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Ces derniers mois, la Commission des droits de la personne (NSHRC) a remanié son conseil d’administration. À sa tête, Shawna Paris — avocate, travailleuse sociale et figure familière des dossiers sensibles, comme Africville ou les enquêtes restauratives — dirige désormais une équipe renouvelée.
Mais au‑delà des changements de gouvernance, c’est l’ensemble du modèle institutionnel qui vit une importante transformation.
La province a lancé une réforme de la Loi sur les droits de la personne pour 2025‑2026, un chantier que le ministère de la Justice qualifie d’urgent.
«Aucune mise à jour significative de la manière dont la Commission administre son mandat n’a été entreprise depuis plus d’une décennie», reconnait Lynette Macleod, porte‑parole du ministère de la Justice.
L’objectif est clair: bâtir un système «plus accessible, inclusif et réactif» pour répondre aux besoins d’une société de plus en plus exigeante.
Sur le terrain, la situation semble toujours aussi complexe. Les audiences continuent d’exposer des récits douloureux de profilage racial dans les commerces.
«Cela nous arrive encore», témoignent les victimes, dénonçant l’écart entre les discours d’équité et la lenteur des procédures.
Des plaintes de plus en plus complexes
Le département de la Justice reconnait que les plaintes pour discrimination sont devenues des dossiers lourds, souvent tentaculaires.
Ces plaintes sont complexes et nécessitent de la compassion, des procédures rigoureuses et suffisamment de flexibilité pour soutenir les personnes tout au long du processus.»
«Ces plaintes sont complexes et nécessitent de la compassion, des procédures rigoureuses et suffisamment de flexibilité pour soutenir les personnes tout au long du processus», explique Lynette Macleod.
La NSHRC doit composer avec une société où les enjeux de race, de genre, de handicap et d’identité se croisent et se superposent, ce qui exige des outils modernes et une capacité d’adaptation que l’institution n’a pas toujours eue.
Le numérique au service de l’humain
Pour répondre aux critiques, notamment sur la lenteur, la Commission mise désormais sur la technologie.
Elle a renforcé ses outils de gestion de cas afin d’améliorer l’exploitation des données, tout en lançant un formulaire de demande en ligne et un outil d’autoévaluation destinés à simplifier les démarches.
Elle a également publié un guide complet sur le processus de résolution des différends, un document qui vise à clarifier les étapes pour les plaignants comme pour les répondants.
«Ces changements découlent d’une approche intensive d’amélioration des processus d’affaires et d’un investissement dans la formation du personnel. La Commission continue de bâtir une culture d’amélioration continue, en parallèle du travail de modernisation mené par le gouvernement», précise la porte‑parole du ministère.
Retisser le lien avec la communauté
La modernisation repose aussi sur un travail tripartite associant le gouvernement, les commissaires et le personnel de la NSHRC, mais également sur une participation active du public.
«Les voix de la communauté sont centrales pour façonner l’avenir de la Commission», rappelle Lynette Macleod, soulignant que la NSHRC est née, dans les années 1960, d’une mobilisation citoyenne contre les injustices raciales.
À l’automne, la province a mandaté la firme Narrative Research pour mener une vaste consultation publique. Entre septembre et octobre, des sondages et des mémoires ont permis de recueillir les attentes des Néoécossais sur la manière dont la Commission devrait évoluer.
«Nous encourageons la communauté à continuer de partager ses expériences, et nous remercions celles et ceux qui ont déjà pris le temps de le faire», insiste la porte-parole.
Pour le département, cette participation continue est essentielle pour orienter la modernisation et reconstruire la confiance.
Vers une justice plus transparente?
La Commission affirme avoir standardisé ses communications pour expliquer clairement les étapes du processus dès le premier contact. Mais pour les observateurs, cette nouvelle équipe et ces outils numériques représentent autant une opportunité qu’un défi.
L’efficacité de la Commission ne se mesurera ni au nombre de consultations ni à la modernité de son site Web, mais à la protection réelle qu’elle offrira aux citoyens dans leur quotidien — au travail, dans la rue ou dans une simple épicerie.
