Reel Change a été conçu dans l’objectif de soutenir les productrices noires, mais aussi les femmes trans et les personnes non binaires, d’expérience dans l’industrie du film et de la télévision, qui y sont actuellement les moins représentées.
«Ces créatrices ont d’autres histoires qu’on ne voit pas sur nos écrans. Ça pourrait apporter de nouvelles voix, de nouveaux visages à des régions qui sont sous-représentées et encore plus sous-représentées quand ça vient des communautés noires», explique Sabine Daniel, directrice nationale du programme.
Son lancement, en Nouvelle-Écosse, a marqué le prélude du 10e anniversaire de Black Women Film! Canada, ainsi que la première partie du programme, qui s’étendra sur 18 mois.
«La fondatrice, Ella Cooper, a été dans différentes provinces. Elle a vu qu’il y avait vraiment un besoin criant pour les femmes noires dans l’industrie et c’est pour ça [qu’elle] a fait la demande de subvention, […] c’est pour ça qu’on a créé ce programme-là. [Pour] répondre à des défis majeurs rencontrés par ces créatrices, notamment renforcer la sécurité économique des femmes noires en leur donnant accès à des ressources, mais aussi à des opportunités professionnelles. Combattre les obstacles à l’accès aux postes de direction, de prise de décision dans l’industrie», raconte Mme Daniel.
Avoir un programme comme celui-ci, financé par le gouvernement canadien, vient renforcer l’engagement de notre gouvernement envers ces femmes.
L’équipe de Black Women Film! Canada lors du lancement officiel, le 16 janvier à Montréal, avant le lancement régional en Nouvelle-Écosse.
Financé par le Ministre des Femmes, de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, le programme se déroulera donc dans les régions où la demande s’est révélée la plus criante: Halifax, Winnipeg, Vancouver et Montréal.
«Avoir un programme comme celui-ci, financé par le gouvernement canadien, vient renforcer l’engagement de notre gouvernement envers ces femmes», souligne Mme Daniel.
Structuré en trois volets, la première étape du programme, le coup d’envoi par consultation régionale avec des gens déjà ciblés sur invitation, a eu lieu en début de mois.
Il se terminera par un grand évènement national rassemblant toutes les participantes de chaque ville. Elles devront y pitcher leur projet afin d’avoir une chance unique de le concrétiser et de le voir retenu par un des diffuseurs nationaux, assistant à l’évènement.
Entretemps, lors de la deuxième étape, les élues, dont le projet aura été sélectionné, auront pu participer à une résidence formatrice de deux mois. Jusqu’au 30 avril, toutes les femmes et personnes répondant aux critères ciblés, et porteurs d’une histoire intéressante, film, émission de télévision, minisérie ou série web, peuvent encore la soumettre. 15 candidatures seront retenues par villes.
Il y a une certaine réalité en étant créatrice noire, et aussi avec plusieurs intersectionnalités, que ce soit être trans, non-binaire, francophone. Il y a une réalité qui vient à chaque couche apporter des barrières.
Au cours de la période de résidence, elles bénéficieront d’ateliers animés par des experts et de mentorats personnalisés, un accès privilégié à des ressources essentielles pour faire avancer leur carrière locale, nationale et internationale.
«Il y a une certaine réalité en étant créatrice noire, et aussi avec plusieurs intersectionnalités, que ce soit être trans, non-binaire, francophone. Il y a une réalité qui vient à chaque couche apporter des barrières», poursuit Mme Daniel.
«On les connait, mais on ne trouve pas de solutions pour aider les femmes. Dans ce projet, on permet, premièrement, un soutien financier pour les responsabilités familiales […] et on a une prise en charge avec des déplacements et des hébergements. Ce sont des incitatifs qui enlèvent les barrières aux participants.»
«On veut créer des environnements de travail plus inclusifs, en favorisant des pratiques équitables et diversifiées au sein de l’industrie. On va le faire avec des partenaires locaux, des boites de production, des mentors et des concurrenciers qui viennent de la région», précise Mme Daniel.
Elle souligne également l’importance de travailler avec des personnes formées, qu’il s’agisse des mentors ou des maisons de production, car nombreux demeurent encore à ne pas savoir comment favoriser l’émergence de milieux inclusifs et sécuritaires. L’utilisation des pronoms reste, par exemple, toujours problématique.
«Ce programme est aussi un lieu d’échange et de soutien entre mentors et participants, qui favorise le partage d’expériences et de développement de carrière. Alors, le mentor va aussi apprendre.»
Black Women Film! Canada, avec Reel Change, aspire donc à renforcer son engagement à long terme pour propulser un changement positif et durable dans l’industrie cinématographique, en contrant les disparités.
«Être productrice et réalisatrice n’a pas de couleur, n’a pas de genre. C’est avoir la passion de raconter des histoires. Des histoires qui peuvent représenter le Canada et nous mettre en lumière, que ce soit des histoires de personnes non binaires, trans, noires, des histoires humaines et universelles.»
