le Mardi 23 juin 2026
le Vendredi 4 juillet 2025 11:00 Environnement / Agriculture

Erica Porter: Transmettre l’amour et le respect de l’environnement

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Erica Porter, coautrice du livre The Inner Bay of Fundy Colouring & Activity Book. — PHOTO: Darren Porter
Erica Porter, coautrice du livre The Inner Bay of Fundy Colouring & Activity Book.
PHOTO: Darren Porter

Pêcheuse professionnelle, technicienne scientifique et aujourd’hui coautrice de The Inner Bay of Fundy Colouring & Activity Book, Erica Porter a écrit avec son père, Darren Porter, et la docteure en durabilité socioécologique et scientifique marine interdisciplinaire, Sondra Eger. Une idée originale, inspirée par sa passion pour le coloriage et sa sensibilité envers le monde naturel.

Erica Porter: Transmettre l’amour et le respect de l’environnement
00:00 00:00

Type de contenu: Actualité

Elle pêche depuis ses 16 ans. Elle a commencé avec son père, et ils ont évolué petit à petit vers le domaine scientifique et éducatif, relate-t-elle. «Maintenant, nous nous entreprenons surtout des travaux pédagogiques et scientifiques. Nous nous consacrons à la collecte de données dans les zones environnantes, comme la rivière Avon et le bassin de Minas.» 

«On y attrape des poissons et on les étudie. Et c’est dans ce contexte que nous en sommes venus à créer un livre. Nous voulions informer les gens et leur montrer ce qui se passe autour de nous.» 

Pour autant, si l’activité qu’elle mène aujourd’hui, en compagnie de son père, à pêcher des poissons sur un bateau lui semble toute naturelle, cela n’a cependant pas toujours été une évidence. «Je n’ai pas grandi en pensant que j’allais devenir pêcheuse ou faire un métier de ce genre, confie-t-elle. Je voulais plutôt devenir coiffeuse ou prothésiste ongulaire, quelque chose comme ça.»

Erica Porter, coautrice du livre The Inner Bay of Fundy Colouring & Activity Book.

PHOTO: Darren Porter

Jusqu’à ce que son gout pour l’aventure et sa propension au changement la rattrapent. «Ça m’a juste de plus en plus plu d’aider mon père, chaque été, et puis de temps à autre. J’ai juste apprécié le fait qu’aucune journée ne se ressemblait.»

Mme Porter raconte que, ce qu’elle aime particulièrement dans son activité, c’est justement le fait que, tout en effectuant les mêmes actions au quotidien, il arrivera toujours quelque chose qui rendra une journée différente de la précédente.

«Comme pêcher un autre poisson, apprécier un coucher de soleil différent, ou alors il fera plus froid parce que nous pêchons tous les jours et que la météo évolue tout au long de l’année. Il y a toujours quelque chose qui change et je trouve ça passionnant.»

En outre, le travail sur le terrain, au contact de la nature, est aussi un aspect de son métier qu’elle affectionne beaucoup. «Et qui aurait cru que je créerais un livre de coloriage ou que je me mettrais à prendre la parole en public?», rit-elle. En effet, pour quelqu’un qui admet ne jamais avoir été très à l’aise avec l’exposition, lancer ce projet de livre n’était pas anodin.

Malgré cela, elle reconnait que ce genre d’opportunités lui apporte un vrai épanouissement et qu’à chaque fois qu’elle s’essaie à quelque chose de nouveau, elle en ressort très enthousiaste. 

Surtout quand cela a valeur d’engagement et permet de sensibiliser un large public à leur démarche. «Les gens sont souvent un peu déconnectés, a-t-elle pu constater. À moins qu’ils fassent vraiment un effort pour s’y intéresser, mais c’est compliqué.»

«Et c’est difficile aussi de protéger quelque chose que tu ne connais pas. C’est pourquoi on a créé ce livre. Parce que tout le monde ne peut pas aller dans la baie et attraper tous ces poissons ou observer ce qu’on fait.»

