le Dimanche 14 juin 2026
le Lundi 24 mars 2025 7:00 Rubrique - La rubrique de la bouquineuse

Mireille Messier, partager aux enfants la magie des histoires

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Mireille Messier en dédicace. — PHOTO : Ian Partridge
Mireille Messier en dédicace.
PHOTO : Ian Partridge

Autrice jeunesse franco-ontarienne qui a publié, depuis 1999, plus de 40 livres, Mireille Messier vient de sortir son tout nouvel album, Ce que Samuel sait. Fraichement arrivée en Nouvelle-Écosse, elle entame sa tournée des dédicaces avec toujours autant de passion pour son métier.

Mireille Messier, partager aux enfants la magie des histoires
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Mireille Messier entourée d’enfants lors d’une rencontre.

PHOTO : Ian Partridge

«J’aime le lectorat. Je trouve qu’il y a de la magie d’écrire pour les générations à venir. C’est ce qui m’anime», confie-t-elle.

Un intérêt et un gout du partage qui lui viennent aussi de sa propre histoire, racontant, qu’enfant, elle n’imaginait pas qu’un tel rêve, vivre de l’écriture, était réalisable.

«J’étais de celles qui lisaient, mais qui hésitaient. J’ai jamais cru que, moi, je pourrais devenir une autrice. J’avais jamais eu l’opportunité de rencontrer des auteurs, jusqu’à beaucoup plus tard dans mon trajet.»

Ainsi, elle explique pourquoi il lui est d’autant plus cher de créer du lien avec ses lecteurs, aujourd’hui.

«Aller à la rencontre des jeunes, pour leur dire, « Toi aussi, si tu aimes les histoires, ça pourrait être ton métier de créer cette magie-là », c’est une des raisons pour lesquelles je continue à essayer de rentrer en contact avec mon lectorat.»

Avec Ce que Samuel sait, elle aspire justement à transmettre cette étincelle et cette joie, qui la stimulent tout particulièrement.

Mireille Messier, autrice de Ce que Samuel sait

PHOTO : Ian Partridge

«C’est une histoire pour le plaisir, qui parle de printemps, de faire famille, une histoire de bonheur. Il n’y a pas de grand message, pas de leçon. À l’époque, [j’]avais une fenêtre qui donnait sur un parc, et je voyais tous les jours mon voisin qui se rendait au parc avec son petit-fils. Je me suis dit qu’il y avait une certaine beauté là-dedans, dans cette routine, cet amour entre un grand-parent et son petit-fils. Et, j’ai voulu transmettre cette beauté, parce que ça s’est déroulé durant la pandémie, difficile pour bien des gens, mais où il y avait encore de beaux moments qu’on pouvait chérir.»

Raconter de belles histoires, une passion qui se ressent aussi lorsqu’elle partage le processus de création du livre, et notamment sa collaboration avec les éditions Orca et l’illustratrice Éléna Comte.

«Quand j’écris, je suis dans ma petite bulle, à la maison, toute seule. J’écris l’histoire, je vais la polir, pendant des semaines, la retravailler. Quand j’ai quelque chose que je trouve vraiment à la hauteur, je vais la proposer à un éditeur, dans ce cas-ci, les éditions Orca. J’ai été chanceuse, ils ont dit oui.»

«Ensuite, c’est eux qui vont trouver l’illustratrice. Là, j’ai eu le bonheur d’être avec Éléna Comte, dont je connaissais un peu le travail. J’avais déjà vu ses livres, j’aimais beaucoup. Quand on m’a annoncé que c’était elle qui allait illustrer mon histoire, j’étais bien contente.»

Mais si Mme Messier est heureuse de travailler avec les éditions Orca, avec qui elle signe son troisième livre, c’est aussi pour l’opportunité qu’elles lui offrent de pouvoir écrire tant en français qu’en anglais.

«J’ai des livres qui sont publiés uniquement en français, chez certains éditeurs, et d’autres exclusivement en anglais, chez d’autres, un peu partout au Canada. Les éditions Orca font les deux. […] Il y a des histoires qui se racontent juste mieux en français, qui me viennent spontanément en français, qui vont plus faire vibrer les francophones, et d’autres qui vont me venir en anglais, par des jeux de mots, des choses comme ça.»

La couverture de son nouveau livre, Ce que Samuel sait

PHOTO : Patridge

Un privilège qu’elle chérit particulièrement. «Je souhaiterais à tout le monde d’avoir cette opportunité-là, de pouvoir naviguer de façon aussi fluide entre les deux langues. C’est un atout. Ça m’ouvre plein de portes.»

«Quand on est auteur, on veut raconter nos histoires au plus de monde possible et, puisque je le fais dans les deux langues, je peux rejoindre beaucoup plus de gens. Ça me donne la chance d’aller les présenter dans les écoles, en français ou en anglais. C’est une façon aussi de faire rayonner les histoires en français dans un milieu qui est peut-être francophone, mais en minorité.»

 Ainsi, elle en vient à aborder le sujet de son lien avec la francophonie et de ce que cela représente pour elle, dans un pays bilingue, et une province à majorité anglophone.

«Je suis originaire d’Ottawa, mais j’ai toujours une petite place spéciale dans mon cœur pour les francophones en situation minoritaire. Quand on a décidé de déménager dans une province qui était plus anglophone que francophone, je n’ai pas trouvé ça déstabilisant. […] Ma langue maternelle, c’est le français. J’ai été à l’école en français. Mes enfants aussi. Mon conjoint est un produit des écoles d’immersion. Le français est un peu partout dans ma vie. Même ici, je continue à travailler presque exclusivement en français.»

D’autant que, de par son arrivée récente en Nouvelle-Écosse, elle aspire à se laisser porter par la province qui lui apportera, elle l’espère, un nouveau souffle à son écriture. «Je suis à la recherche d’inspirations pour raconter des histoires d’ici, que j’aurais pas pu rencontrer ailleurs. J’ai hâte de rencontrer les gens, de jaser, de voir qu’est-ce qu’il y a de nouveau à découvrir.»

Type: Critique

Critique: Une évaluation ou une critique indépendante d’un service, d’un produit ou d’une création artistique.

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