le Jeudi 2 juillet 2026
le Jeudi 2 juillet 2026 11:00 Environnement / Agriculture

Halifax, la ville des abeilles

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Kiosques sur les pollinisateurs aux Jardins publics d’Halifax pour le Pollinator Week. — PHOTO: Arthur Gandin
Kiosques sur les pollinisateurs aux Jardins publics d’Halifax pour le Pollinator Week.
PHOTO: Arthur Gandin

De l’Université Dalhousie aux parcs municipaux, Halifax déploie une stratégie de naturalisation massive pour protéger les pollinisateurs menacés.

Halifax, la ville des abeilles
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Type de contenu: Actualité

Du 22 au 28 juin 2026, Halifax a bourdonné au rythme de la Semaine des pollinisateurs. 

Alors que la ville célèbre son accréditation officielle «Bee City» décernée par Bee City Canada l’année dernière, une série d’événements, de la marche interactive des abeilles aux ateliers de construction de jardins, invite tout le monde à redécouvrir l’importance de coexister avec ces insectes essentiels. 

La Nouvelle-Écosse abrite une richesse méconnue: plus de 200 espèces d’abeilles natives, dont une abeille unique et menacée de l’île des Sables. Contrairement aux autres insectes, les abeilles sont les pollinisateurs les plus efficaces: elles pratiquent la «constance florale», visitant des centaines de fleurs d’une même espèce par voyage, assurant ainsi une fertilisation croisée optimale. 

Pourtant, 90% de ces abeilles sont solitaires. Elles ne vivent pas en ruche, mais nichent individuellement, soit dans le sol, soit dans le bois mort ou les tiges creuses. Leur survie est aujourd’hui compromise par la perte de leur milieu de vie, les pesticides et la compétition avec les abeilles mellifères introduites, qui accaparent les ressources florales.

Projet de naturalisation au Birch Cove avec la mise en place de 237 nouvelles plantes.

PHOTO: Municipalité d’Halifax

Face à ce constat, l’organisme Bee City Canada fédère les communautés autour d’engagements concrets: créer des habitats, éduquer et célébrer ces insectes. C’est Emily McLean, doctorante à l’Université Dalhousie, qui a initié cette dynamique dans la région. Sous son impulsion, l’institution est devenue le 20e «Campus des abeilles» au pays. 

La stratégie repose sur un principe vital: la plantation d’espèces natives.

«Les plantes indigènes offrent une source de nourriture continue du printemps à l’automne, essentielle au cycle de vie des abeilles solitaires», souligne l’approche universitaire. Dalhousie a ainsi converti des terrains gazonnés en habitats florissants, servant de laboratoire extérieur pour la recherche sur la conservation.

Le mouvement s’est étendu à la municipalité régionale d’Halifax sous la direction de Tracy Jessen, coordonnatrice à la naturalisation. Nommée en 2023, Jessen supervise une stratégie audacieuse visant à remplacer le gazon par des écosystèmes résilients face aux pressions amenées par les changements climatiques.

En 2024, six nouveaux espaces ont été naturalisés, notamment à Birch Cove et Woodside, grâce à des partenariats avec Tree Canada et l’organisme Helping Nature Heal. Des centaines de plantes, d’arbustes et d’arbres indigènes y ont été installés. Ces zones ne nourrissent pas seulement les pollinisateurs; elles filtrent l’eau, stabilisent les sols contre l’érosion et réduisent les îlots de chaleur urbains.

La ville, qui interdit les pesticides depuis 2003, alloue désormais un budget dédié à l’entretien de ces milieux et met en place une signalétique pour éduquer le public sur l’importance de ces espaces naturels. De l’initiative académique d’Emily McLean à la stratégie municipale de Tracy Jessen, Halifax plante un nouveau jardin pour protéger sa faune indigène. 

En ce juin 2026, la ville acte son engagement par la sensibilisation et la mobilisation de ses citoyens et citoyennes pour assurer un avenir résilient face aux changements climatiques.

Type: Actualités

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