le Mercredi 3 juin 2026
le Mercredi 17 juillet 2024 12:00 Rubrique - Le Carrefour des Francophones

France Daigle et son apport à la littérature acadienne et francophone

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France Daigle reçoit le Prix du Conseil International d’Études Francophones pour sa contribution exceptionnelle au développement des études francophones dans le monde.  — PHOTO: Nazaire Joinville
France Daigle reçoit le Prix du Conseil International d’Études Francophones pour sa contribution exceptionnelle au développement des études francophones dans le monde.
PHOTO: Nazaire Joinville

Mon dernier séjour à Moncton, au Nouveau-Brunswick, du 23 au 28 juin dernier, m’a été très fructueux. C’est un déplacement que j’ai fait certes pour participer à la 38e édition du Congrès international d’études francophones, mais ce congrès m’a aussi permis de découvrir la richesse de l’œuvre de France Daigle et son apport à la littérature acadienne, voire francophone.

France Daigle et son apport à la littérature acadienne et francophone
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Ainsi, je trouve utile de présenter succinctement cette personnalité aux lecteurs(trices) du Courrier. 

D’emblée, France Daigle est née et a grandi à Moncton.  Pendant sa riche carrière, elle a publié une dizaine de romans et trois pièces de théâtre. France Daigle est très connue et respectée en Acadie non seulement par sa riche production en langue française, mais aussi et surtout par le fait qu’elle a été la première personne à utiliser le chiac dans son œuvre. 

À un moment où le chiac, par son illégitimité, mettait ses locuteurs(trices) dans une situation d’insécurité linguistique, Daigle l’a utilisé dans ses dialogues écrits. En fait, le chiac est une variété du français acadien parlé notamment au sud-est du Nouveau-Brunswick. 

Considérée comme la principale représentante du postmodernisme en littérature acadienne, Daigle a remporté beaucoup de prix pendant sa carrière. Les plus prestigieux sont : le prix Pascal-Poirier en 1991, décerné par le gouvernement du Nouveau-Brunswick; le prix France-Acadie, qu’elle a reçu en 1998 pour son roman Pas Pire; le prix Antonine-Maillet-Acadie Vie en 1999; le prix Éloize en 2001 puis en 2002 pour le roman Un fin passage; le Prix du lieutenant-gouverneur, qu’elle a reçu en 2011 pour son excellence artistique en littérature de langue française; et le Prix littéraire du Gouverneur général en fiction de langue française, qu’elle a remporté en 2012 pour son roman Pour sûr

Un échantillon de l’œuvre de France Daigle. 

PHOTO: Nazaire Joinville

Le dernier prix que la native de Moncton a remporté, et ce dans sa ville natale, en juin dernier, est le Prix du Conseil International d’Études Francophones pour sa contribution exceptionnelle au développement des études francophones dans le monde. De surcroit, deux sessions du dernier Congrès international d’études francophones ont été consacrées exclusivement à l’œuvre de France Daigle. 

Tous ses romans, notamment Pour sûr et Pas pire, ont été l’objet d’analyse de différents spécialistes en littérature. Nombreux sont des chercheurs(euses) de la francophonie qui étaient émerveillé(e)s de découvrir France Daigle et son apport à la littérature acadienne, voire francophone. L’œuvre de Daigle est, certes, rédigée en français, mais trouve son écho au Canada anglais et à l’international. 

Par ailleurs, le roman pour lequel l’auteure est devenue plus célèbre est Pour sûr, paru en 2011 aux Éditions du Boréal. Cet ouvrage, qui fut traduit en 2013 par Robert Majzel, est «une somme encyclopédique, un labyrinthe, une exploration de la folie des nombres, un précis de typographie, un reliquaire, une défense et illustration de la langue chiac, une réflexion sur les cultures minoritaires et leur obsession linguistique, un jeu de pistes, le roman d’un pays et de ceux qui l’habitent». 

Il convient de souligner que Daigle est dotée de multiples chapeaux. En plus d’être romancière dans le milieu francophone du Canada, elle est aussi connue comme dramaturge, poète et chroniqueuse. Pour ce dernier titre, elle a marqué son passage notamment dans le quotidien L’Évangéline.