le Vendredi 25 septembre 2026
le Vendredi 25 septembre 2026 11:00 Rubrique - Nos arts de côte à côte

Nos arts de côte à côte – Natalie Robichaud

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Natalie Robichaud.  — PHOTO: Archives
Natalie Robichaud.
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Conteuse d’histoire passionnée, Natalie partage ses idées avec nous à travers l’écran, toujours ayant son chez-nous en tête comme inspiration.

Nos arts de côte à côte – Natalie Robichaud
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Type de contenu: Rubrique

De la danse à la création de films

«Je crois que mon côté artistique est vraiment venu de la danse», explique Natalie Robichaud, réalisatrice de films qui vient de lancer sa deuxième œuvre, Le plaisir c’est les mettre. «C’est là que j’ai appris la artistic expression, en travers le mouvement.»

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Elle a vraiment pu s’entourer d’un monde d’art et de culture avec sa danse, commençant à un jeune âge, jusqu’à la Baie en Joie, jusqu’à faire des tournées avec le groupe Grand Dérangement.

En plus de son amour pour la danse, Natalie a toujours aimé écouter une bonne histoire et elle croit vraiment que raconter ces histoires-là est une forme réelle d’expression artistique.

«Dans Clare, shon des conteurs d’histoires, dit Natalie. C’est pas nécessairement reconnu comme une discipline artistique, mais ça l’est!»

De plus, en racontant les histoires, Natalie explique que c’est aussi une manière de préserver des traditions et la culture. 

«On dirait j’ai rinque tout le temps aimé une bonne histoire et de conter une bonne histoire, pis c’est par hasard que j’ai fait mon premier film. Ça aurait facilement pu être un livre, avoue-t-elle. Mais, j’étais dans la bonne place au bon moment que je l’ai pitché et que mon idée a été mise dans un film.»

Les idées à Natalie commencent en forme d’histoire et, ensuite, elle poursuit son processus en se demandant la façon dont cette idée sera présentée. «Le film est toujours plus le fun parce que t’as le visual, les acteurs et la musique,» dit-elle. 

Elle avait toujours le goût de raconter l’histoire des musiciens de Saulnierville Station et de Clare, et c’est ce qu’elle a fait avec son premier film, Trécarré. 

Non seulement elle a eu la chance de capturer un morceau de l’histoire de Clare, elle a pu apprendre beaucoup en le faisant. 

«Partie de la deal de faire Trécarré, c’était du mentoring. Ça fait que j’ai eu du mentoring à propos de, comme, écriture de scénario, caméras, DOP, toute ste stuff-là, explique Natalie. Après que j’étais dans st’univers-là, je me suis dit, “OK, faire des films, c’est vraiment cool.”»

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Bien qu’il est amusant de réaliser des films, l’industrie n’est pas facile. La production des projets coûte cher, sans compter les frais supplémentaires pour les caméras, les lumières, l’embauche de l’équipe de tournage, et la liste continue. 

«Ça le rend un peu moins accessible comme médium, mais c’est quelque chose qui m’intéresse, so, je vais essayer de continuer à travailler dedans,» dit-elle.

Affiche promotionnelle «Le plaisir c’est les mettre». 

PHOTO: Facebook - Société acadienne de Clare

Essayer de quoi de différent

Sa première œuvre était dans le style du documentaire. Pour l’organisation du projet, il fallait surtout se focaliser sur la préparation de questions pour la personne avec qui elle faisait l’entrevue. 

Il y avait pourtant un moment dans cette œuvre où ils ont filmé une scène recréée qui s’est passée dans les années 1940, et Natalie a vraiment aimé faire le travail pour ce type de scène. 

«Faulait story-boarder, fallait figurer out comment qu’on allait shooter la scène, pis j’avais adoré ça, pis je voulais en faire plus, explique Natalie. So, c’est stifa que ste deuxième film-icette, c’est de la fiction.»

Même si le film est une histoire fictive, son récit est certainement inspiré par la culture et les coutumes de la Baie Sainte-Marie que Natalie observe. «Si je continue à écrire de la fiction, ça va toujours être inspiré de nos histoires à nous autres, dit-elle. Comme là, c’est des lignes à hardes, pis comment nous autres on met des hardes sur la ligne.»

