le Vendredi 5 juin 2026
le Mercredi 23 juillet 2025 9:00 Actualités provinciales

«La revitalisation de la culture, ce n’est pas dans le passé»

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Danielle Root, coordonnatrice des programmes et services mi’kmaq au CSAP. — PHOTO: Danielle Root
Danielle Root, coordonnatrice des programmes et services mi’kmaq au CSAP.
PHOTO: Danielle Root

Danielle Root joue un rôle essentiel au sein du Conseil scolaire acadien provincial en tant que coordonnatrice des programmes et services mi’kmaq. À travers les différentes actions qu’elle entreprend, sa mission dépasse l’enseignement de la langue et la culture mi’kmaw dans le système éducatif francophone de la Nouvelle-Écosse, et s’inscrit pleinement dans le cadre de la réconciliation et de l’éducation aux traités.

«La revitalisation de la culture, ce n’est pas dans le passé»
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Des enjeux qui, souligne Mme Root, demeurent d’une importance capitale dans le monde d’aujourd’hui. «C’est difficile, mais c’est épanouissant, confie-t-elle. J’adore ce que je fais. Il y a des grands défis, mais des grands succès.»

Du fait que ce n’est que depuis 2019 qu’une voix authentique mi’kmaw est présente au sein du Conseil scolaire acadien provincial (CSAP), le chemin semble, en effet, encore long pour arriver à assurer un lien étroit avec les communautés mi’kmaq, gage d’une éducation qualitative, respectueuse et contextualisée. 

Cette collaboration est pourtant essentielle pour encourager la progression vers la réconciliation. «Il y a beaucoup de volets, beaucoup de sous-dossiers, beaucoup de travail, de comités, beaucoup de mécompréhension encore, mais on avance.»

Bien que Mme Root n’occupe pas de siège au conseil d’administration du CSAP, elle rencontre toutefois, tous les mois, le directeur général du CSAP pour veiller à ses engagements en faveur de la réconciliation. 

De surcroit, tout au long de l’année, elle mène également de nombreuses activités de sensibilisation au sein des écoles, avec les élèves et le personnel scolaire. Des actions qu’elle estime d’une grande importance et aux enjeux majeurs, particulièrement auprès des plus jeunes. 

Du fait qu’il s’agit de la première génération n’ayant pas connu les pensionnats autochtones, le dernier ayant fermé en 1997, elle est aussi la première à avoir accès à la vérité. «Une perception est en train d’être brisée aujourd’hui. Cette génération, ici, à l’école, on les appelle la génération du capteur de rêve parce qu’ils ne vont pas à l’école avec ces perceptions. Ils ont la chance d’apprendre la vérité. C’est eux autres qui vont arrêter les sentiments négatifs.»

Se référant aux mots qu’avait prononcés le sénateur Murray Sinclair, Mme Root affirme que l’éducation est d’une importance capitale et qu’elle peut contribuer à détruire bien des méconceptions. «C’est prendre la perspective occidentale et prendre la perspective mi’kmaw et mettre les deux ensemble afin de maximiser notre apprentissage.»

En outre, ayant travaillé de concert avec des conseillers en littératie scolaire, elle partage le même avis au sujet de la littérature. 

Dans cette perspective, elle a participé à la constitution d’une banque de données d’œuvres autochtones authentiques et approuvées, mise à disposition des enseignant(e)s. «Ce n’est pas évident, vraiment, confie-t-elle. J’ai fait un grand travail avec le centre provincial de ressource pédagogique (CPRP). Il y avait tellement d’œuvres qui étaient soit datées ou qui étaient erronées ou très racistes.»

Considérant les livres comme une excellente source de savoir et d’exploration des connaissances, elle soutient que, de ce fait, il est d’autant plus important de choisir de bonnes œuvres.

Pour les reconnaitre, elle porte un regard attentif sur plusieurs éléments: l’année de publication, l’existence d’un comité consultatif, les liens de l’auteur avec la communauté mi’kmaq et les protocoles éditoriaux de réconciliation.

Une analyse qui lui a permis de se rendre compte du manque d’œuvres authentiques mi’kmaq publiées et donc de l’importance de donner la priorité à cette littérature.

Toutefois, elle tient à mettre en garde contre les préjugés, rappelant qu’il n’existe pas de spécificités propres à la littérature mi’kmaw. La promouvoir au sein du système scolaire s’inscrit simplement dans une perspective d’inclusion et la volonté de fournir aux enseignants les outils nécessaires au fait des questions de diversité.

En outre, il ne faudrait pas non plus enterrer la culture mi’kmaw dans des temps révolus, avec des visions archaïques de ce qu’elle pourrait être. «La revitalisation de la culture, ce n’est pas dans le passé.»

Il s’agit davantage de comprendre, d’apprécier et de rendre justice à une vision du monde différente de celle de la pensée occidentale. Ouvrir son esprit à d’autres horizons, des perspectives moins linéaires, plus spirituelles et profondément sensibles.

«La Terre est une entité vivante pour nous autres. C’est un il ou un elle. Donc, je dis aux élèves: si tu disais d’un arbre, “il est ma parenté”, tu vas le traiter différemment, tu ne dirais pas “ma mère est une chose”. Si tu [utilises] un langage où l’arbre est ta parenté, tu vas probablement le traiter comme parenté. C’est ancré dans les langues. C’est vraiment quelque chose de magnifique, d’inclusif.»

Type: Actualités

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