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Melissa: Mais, hallo!
Marc: Comment ça va?
Mel: Bonne et toi?
M: Mais, ça va alright!
Mel: Good! Merci pour être là aujourd’hui, shu fière à te parler une miette à l’égard de ton parcours en musique, pis en écriture!
M: Ah, merci à toi. Shu tout le temps content de parler à l’égard de ça avec n’importe chi.
Mel: Merci, c’est great. Ça fait qu’on va starter avec yousse que t’as grandi, pis quand c’est que tu te souviens que la musique est entrée dans ta vie?
M: Bein, j’ai grandi au Petit-Ruisseau et pis, je veux dire, je savais que la musique existait, je savais qu’il y avait du monde qui jouait de la musique. Mais, je me souviens vraiment bonne en 1990, c’était la première fois que j’avais entendu la tune «Thunder Struck» par AC/DC. Ça rinque cliqué avec moi, pis après ça, c’était comme, «OK, cecette, c’est awesome.»
Ç’a pris cheuques ans avant que je commence à jouer… dans 1990, j’avais huit ans de vieux. So, par le temps que j’aurais eu 12 ans de vieux, j’écoutais la musique assez que c’était venu que je voulais commencer à apprendre comment jouer de la musique itou, poin rinque l’écouter.
Ma famille à moi, c’était poin une famille de musiciens. C’est poin comme si que mon père et mon grand frère étaient musiciens, pis que je m’aurais eu intéressé, pis qu’ils m’ont montré comment jouer. C’était poin de même, je m’ai manière d’intéressé dedans moi-même.
Marc à Paul à Jos sur scène.
Mel: Obviously, tu ne voyais pas ça comme trop d’un challenge d’aborder l’apprentissage de la musique tout seul. Tu voulais rinque si tant le faire?
M: Ouais, ça m’intéressait trop pour poin vouloir l’essayer. Pis une fois que j’ai commencé, ça me baillait une rush de pouvoir apprendre comment jouer de quoi, surtout si que y’avait une tune que t’aimais vraiment, pis que t’apprenais comment la jouer. C’était, comme, cent fois meilleur que l’écouter!
Mel: Complètement! Avais-tu des bands dans la high school? Yousse que ta musique t’a emporté après que t’as braqué?
M: Ouais, j’ai commencé à m’amuser sur la guitare, pis ç’avait venu à un point que les chums que j’allais à l’école avec – y’avait Charles Robicheau, les bessons, Simon et Françis –, zeux étions en train de jammer ensemble pis ils avions poin de bass player. Ça fait que je m’ai décidé d’acheter une bass, pis j’ai commencé à jouer là-dessus. Quand j’avais commencé à jouer la bass, ç’avait cliqué même plus. J’aimais ça même plus que la guitare. J’ai braqué à écouter du Rush itou, des bass players comme Steve Harris et Geddy Lee. C’était comme, «Ah, ouais, du bass, ça peut être vraiment intéressant dans de la certaine mode de musique».
Mel: Awesome! Ça fait que t’as commencé la bass dans la high school. Quand dirais-tu que t’as manière de starté à écrire des tunes?
M: Bein, à la high school, on jouait ensemble. La band, c’était appelé Euphoria et on a joué pour une ‘tite élan, pis là, j’avais été au collège. J’étais à Dalhousie, à Halifax, pis j’avais pris mon cours de engineering, pis j’avais rencontré des boys là. C’était dans ma troisième année que j’ai braqué à jammer avec une couple de boys là.
À ce temps-là, c’était tout rinque des covers tunes. On était poin en fait d’écrire des tunes. On jouait beaucoup des tunes de Rush pis de Led Zeppelin. Avant ça, j’étais vraiment poin un chanteur, mais au collège, c’était quand j’ai décidé que j’allais chanter toute lead, moi.
Au collège, on a fait, comme, deux gigs ever. C’était rinque de quoi pour nous amuser, mais c’était le fun. On était les trois de nous autres au collège. On était tous busy avec le collège, ça fait que c’était poin comme on pouvait aller full tilt là-dessus.
Quand j’avais gradué du collège, j’avais joué une miette de musique avec Jason Saulnier, pis là, j’avais mové à Vancouver en 2005 après que je m’avais fait offert une job par là, pis j’ai resté là pour 12 ans. Ça fait que, une fois que j’ai braqué à connaître du monde par là, dans comme 2007-2008, j’avais rencontré un boys qui jouait la guitare, pis là, on a rencontré un drummer et on a starté une band, pis c’était à ce temps-là que j’avais braqué à écrire des tunes. C’était des tunes de heavy metal. C’est moi qui jouais la bass, pis je chantais lead.
Mel: Right on, pis c’était des tunes écrites en anglais?