En s’inspirant de sa passion pour le coloriage, Erica Porter s’est dit que le livre pouvait être un outil efficace pour toucher un grand nombre de personnes. À travers ce cahier d’activité, elle voulait montrer qu’il existait une autre forme de nature, plus difficile d’accès, différente et moins évidente qu’une promenade en forêt, mais tout aussi intéressante.

«Tout a commencé avec l’idée [que] “j’aime faire du coloriage, alors peut-être que d’autres personnes aussi?”. Et que c’était un bon moyen de pouvoir identifier les poissons et de s’en rapprocher.»

Bien que reconnaissant qu’il a fallu trouver un certain équilibre au sein de la collaboration, notamment parce que chacune des parties impliquées avait sa propre vision sur la finalité attendue, elle reste convaincue, aujourd’hui, qu’ils n’auraient finalement pas pu arriver à un meilleur résultat.

«C’est le plus complet que nous aurions pu obtenir, c’est certain. Et ça, c’est parce qu’il y avait tant de personnes, avec des professions différentes, et des opinions différentes investies.»

Il ne s’agit pas seulement du point de vue d’un pêcheur ni de celui d’un scientifique. Il contient également des connaissances traditionnelles et c’est ce qui fait, il me semble, que nous avons pu le rendre aussi complet que possible.

— Erica Porter

Le fait que le livre soit disponible en anglais, en français et en mi’kmaw la rend d’ailleurs particulièrement enthousiaste. 

Toutefois, comme elle tient à le souligner, pour elle et son père, cela allait tout simplement dans l’ordre des choses. «Nous travaillons tous les jours avec les Mi’kmaq et les universités. Donc c’était juste une démarche naturelle de les inclure dans le projet.» 

«On ne voulait rien laisser de côté. Leur savoir traditionnel est tout aussi important, si ce n’est plus, que le nôtre. Donc, je pense qu’avec chacun de ces savoirs qu’on a inclus dans le livre, il n’en est que meilleur.»

Tous ces savoirs et connaissances, cette passion et ces préoccupations pour l’environnement, il semble aussi essentiel à Erica Porter, qui est également une jeune mère, de les partager avec sa fille.

«Si je peux essayer simplement de lui apprendre à aimer la nature, les animaux, le gout de l’exploration, de l’aventure, à être une enfant avec de l’imagination, ce genre de choses, je pense que c’est le meilleur des cadeaux que je puisse lui offrir.» 

«Ce qu’elle en fait après, c’est son choix. Je peux me tromper, mais je me dis qu’en ayant pour modèle quelqu’un qui aime autant les poissons, je ne vois pas pourquoi elle se mettrait à les détester.»

Et malgré l’état du monde actuel, qui lui apparait de plus en plus inquiétant et déconnecté, elle aimerait quand même arriver à transmettre aussi à sa fille suffisamment d’amour, de force et d’optimisme pour qu’elle puisse en surmonter les difficultés. «La vie n’est pas toujours rose, mais je peux au moins lui donner les outils pour affronter les moments difficiles, et je crois que c’est ce qui fera toute la différence.»

En attendant, elle espère que ce livre lui apportera une porte de sortie, une échappatoire, un moyen d’expression, mais aussi un espace de connaissances et d’idées, qui l’incitera peut-être un jour à vouloir protéger la nature à son tour. «C’est un début. C’est le genre de chose que je peux lui donner.» 

«Je sais que j’ai encore des choses à apprendre, mais pour le moment, c’est ce que j’ai à transmettre. Et si je peux lui montrer l’amour, la gentillesse, l’aventure, le respect de l’environnement, c’est, je pense, le mieux que je puisse faire.»

Type: Actualités

Actualités: Basé sur des faits, soit observés et vérifiés directement par le ou la journaliste, soit rapportés et confirmés par des sources bien informées.

Pour consulter nos pratiques exemplaires et politiques journalistiques, cliquez ici.

Contactez la rédaction - Proposer une correction - Faire une suggestion - Contactez l'équipe

Corrections:

le Vendredi 25 juillet 2025 10:45:

Premier paragraphe: 

«la docteure en en durabilité socioécologique et scientifique marine interdisciplinaire, Sondra Eger.»