le Vendredi 5 juin 2026
le Lundi 8 septembre 2025 9:00 Actualités: Acadie et Francophonie

Donner un espace de création aux cinéastes des provinces atlantiques

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
  PHOTO: Aneta Pawlik - Unsplash
PHOTO: Aneta Pawlik - Unsplash

À l’approche du Festival international du film de l'Atlantique, qui aura lieu à Halifax, du 10 au 12 septembre prochains, Christine Aubé de l’Office national du film du Canada partage au Courrier un avant-goût de l’actualité de l’organisme, et sa passion pour une industrie dans laquelle elle s’épanouit depuis bientôt 25 ans.

Donner un espace de création aux cinéastes des provinces atlantiques
00:00 00:00

Type de contenu: Actualité

«On est quand même assez présents, assez forts dans la communauté, exprime-t-elle. On a fait plusieurs œuvres qui ont résonné ici, au pays, mais aussi à l’international.»

Son rôle, en tant que productrice à l’unité des documentaires francophones pour les provinces atlantiques, est de collaborer avec les cinéastes francophones, en leur apportant les moyens nécessaires pour donner vie à leurs idées, notamment en les mettant en relation avec les artistes et artisans du milieu. 

Elle leur offre ainsi un espace de création unique à l’Office national du film (ONF). «Je crois beaucoup qu’un bon documentaire, ça part d’une bonne histoire.»

Christine Aubé, productrice à l’unité des documentaires francophones pour les provinces atlantiques. 

PHOTO: ONF

Une fois que le film est produit, sa mission consiste ensuite à faire connaitre les œuvres. Cela peut se faire en participant à des festivals, comme pour l’Atlantic international film festival, à des évènements communautaires, ou encore, en passant par l’intermédiaire de diffuseurs. 

Ainsi, l’ONF assure l’établissement de sa reconnaissance publique et celle de ses films, aussi bien au Canada qu’à l’international. «Nos films, en Atlantique spécifiquement, en francophonie, rayonnent énormément, que ce soit en France ou même aux États-Unis. On a même vu des films qui ont été achetés au Japon», affirme-t-elle. 

«Il y a vraiment une grande résonance, un grand rayonnement, puis une grande portée de ce qu’on a raconté avec le point de vue des créateurs d’ici.»

Actuellement, l’activité de la productrice s’articule autour d’une huitaine de projets, à différentes étapes de production. Parmi ces derniers, il y a le court-métrage Fernand le Père Noël, avec le cinéaste François Pierre Breau du Nouveau-Brunswick, qui devrait paraitre à Noël.

Il y a également le documentaire Prisonniers du temps, avec le réalisateur Georges Hannan de la région de Moncton, ou encore la production d’un court-métrage d’animation, Je m’appelle Daniel, du cinéaste Daniel Légère, son quatrième film avec l’ONF, dont la sortie est prévue pour 2026.

Aspirant à travailler avec les créateurs des régions, comme elle a pu le faire l’année dernière avec Natalie Robichaud pour son documentaire Trécarré : à la source du son de la Baie Sainte-Marie, elle apprécie particulièrement concevoir des projets qui s’imprègnent d’un milieu, notamment en faisant appel aux professionnels locaux.

«C’est important, dans un Canada vraiment ouvert, qu’on puisse donner la place à tout le monde et qu’on puisse vraiment permettre que les perspectives de la francophonie en Atlantique soient entendues, vues et connues.»

Dans cette optique, il est d’autant plus important pour elle de tisser des liens forts et solides avec les gens de la communauté, en se tenant au courant de ce qui se fait et des nouvelles personnes qui s’installent dans la région, de rencontrer les créateurs en émergence, tout en restant en contact avec la génération déjà établie. «Il faut garder cet équilibre.»

L’enjeu étant de se faire connaitre et, à travers elle, de faire connaitre l’ONF, afin que les personnes qui pourraient avoir besoin de ses services puissent y disposer facilement au moment opportun. «Il faut vraiment que je permette à tout le monde de pouvoir y avoir accès.»

Christine Aubé se dit même particulièrement attachée à soutenir les «petits» créateurs qui se présentent avec leur proposition, sans formation cinématographique traditionnelle ou l’expérience qu’apporte la réalisation d’un film.

Natalie Robichaud en est un bon exemple. «C’est pas une cinéaste de carrière, elle le dit très ouvertement. Quand elle est venue me voir avec son projet, je me suis dit, OK, on va l’encadrer, on va lui donner l’accompagnement nécessaire pour qu’elle puisse réussir à faire son film, partage la productrice. Je vois ça comme un beau défi. Je vois pas ça nécessairement comme une embûche.»

En outre, l’ONF est ouvert à tous les formats. Qu’il s’agisse de court, moyen, long métrage, de documentaire ou encore de série, l’organisme cherche avant tout à porter des histoires contemporaines, innovantes et en résonance avec le monde d’aujourd’hui. Des récits qui touchent aussi bien la population en région atlantique que l’ensemble du Canada. 

Un public de tous âges et de toutes diversités. «Il y a vraiment un désir, en fait, de parler de tous types de sujets, assure-t-elle. Les gens qui ont une histoire à raconter ou une idée, on est tout à fait ouvert à entendre cette idée-là pour en discuter, pour voir s’il y a un potentiel.»

Christine Aubé affirme également veiller à refléter la diversité des cinéastes avec lesquels elle travaille et à répondre à l’obligation de l’ONF de produire des films aussi bien en anglais qu’en français.

C’est vraiment surprenant comment on peut avoir une résonance au-delà de ce qu’on croit qu’est notre premier public.

— Christine Aubé

«Il y a des films qu’on a faits en francophonie qui étaient 100 % français et qui ont eu une résonance du côté anglophone comme on s’y attendait très peu, confie-t-elle. C’est vraiment surprenant comment on peut avoir une résonance au-delà de ce qu’on croit qu’est notre premier public.»

Affirmant sa présence au Festival international du film de l’Atlantique, aux portes ouvertes de l’ONF et de Téléfilm le 10, et à une séance d’information pour les créateurs de 30 ans et moins pour une initiative avec le TIFF, le 11, elle attend l’arrivée de l’évènement avec une très grande impatience.

Véritablement passionnée par son métier, elle aspire plus que tout à pouvoir offrir aux créateurs des régions Atlantique les encadrements et espaces de créations qu’ils méritent. 

«C’est ouvert au public, c’est gratuit. S’il y a des gens qui veulent en apprendre sur l’industrie ou qui sont simplement curieux ou qui sont cinéastes ou même créateurs, j’inviterai les gens à venir me rejoindre à ce moment-là, soutient-elle. Je suis vraiment très ouverte à entendre et collaborer avec les gens de la Nouvelle-Écosse.»

Type: Actualités

Actualités: Basé sur des faits, soit observés et vérifiés directement par le ou la journaliste, soit rapportés et confirmés par des sources bien informées.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe