Type de contenu: Critique
Une occasion pour lui de témoigner des évolutions qui sont apparues au fil du temps et de se livrer plus intimement dans ce qui est, à ce jour, l’un de ses récits les plus personnels.
«Les souvenirs sont venus au fur et à mesure, expose M. LeBlanc. Je me suis rappelé des dictateurs, comme Adolf Hitler, Mussolini, de personnes comme le père Léger Comeau, qui a été président de la Société nationale des Acadiens (SNA) et de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), et ensuite des jeunes qui prennent la relève, comme Natalie Robichaud, par exemple, et d’autres plus jeunes.»
Choisissant de rédiger son livre de façon chronologique, l’auteur, né en 1929 à Saulnierville, ouvre son récit sur la période de la Grande Dépression (1929 à 1939), puis poursuit avec celle de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945).
Il y raconte ses années au Collège Saint-Anne, dont il est sorti diplômé en 1947, avant de faire carrière à la Banque royale du Canada, puis à la Société d’assurances l’Assomption-Vie. «J’y ai été de 1955 à 1992, témoigne-t-il. Ensuite, la relève a été prise par mon fils, Maurice. Alors, on a été le visage de la Société d’Assomption pendant plus de 60 ans.»
Le livre fait aussi preuve de certaines de ses implications associatives qui ont joué un rôle important pour la culture acadienne, et notamment pour Le Courrier de la Nouvelle-Écosse. En effet, en 1971, alors qu’il était membre de la FANE, il a participé, avec son conseil d’administration, à la sauvegarde du journal, encore intitulé à l’époque Le Petit Courrier, pour qu’il ne disparaisse pas après le départ à la retraite de Désiré d’Eon, son fondateur.
Autre avancée significative pour la communauté acadienne qu’il relate dans son livre, sa présence à la Convention régionale du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, en 1934. Pour la première fois, cette réunion a permis de discuter «des problèmes et des espoirs que nous avions, et également de rappeler aux autorités leurs obligations».
J’ai voulu démontrer que des désastres pouvaient être tournés en opportunité de bienfaisance.»
De même, il se souvient que c’est la Société d’Assomption qui a signé le contrat pour acquérir le terrain sur lequel l’Église commémorative de Grand-Pré est située aujourd’hui. «J’ai voulu démontrer que des désastres pouvaient être tournés en opportunité de bienfaisance», exprime-t-il, en repensant notamment à la catastrophe maritime, racontée dans son deuxième livre, De la Baie Sainte-Marie à la mer des Caraïbes, qui a couté la vie à 264 personnes et, parmi elles, sa plus jeune sœur.
«Depuis plus de 50 ans que ma sœur est disparue, la paroisse de Saulnierville a aidé des gens des Caraïbes en envoyant plus de 50 000 $. Ils établissent leurs priorités et, avec la générosité des paroissiens de Saulnierville, nous pouvons leur permettre de réaliser des projets importants pour leurs écoles.»
Toutefois, malgré tous ces évènements historiques qu’il relate, il admet que l’écriture de ces mémoires s’est avérée plus délicate que celle des précédents, car c’était la première fois qu’il se livrait de façon aussi intime. «Dans mes premiers livres, je racontais l’histoire d’autres personnes. C’est pas dans ma nature de parler de moi-même. Dans mon dernier livre, il fallait bien que je dévoile des aspects de ma vie. Ça a été plus difficile, c’était émotionnel.»
Il avoue d’ailleurs que cette idée de récit autobiographique ne lui est pas venue entièrement de lui-même. «Ma fille, Monique, m’a suggéré [il y a] deux ou trois ans passés, “Papa, je pense que tu as encore quelque chose à dire.” Et par la suite, j’ai commencé à rédiger mes mémoires.»
Ayant eu la chance de pouvoir parcourir, tout au long de sa vie, plusieurs territoires du monde – citant, entre autres, Marseille, la Corse, Prague, Salzbourg, Vienne ou encore les Caraïbes – partager ses souvenirs s’est finalement révélé pour lui comme un véritable privilège.
«Aujourd’hui, après avoir été atteint par le COVID au mois d’aout, l’année passée, je jouis de ma retraite en continuant à m’informer sur les actualités chaque jour et [à] écrire d’autres mémoires pour la postérité.»
