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Pianocean ou l’odyssée d’une femme à contre-courant

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Marieke Huysmans-Berthou en prestation, sur sa goélette. — PHOTO: Facebook de Marieke Huysmans-Berthou
Marieke Huysmans-Berthou en prestation, sur sa goélette.
PHOTO: Facebook de Marieke Huysmans-Berthou

Le 17 juillet dernier, des applaudissements unanimes ont accueilli la projection du documentaire Sous le ciel de l’Ouest en présence de Marieke Huysmans-Berthou, saluant l’originalité d’un récit intime et poétique porté sur fond océanique.

Pianocean ou l’odyssée d’une femme à contre-courant
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Type de contenu: Actualité

Marieke Huysmans-Berthou est l’une de ces personnalités hors du commun pour qui l’emploi de néologisme ne semble pas de trop. Pianiste et chanteuse professionnelle, férue de navigation, elle se définit comme «pianigatrice», ayant fait d’un rêve, à première vue un peu fou, une réalité: un tour des flots musical avec, comme compagnon de bord, un piano, le piano de l’océan.

Ce projet poétiquement appelé Pianocean est celui que retrace le film Sous le ciel de l’Ouest, réalisé en 2020 par Pierrick et Anne-Lise LePellec. On y découvre son voyage en mers irlandaises, donnant des concerts de port en port du haut de son voilier, la Lady Flow.

Je voulais réunir mes passions de voile et de voyage avec ma musique.

— Marieke Huysmans-Berthou

«Je voulais réunir mes passions de voile et de voyage avec ma musique», a-t-elle exprimé au public lors de la discussion qui a suivi la projection organisée le 17 juillet.

L’événement, coprésenté par l’Alliance Française Halifax et le Musée Maritime de l’Atlantique, a suscité une grande curiosité de la part des spectateurs enthousiastes qui lui ont posé de nombreuses questions.

Des intérêts qui portaient aussi bien sur le type de piano embarqué à bord (un modèle classique autrichien), que sur la taille du bateau (un voilier de 40 pieds et 12 mètres de long, étonnant le public qui l’imaginait beaucoup plus grand) ou encore sur la santé du chat qui apparaissait dans le film — parce que, oui, parmi les passagers du voilier, il y avait aussi un chat.

Marieke Huysmans-Berthou y répondait avec cœur et authenticité, multipliant les anecdotes personnelles et souvenirs de voyage.

Marieke Huysmans-Berthou au piano sur sa goélette.

PHOTO: Facebook de Marieke Huysmans-Berthou

Elle est revenue notamment sur son apprentissage à l’entretien et à la restauration de piano initié avant le début du projet, soulignant en souriant que «le pire endroit où on peut mettre un piano, c’est un bateau».

«Ça faisait vraiment partie du challenge de départ, a-t-elle expliqué, me former à l’accordage, mais aussi à la réparation et à la maintenance des pianos, parce qu’il n’y a pas que l’accordage, il y a aussi toute la mécanique intérieure, les marteaux, etc. C’est tout du bois. Et avec les changements d’humidité et de température, ça bouge beaucoup, donc il faut pouvoir réparer au fur et à mesure. Mais bon, ça fait maintenant 10 ans qu’il est à bord et il sonne toujours bien.»

Ainsi, quand on lui a demandé d’où lui était venue l’idée d’amener un piano sur l’océan, elle a répondu qu’il s’agissait surtout pour elle de réunir ses deux passions, musique et navigation. Le piano étant son instrument principal, elle devait alors trouver une solution pour l’emmener sur les eaux. Admettant toutefois que «ça aurait été plus simple avec une guitare», ce qui n’a pas manqué de faire rire les participants.

Ces derniers lui ont aussi posé des questions sur la vie qu’elle mène à bord du bateau, désirant en savoir plus sur son quotidien atypique.

La musicienne Marieke Huysmans-Berthou au piano.

PHOTO: Facebook de Marieke Huysmans-Berthou

Marieke Huysmans-Berthou leur a alors raconté que, si elle a commencé ses expéditions seulement accompagnée par son amie Lily, la réalisatrice du documentaire, elle voyage désormais avec son mari et son petit garçon, qu’on aperçoit bébé dans le film. 

Pour ce dernier, elle trouve que l’expérience s’est révélée très stimulante, l’enfant semblant être heureux de découvrir de nouveaux endroits lors de leurs escales dans les ports et s’y faire des amis lorsque l’occasion se présente.

«Il reste vraiment ouvert à ce que le voyage peut lui apporter», a-t-elle affirmé, soulignant qu’ils avaient célébré son huitième anniversaire la veille.

Finalement, cet échange était aussi une opportunité d’en apprendre plus sur la venue de la musicienne en Nouvelle-Écosse et sa tournée canadienne. Marieke Huysmans-Berthou présentait en effet, ce week-end-là, une série de concerts au Queen’s Marque, sur le front de mer d’Halifax, avant de repartir la semaine suivante au Cap-Breton pour d’autres représentations à St. Peter’s, Baddeck, Iona et Sydney.

Son projet étant de laisser ensuite le bateau en hivernage, le temps d’une pause en France, puis de reprendre la goélette au printemps prochain sur le Saint-Laurent.

Depuis Terre-Neuve, ils rejoindront ensuite le Groenland, puis l’Islande, Féroé et, enfin, l’Europe de l’Ouest.

«J’ai peur que le piano n’aime pas trop le climat», s’est alors inquiété un spectateur. Mais Marieke Huysmans-Berthou s’est empressée de le rassurer — après tout, n’a-t-il pas déjà survécu à l’Irlande? —, suscitant à nouveau les rires de son auditoire.

Il est certain que, pour sa part, la jeune femme ne semble pas avoir froid aux yeux.

Type: Critique

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