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À l’origine, il y a une femme: la Néerlandaise Martine Postma. S’intéressant aux initiatives citoyennes et aux modes de vie durable, elle constata que de nombreux objets réparables étaient jetés et que les savoir-faire se perdaient. Face à ce constat, elle organise en 2009 le premier repair café à Amsterdam.
Ce nom reflète l’idée du projet: réparer des objets et se retrouver dans un lieu convivial pour apprendre et échanger.
Ces ateliers collaboratifs, ouverts à tous, permettent aux bénévoles d’aider gratuitement à réparer petits électroménagers, vêtements, outils et vélos dans le but de prolonger la vie des objets et de transmettre des savoir-faire.
Depuis 2009:
- Plus de 3800 cafés de réparation à travers le monde
- Environ 60 000 bénévoles
- Environ 70 000 objets réparés
Au Canada, une initiative qui prend racine
Depuis quelques années, de nombreuses villes organisent des cafés de réparation.
Plus d’une centaine ont été recensés à travers le Canada, notamment à Montréal, Québec, Toronto, Vancouver, Moncton, Saint John et Charlottetown. En Nouvelle-Écosse, deux initiatives sont actuellement en place, l’une à Sydney et l’autre sur la Rive-Sud.
Étienne Baqué est à l’origine du projet local sur la Rive-Sud. En congé parental en mars 2025, il imagine un évènement grâce aux ressources de Repair Café International.
Quelques mois plus tard, Leah Nacua et Siri Arnet, ayant le même projet, rejoignent l’aventure. «On s’est retrouvés autour d’un café, on a beaucoup parlé, résume-t-elle, et on a décidé de travailler ensemble.»
Le premier évènement à Bridgewater, fin 2025, marque le début d’une dynamique locale, suivi par celui de Riverport, en mars 2026, confirmant l’intérêt.
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Réparer, un geste citoyen
Ces ateliers redonnent aux citoyens un contrôle sur leurs possessions. Chaque geste compte: réparer un chauffage, ajuster un pantalon, etc., devient autant d’occasions d’apprendre et de tisser du lien social.
Les repair cafés permettent de mettre un petit peu un frein à cette dynamique capitaliste […] en redonnant un pouvoir de décision et de réappropriation à l’individu sur leurs possessions.
«Les repair cafés permettent de mettre un petit peu un frein à cette dynamique capitaliste […] en redonnant un pouvoir de décision et de réappropriation à l’individu sur leurs possessions», souligne Étienne Baqué.
Les bénéfices sont concrets: des dizaines d’objets sont sauvés en quelques heures, réduisant déchets et achats, et renforçant l’autonomie.
Une fermeture éclair réparée peut éviter un achat et redonner confiance. «C’est un sentiment très libérateur de ne pas être à la merci d’un magasin», raconte Siri Arnet.
«J’adore voir les gens acquérir ces compétences par eux-mêmes», ajoute-t-elle, et «parfois, il suffit de quelques astuces pour que quelqu’un se sente capable de réparer seul».
Jon, en train de réparer ses chaussures. Une première pour lui.
Impact bénéfique sur la communauté
Le repair café se situe entre un atelier et un café communautaire. Il offre une réparation gratuite, un savoir-faire, un moment d’échange, etc., autant d’actions qui renforcent le sentiment d’appartenance.
«Les petits gestes de gentillesse rendent le quartier plus sûr et plus joyeux […] Ces lieux permettent d’inclure tout le monde, de créer un espace où l’on se sent bien», raconte Siri Arnet.
Dans ce contexte, les participants veulent aider, s’impliquer ou lancer leurs propres repair cafés.
De plus, l’initiative a reçu une reconnaissance officielle. La députée de Lunenburg West, Becky Druhan a présenté le concept des repair cafés à l’Assemblée provinciale. «Ça a été génial d’assister à ce moment de reconnaissance pour ce mouvement naissant dans notre région, une sacrée validation pour ces activités que nous menons», se souvient Étienne Baqué.
Une initiative qui appartient à tout le monde
Ces évènements peuvent être organisés partout. Pour organiser son propre repair café, les ressources sont disponibles en ligne.
En Nouvelle-Écosse, comme ailleurs au Canada et dans le monde, les repair cafés montrent qu’il est possible d’allier pratique, solidarité et respect de l’environnement. Ces ateliers participatifs deviennent de véritables espaces d’action, de partage et d’apprentissage, au cœur des préoccupations citoyennes.
