Les provinces atlantiques sont connues comme les moins peuplées du Canada. À titre d’exemple, la population de toutes ces provinces réunies ne fait pas le quart de la population de l’Ontario ni le tiers de celle du Québec, qui, eux-mêmes, sont respectivement les deux provinces les plus peuplées du pays.
Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse à eux deux accueillent 80 % de ces nouveaux arrivants, soit 22 165 nouveaux résidents pour le Nouveau-Brunswick et 19 888 pour la Nouvelle-Écosse. De son côté, Terre-Neuve-et-Labrador vient en troisième position avec 6340 nouveaux résidents et l’Île-du-Prince-Édouard, 4837.
La population du Canada s’estime, en date du 1er juillet, à 41 288 599. Pourtant, la population canadienne était estimée à 40 083 484 habitants en 2023 et seulement 30 685 730 habitants en 2000. Ainsi, au cours des 24 dernières, années la population canadienne a augmenté de 10 602 869 habitants.
Selon Statistique Canada, la migration internationale n’est pas sans implication dans cette augmentation.
Croissance démographique en Atlantique : Comparaison entre 2000 et 2024
| Province | Nombre d’habitants en 2000 | Nombre d’habitants en 2024 | Augmentation en 24 ans |
| Nouvelle-Écosse | 933 821 | 1 076 374 | 142 553 |
| Nouveau-Brunswick | 750 517 | 854 355 | 103 838 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 527 966 | 545 247 | 17 281 |
| Île-du-Prince-Édouard | 136 470 | 178 550 | 42 080 |
| Total | 2 348 774 | 2 654 526 | 305 752 |
Source : Statistiques Canada
Par ailleurs, avec seulement une augmentation de 142 553 habitants en Nouvelle-Écosse en 24 ans, cette province est loin d’atteindre les 2 millions d’habitants d’ici 2060, comme le gouvernement le souhaiterait. Quoique cette province ait atteint un million d’habitants en 2021, le gouvernement souhaite vivement doubler la population en moins de 40 ans.
Soulignons qu’il faut en moyenne plus de 25 500 habitants nouveaux résidents en Nouvelle-Écosse par année pour atteindre cet objectif. Pourtant, durant les 24 dernières années, la Nouvelle-Écosse a accueilli en moyenne seulement 5939 nouveaux résidents par année.
Colton LeBlanc, ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie.
La Nouvelle-Écosse veut grossir sa population, notamment en accueillant des francophones, et ce, dans l’immédiat. Lors de la Semaine de l’immigration francophone en novembre 2022 au campus de la Pointe-de-l’Église de l’Université Sainte-Anne, le ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie, Colton Leblanc a présenté le nouveau plan d’action intitulé «La croissance de la population francophone de la Nouvelle-Écosse, un plan d’action pour le succès : 2022-2025».
Il faut convenir qu’en dépit de cette augmentation due à la migration internationale, non seulement la population des provinces atlantiques demeure vieillissante, mais aussi ce sont les grandes villes qui accueillent la majorité des nouveaux résidents.
Il s’agit d’Halifax ou la municipalité régionale du Cap-Breton pour la Nouvelle-Écosse, le Grand Moncton pour le Nouveau-Brunswick, Saint John’s pour la Terre-Neuve-et-Labrador et Charlottetown pour l’Île-du-Prince-Édouard. De plus, toutes ces provinces comportent un ensemble de petites villes qui ont moins de 10 000 habitants.
Il importe de souligner que les habitants des provinces atlantiques font face à de grands besoins par rapport à cette croissance démographique. Les problèmes de logement, de garderie, de médecins de famille, etc., demeurent de grands défis en Atlantique.
Par exemple, ces provinces n’arrivent pas à retenir les jeunes infirmières qui y ont œuvré. Selon l’Institut économique de Montréal, le taux de démission des infirmières de moins de 35 ans en Atlantique au cours des derniers mois s’élève à 80 % au Nouveau-Brunswick, 60 % en Nouvelle-Écosse, 50 % à Terre-Neuve-et-Labrador et 44 % à l’Île-du-Prince-Édouard.