M: Ouais. Faut que tu saves, quand moi j’étais à la high school, la musique en français, je voulais rien entendre parler de ça. Ça m’intéressait pas du tout. Je trouve que la musique en français asteur, c’est wêllement plus diverse que c’était avant. Par exemple, y’a beaucoup de monde qui chante avec leur accent asteure. Avant, on dira que c’était poin tant, en général.
Ça fait que, les tunes que j’écrivais pour ma heavy metal band étions en anglais. C’était en essayant d’écrire des tunes quand j’avais eu l’idée d’écrire du folklore de chez nous. J’avais eu l’idée de faire une tune à l’égard de Rugged Ray, et pis ça travaillait poin vraiment à le faire en anglais. Les paroles que j’avais étaient plus [pour] une country tune, itou.
Ma femme m’avait acheté une mandolin tcheuques années avant tout ça; y’avait une fois qu’elle m’avait demandé: «Tu joues la bass, tu joues la guitare. Si y’aura un troisième instrument que tu voudrais apprendre, quoisse ça serait?» Pis, j’ai dit: «Baoute la mandolin!»
So, j’ai braqué à m’amuser là-dessus et pis là, c’était rendu que je pouvais jouer la guitare, je pouvais jouer le bass pis je pouvais jouer la mandolin; technically, je pouvais recorder une tune manière de country/bluegrass rinque avec stes instruments-là. Quand j’avais recordé la tune, je l’avais rinque envoyé à tcheuques de mes chums et mon père, pis ils trouvions que c’était cool.
Ça fait que ça m’avait manière d’encouragé d’en faire tcheuques de plus. So, j’avais braqué à écrire d’autres tunes, pis là, finally, j’avais un whole album. Je l’avais sorti à la fin de 2013, pis à ce temps-là, je croyais que ç’allait rinque arrêter là. Bein, vraiment, je l’ai manière de fait comme une joke, tu sais?
Marc à Paul à Jos sur scène en Louisiane.
Mel: Je comprends, pis c’est une jump de ton stuff typique, de heavy metal, à du country/bluegrass. Ça se peut-il que l’influence des sujets de tes tunes a manière influencé le style, pis la manière qu’ils sortions? À cause, chez-nous, comme tu sais, y’a beaucoup de bluegrass, folk, country…
M: Ptête-eur-bonne, ouais, mais après, j’avais fini la high school pis, quand j’avais dans mes vonnes, disons, j’avais remarqué que y’avait beaucoup des vieilles tunes de country que je trouvais qu’étions intéressantes, surtout à cause des lyrics dans les tunes. Je trouvais que c’était des bonnes lyrics. C’est comme des histoires que ça conte.
Pis, pour de la musique en français, quand j’étais jeune, les seules chansons qui cliquaient avec moi, c’était les tunes à Baptiste. Il chantait juste comme qu’on parle, pis il contait des histoires. J’aimais le concept d’une tune qui conte une histoire. So, c’est comme des vieilles tunes de country améritchaine pis des tunes à Baptiste qui m’avaient manière de pousser à croire: «Sais-tu quoi? C’est OK si je record des tunes en français, pis que je le fais en acadjonne.»
Pis au temps, je l’avais fait manière pour, comme, une joke, à cause je croyais qu’il allait avoir personne qu’écoutait à ça. Mais, le monde a braqué à aimer ça, et ils aimions ça pas mal. Pis ça qui m’a vraiment surpris, c’est je savais que le monde de par chez-nous aimerait peut-être ça, mais ça flyerait poin en nulle part d’autre. Mais y’a du monde au New Brunswick qu’aimions beaucoup ça itou. So, je crois bein si j’aurais su ça, je l’aurais ptête pris une miette plus au sérieux. Du temps je le faisais, j’étais rinque en fait de m’amuser. Mais je crois bein que c’est ptête une bonne affaire.
C’est poin une affaire pour moi, «Je veux rinque faire la musique si que le monde aime ça». Moi, j’étais toujours, «Je vais faire la musique que moi j’aime et pis, si que d’autre monde aime ça, great, mais si poinne, well, je vais m’enjoyer à faire ça que moi j’aime de faire.» J’ai sorti six albums pis j’avais passé cent tunes, plus une double live album itou. So, c’est bascially de même que ça arrivé!
Mel: Ouais! Pis, tes tunes sont toutes inspirées de yousse t’as grandi, dirais-tu?
M: Ouais. Y’en a beaucoup que c’est à l’égard de par chez nous, c’est à l’égard de yousse j’ai grandi, c’est à l’égard de du monde que j’ai connu. Mais, tous les temps en temps, y’a de quoi qui va arriver en tcheuque part, pis je peux rinque poin m’empêcher d’écrire une tune à l’égard de ça. J’avais fait un tour de la France pis de la Suisse en 2018, pis y’a at least une couple de tunes qu’ont sorties de ste trip-là. Comme, j’avais fait une tune: «Y’a poin d’Alpine dans les Alpes».
