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Le projet original est né il y a trois ans dans la région de Clare d’une idée de Natalie Robichaud, directrice générale de la Société acadienne de Clare (SAC).
Cette dernière avait proposé à l’autrice-compositrice-interprète Vickie Deveau de monter un groupe de musiciennes de différents niveaux dans le but d’encourager les femmes à la musicalité et à prendre la scène pour briller.
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Le projet ayant eu rapidement beaucoup de succès, depuis, il s’est étendu à d’autres régions, notamment à Chéticamp et à Halifax, où Laura Rae anime le groupe.
Ainsi, toutes les deux semaines, les mardis soirs, à l’École du Carrefour dans la Salle George Cottreau, les dilettantes intéressées se rencontrent pour s’exercer à un instrument avec lequel elles ont déjà ou non de la familiarité.
[…] je pense que c’est plus facile de faire ces choses-là quand c’est juste des femmes. La vibe est complètement différente.
«Je cherche vraiment à créer un lieu où est-ce que les femmes se sentent à l’aise de poser des questions et d’essayer des nouvelles choses en musique, même si c’est en dehors de leur zone de confort, explique Laura Rae. Puis, je pense que c’est plus facile de faire ces choses-là quand c’est juste des femmes. La vibe est complètement différente.»
De son expérience, l’artiste a en effet pu constater que les femmes sont souvent moins confortables de se joindre à un groupe musical composé en majorité par des hommes. En outre, elle rappelle que les musiciennes féminines sont moins présentes sur scène, car elles disposent de moins d’occasions que les hommes et qu’il n’existe pas encore de véritable équité dans le milieu.
L’artiste Vickie Deveau.
«Les hommes ont ces opportunités-là partout, affirme-t-elle, donc j’aimerais juste en créer plus pour les femmes.»
C’est pourquoi, devant l’engouement des participantes au projet, elle est déjà en train de préparer avec elles un spectacle qui sera présenté au Gala des Bénévoles du Conseil communautaire du Grand-Havre (CCGH), le 29 mai.
«Je pense qu’on a beaucoup à dire, puis souvent, on le dit pas, mais c’est important de se faire entendre.»
Elle espère également pouvoir les faire monter sur scène lors du FrancoFest, à l’automne prochain.
«Les femmes sont merveilleuses, intéressées à explorer des différents instruments, réapprendre des instruments qu’elles ont joué dans le passé, comme j’en ai une qui veut recommencer à jouer la flute traversière parce qu’elle a joué quand elle était plus jeune. Alors, c’est ça, c’est vraiment un lieu sécuritaire pour tester des nouvelles choses et essayer des choses différentes.»
Harpe, ukulélé, guitare, flute, piano, basse ou encore percussion, aussi variés que soient les instruments à leur disposition, Laura Rae affirme que les musiciennes s’en donnent à cœur joie, et ce, quel que soit leur niveau.
«C’est comme un jam, on fait juste les chansons qui nous viennent en tête ou des chansons que des participantes veulent partager avec le groupe.»
Si tous les morceaux sont interprétés en français, la musique reste très variée, allant des derniers succès populaires aux chants traditionnels, joués de diverses manières en fonction dont les participantes sont originaires.
«C’est vraiment cool et tout le monde est ouvert à entendre les différentes versions de ces mêmes chansons, se réjouit Laura Rae. C’est vraiment juste un lieu très accueillant et chaleureux.»
Encourageant d’autres personnes à se mêler au groupe — y compris les personnes non binaires, et toutes celles qui ne se sentent pas à l’aise au sein des formations musicales dirigées par des hommes — d’ici le mois de juin, et sans obligation de participation au spectacle du Gala des Bénévoles, Laura Rae espère pouvoir continuer cette aventure «pour beaucoup d’années à suivre».