Natalie avoue qu’elle a toujours trouvé les lignes à hardes belles, que l’on peut observer plein de choses: le placement des hardes, les couleurs que l’on voit en premier, la taille des hardes… Et une fois fini, «ça danse dans le vent». 

Ayant toujours des bouts d’histoires dans sa tête, Natalie choisit d’explorer son amour pour les lignes à hardes grâce à une bourse qu’elle a obtenue pour la création d’un autre film. La préparation et l’écriture se sont faites avec un peu d’aide d’experts sur le sujet.

«La façon que j’ai écrit celui-ci, c’est que j’ai juste interviewé une bunch de femmes à une table de tchuisine, explique Natalie. J’ai juste posé des questions, comme, “comment est-ce que vous mettez les tchulottes, comment vous mettez les sweaters et tout ça. On a recordé la conversation, transcrit ça et on a fait des scripts par rapport à ça.» 

Ce film est alors un docu-fiction: une histoire de fiction inspirée de paroles réelles.

Ce que ta ligne à hardes dit à propos de toi   

Bien que le film soit complété, Natalie avoue qu’elle ne se proclame pas comme experte en ligne à hardes, mais pas mal proche! 

«J’ai quand même beaucoup parlé about ste sujet-icette dans la dernière année,» dit-elle. Elle a rencontré du monde qui ne met pas de ligne à hardes pour, apparemment, aucune raison. Elle a rencontré du monde qui, depuis toujours, n’utilise que la ligne à hardes pour sécher leurs vêtements  – même pendant l’hiver. 

Pleines de questions pourraient suivre l’histoire des lignes à hardes… la pratique de placer les hardes sur la ligne est-elle parce que Clare est une communauté rurale? Est-ce que c’est parce qu’il s’agit d’une pratique intergénérationnelle? Est-ce que c’est une chose acadienne?

Suivant la présentation du film à l’Université Sainte-Anne, une discussion avec la foule a eu lieu et des commentaires assez fascinants ont été soulevés.

«Jocelyne Comeau ç’a levé la main et elle nous a dit: une fois, j’avais une roommate qui venait du Cap-Breton et elle m’avait dit, “I can tell you’re Acadian by the way you hang your clothes,” raconte Natalie. J’ai pensé, “Oh, ça c’est intéressant, y a t’il une façon acadienne de mettre ses hardes sur la ligne?” C’est tellement intéressant. C’est très personnel, la façon que le monde met leurs hardes sur la ligne, pis c’est beaucoup basé sur la façon que leurs parents le faisaient.» 

Les coutumes de lignes à hardes changeaient même de village en village dans Clare. Natalie donne l’exemple des personnes qui restaient à Meteghan et qui ne pouvaient pas mettre leur hardes sur la ligne pendant la semaine parce que le moulonne des Edmund faisait de la boucane toute la journée. Alors, les gens de Meteghan mettaient leurs hardes sur la ligne en fin de semaine. 

Il y avait un temps aussi qu’une ligne à hardes, ou l’absence d’une ligne à hardes, indiquait une classe sociale. Les gens qui avaient plus d’argent mettaient leurs hardes dans la sécheuse ou avaient des personnes à faire la laverie pour eux. 

Continuer à conter des histoires

Natalie Robichaud ne s’attend pas à faire une suite (sequel) de son film Le plaisir c’est les mettre, mais elle espère que les gens continuent d’en discuter, et peut-être même de l’essayer eux-mêmes.

«Il y avait assez de jeunes dans leur vingtaine qui ont venus regarder le film, et je me demandais si, eux, vont s’en aller et mettre des hardes sur la ligne; est-ce que ç’a eu un impact? Je suis curieuse», dit-elle.

Natalie demeure une personne créative à travers sa myriade d’idées de films et de danses. Il est possible de la trouver pendant une soirée de danse câllée de la Baie — la prochaine se tiendra le 6 octobre — en train de guider les gens sur la piste de danse. 

Des conseils de la créative Natalie Robichaud quand il vient à se lancer dans le monde des arts?

«Fait la!, encourage-t-elle. On vit dans un monde où, de plus en plus, on est sur les médias sociaux et on se compare beaucoup. Je crois qu’il y a quelque chose de super toxique dans ça. Faut rinque faire du stuff. Pis, des fois, c’est beau ou poin beau, ou ça fait poin de suite, mais si c’est un besoin, si tu veux faire de l’art, fait de l’art.» 

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