Mel: Trop bon! On dira que tes tunes te viennent naturally; du stuff que t’aperçois ou qui te fait manière de rire. Pis la transformation de ça en tune, dirais-tu que ça te vient assez naturellement?
M: Ouais, je crois que ouais. J’ai tout le temps été pas mal carnassier. J’avais des enseignants à l’école qui m’aimaient, mais ils trouvions que je pouvais être le djable, des fois. Je faisais tout le temps des belles marques à l’école, mais je faisais le carnassier, des fois, itou.
Mel: Une miette des deux! Ça fait que contchonnes-tu à écrire de la musique stes jours-icette? C’est toujours de quoi qu’est présent dans ta vie?
Marc à Paul à Jos.
M: Ouais, c’est tout le temps dans le derrière de ma tête. Tout le temps, tout le temps. Je suis tout le temps en train d’écrire des notes. Des fois, ça peut prendre un élan avant que ç’arrive dans une tune. Je le mets rinque d’un bord.
En 2017, on a mové à New-Brunswick, pis j’ai devenu une miette plus busy avec des gigs. J’écrivais encore des tunes pas mal, mais poin autant vite qu’avant. La vie était plus busy, fallait pratiquer pour faire les live shows. Pis là, avant que mon garçon avait été né en 2021, j’ai fait une whole bunch de stuff; si j’avais une tune qu’était rinque à moitié finie, si y’avait de quoi que j’avais braqué à recordé, n’importe quoi qu’était on the back burner, je l’avais fini. J’avais travaillé fort pour finir toute, toute, toute, pis là, une fois que mon gars a été né, je m’ai dit, je vais ptête manière de prendre une miette d’un souffle de tout ça pour asteure. Je faisais encore des gigs quand même, mais c’était comme, on a un petit gars icette, ça fait que je vais passer plus de temps à être un père asteure.
Le Noël qui fait rinque de passer icette, mon père a mourit et pis on dira que, quand chesin dans ta famille mourt, ça te fesse vraiment fort. Ça m’a vraiment fessé ste fois-icette. C’était comme, en tcheuque temps, c’est mon tour.
Mon père aimait beaucoup ma musique. Il m’envoyait pas mal des idées; il pouvait poin écrire des tunes, mais il me callait, des fois, pis il disait: «Tu devrais de faire une tune à l’égard de ça icette.» C’était des tunes basées sur des histoires qu’il m’avait conté quand j’étais jeune ou, des fois, c’était des affaires comme des jokes qu’il me disait quand j’étais jeune. J’essaie d’incorporater ça autant que je pouvais; des vieilles expressions que mon père disait ou des vieux mots que mon père disait, j’essayais d’en mettre autant que possible.
Ça fait que j’ai pensé mon père voudrait que je contchaine à faire d’autres tunes. Je commençais back par les petits à écrire d’autres tunes. J’avais sorti une couple d’affaires plus tôt st’année, j’avais fait une jingle pour Chez l’Ami à La Pointe (Pointe-de-l’Église). Pis j’avais fait une theme song pour les boys de Clare après y fait noir, itou. Stes deux petits snippets-là, c’était la première fois que j’avais recordé de quoi dans basically quatre ans.
Mel: Wow! Ça, c’est des façons le fun à rentrer back!
M: Ouais! C’était le fun. Ils étions contents. Pis, bein sûr, quand tu travailles là-dessus, tu braques à regarder dans les notes que t’avais, pis c’est comme, «Oh ouais, faudrait que je fasse ste tune-là, faudrait que je fasse sterlà.»
Mel: Bein, ça, c’est awesome. J’ai hâte d’entendre ça que tu vas sortir next.
Faut certainement mentionner ton projet que tu viens de lancer le plus récemment, ton livre L’éléphant de Néguac! Félicitations là-dessus!
M: Ouais, merci! C’est l’année que mon gars avait été né, j’avais recordé une bunch de stuff pour faire un album, pis j’avions filmé le music video que j’avais fait pour «L’Éléphant de Néguac». Pis, à ce temps-là, j’étais beaucoup en train de lire des livres à mon petit gars, pis le plus que j’en lisais, le plus que je pensais que ma tune, «L’Éléphant de Néguac», ça fra un bon livre pour des enfants. Ça y’a trois ans de ça, mais ç’avait pris basically trois ans à trouver chesin qui voulait le publier.
Couverture du livre à Marc, L’Éléphant de Néguac.
