Type de contenu: Éditorial
Mais la réalité, c’est qu’une excellente performance ne suffit pas pour se vendre.
La semaine de la FrancoFête est une occasion en or pour le public de mieux apprécier le travail des artistes, qui doivent non seulement être talentueux, charismatiques et offrir des chansons qui parlent aux spectateurs, mais également impressionner certains des plus importants acteurs de l’industrie: les diffuseurs.
Ces derniers ne réalisent pas leur programmation en se fiant simplement à leur gout musical et leurs coups de cœur. Ils doivent aussi penser à leur public. Est-il varié ou diversifié? Est-il plus prudent ou avant-gardiste? Est-il aventureux et explorateur ou plutôt ancré dans ses préférences? Est-il plus acadien, québécois, français, etc.?
L’artiste, qui prend le risque de se déplacer à Moncton et de se produire sur scène, présente une vitrine dont il est fier, mais doit aussi prendre en considération le côté «vendeur» de son produit. Est-ce bon pour le scolaire? Est-ce assez grand public? Qui sera le public idéal?
Il est déjà difficile pour les artistes de choisir de créer en français, surtout quand l’art en question est plus niche. De penser qu’il y a cette barrière supplémentaire à la création en français permet de mieux apprécier le choix que font ces créateurs en réalisant leurs œuvres en français, quand la route artistique en anglais serait, à maints égards, plus simple.
La meilleure façon de soutenir les artistes francophones, c’est de sortir de la maison. Oui, même quand on a la semaine dans le corps. Moins d’habitudes casanières et plus de découvertes. Et plus de curiosité pour les artistes de différents styles, afin d’encourager de nouveaux groupes et de nouvelles troupes à émerger et fleurir.
Pour la langue et la culture, il ne faut pas toujours être un créateur pour contribuer. C’est tout aussi important et puissant de se présenter aux spectacles, car qui dit demande dit… offre!
À la fin de la journée, les diffuseurs proposent les spectacles qu’ils croient qui fonctionneront, en fonction de leur public et de ce qu’ils ont observé par le passé. Le spectateur peut donc faire toute une différence, un billet à la fois.
Jean-Philippe Giroux
Rédacteur en chef
