtre. Le financement de la protection de la biodiversité et le suivi-évaluation des mesures prises n’ont pas abouti du fait que les États n’ont pas trouvé de consensus.

La COP16 aurait pu être l’opportunité de montrer l’exemple en mettant en place des actions réelles. Elle aurait pu pousser les États signataires à prendre des mesures radicales et à investir massivement dans sa protection. Le problème est sans cesse repoussé par les gros lobbys puissants pour ne pas agir aujourd’hui, profiter des dernières ressources et gagner beaucoup d’argent. 

Or, nous faisons partie de cette biodiversité, nous sommes en symbiose avec elle. En la protégeant, nous nous protégeons aussi. Agir au quotidien et à notre échelle est déjà un premier pas indispensable pour permettre notre survie.

À notre niveau, n’hésitons pas à rejoindre des OBNL comme Ecology Action Center, Coastal Action, WWF, NatureQuébec, Équiterre… En ayant une action locale, nous avons l’impression de moins subir et de participer à la protection de la biodiversité. Chaque petit pas compte.