Je crois qu’il y a plusieurs de raisons pour ça; j’avais jamais publié de livre dans ma vie. L’autre affaire qui baillait une miette plus de misère, c’était que je voulais que le livre soit écrit comme que je parle. Y’en avait qu’avait manière de dit, «Si qu’on le fait, faudrait que ça soit tout traduit en français standard…», pis ça, ça m’intéressait poin du tout; ç’aura poin été la même affaire.
Y’en avait d’autres que c’était une rule que, si qu’ils sortaient un livre en français, fallait qu’ils sortent le livre en anglais premier et pis là, le sortir en français. Dans ste cas-là, c’était comme, non, les punch lines travaillent poinne en anglais, ça travaille rinque poinne.
J’avais presque abandonné, mais y’avait chesin que j’avais rencontré à la fin de l’année passée, pis il avait publié un livre et pis il m’avait mentionné dans son livre. Pis je l’ai demandé qui qu’avait publié son livre et il m’a montré, et je les avais poin contacté, zeux, encore. J’avais poin dans l’idée qu’ils allions dire ouais! Ils m’ont venu back. Cecette, c’est Les Éditions de la Francophonie à Caraquet, et ils ont dit qu’ils pouvaient le publier en acadjonne comme je le voulais, ils mettrons rinque un lexique à la fonne qui expliquerait tout.
Mel: Vraiment cool! Te vois-tu faire d’autres livres?
L’auteur, Marc à Paul à Jos.
M: Vraiment, je suis sûr qu’il y a plusieurs de mes tunes que ça se fra dans des livres. Surtout à cause, on dira quand j’écris des tunes, j’ai des portraits dans la tête. C’est poin rinque des random paroles, ça conte une histoire. Pis, on dira si que je peux voir le movie jouer dans ma tête, c’est une tune de même que j’aime. Ça pourrait aisément se faire dans un livre, faut rinque que du monde s’intéresse à le faire avec moi. Ça prend chesin à t’aider à le mettre ensemble.
Mel: Bein, j’espère que le monde va s’intéresser à faire ça, pis qu’on puisse ware quoisse tu sors next!
Pis, finally, Marc, je demande tout le temps aux artistes avec qui je discute de donner conseil à notre lectorat. Quoisse tu dirais au monde qui veut se lancer dans l’univers des arts?
M: Ouais. Surtout pour de la musique: essayez de faire de quoi que nia rinque toi qui peux le faire juste de même. Essaie poin de copier chesin d’autre; il y a beaucoup de monde qu’essaie pis qu’essaie de sonner comme leur hero. Ils voulons sonner comme Randy Rhodes, ils voulons sonner comme Eddie Van Halen, mais c’est comme, non, sonne comme toi.
So, essaie d’être toi, essaie de faire de quoi que nia rinque toi qui peux le faire juste de même, pis de quoi qui fra de la misère pour chesin d’autre à copier. Pis, ça peut être compliqué, mais ça poin nécessairement besoin d’être compliqué. Je me trouve poin le meilleur musicien au monde, pis je me trouve poin le meilleur chanteur au monde, mais j’essaie de pouvoir dire que ça que je fais, ça vient de moi.
C’est poin tout le monde qui va aimer ça que tu fais, mais quitte la poin te décourager. Si tu veux essayer de faire de quoi, si t’essaies de te trouver une gig, si t’essaies de trouver chesonne à recorder un album, si t’essaies de trouver chesonne à publier un livre pour toi, pis ils disons non, quitte la poin te décourager. Contchonne à aller, ça viendrait.
Légende de mots acadien:
hallo – bonjour
shu – je suis
miette – peu
pis – et
chi – qui
yousse – où
Bein – bien
bonne – bien
rinque – seulement/simplement
cecette – ceci
neux – nouveau
Chai poinne – Je ne sais pas
icette – here
cheuques – quelques
itou – aussi
poin – pas
baillais/bailler – donnais/donner
asteure – maintenant
braqué – commencé
chums – amis
bessons – jumeaux
ptête – peut-être
saves – saches
wêllement – beaucoup
poinne – pas
sterlà – celui/celle-là
quoisse – qu’est-ce que
Ptête-eur-bonne – Ça se peut
Baoute – probablement
‘tite élan – un moment de temps
en fait – en train
vonnes – vingtaines
améritchaine – américaine
acadjonne – acadien
Ouais – oui
stifait – pourquoi
contchenu – continué
contchaine – continue
chesonne/chesin – quelqu’un
carnassier – espiègle
djable – diable
monne – main
grou – gros
quinzou – 15 aout (Festival acadien)
mourit – est mort
mourt – meurt
jetter – attendre
tchindre – tenir
paré – prêt
fra – ferait
zeux – eux
cecette – ceci
fonne – fin
aisé – facile
ware – voir
nia – il y a
