Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – Atl
La Loi sur les services en français, adoptée en 2004, s’apprête à connaitre une réforme significative. Denise Comeau Desautels, présidente de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), avance que le Congrès mondial acadien passé offre un contexte propice pour procéder à des ajustements significatifs.
Le Courrier a contacté l’Office des affaires acadiennes et de la francophonie qui a envoyé des commentaires par courriel.
«L’engagement renouvelé du gouvernement envers les services en français est très opportun puisque nous venons tout juste d’organiser avec succès un autre Congrès dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse en août, a mentionné l’Office. Le renforcement des services en français appuie la communauté acadienne et francophone et permet d’attirer de nouveaux arrivants francophones dans notre province.»
Le texte original de la loi, datant de 2004, n’avait pas prévu de mécanismes de contrôle ou d’évaluation systématique. Aujourd’hui, Mme Comeau Desautels confirme que le gouvernement néoécossais se montre réceptif aux revendications des Acadiens et francophones de la province.
Elle avance que le comité consultatif déjà en place continuera son travail. D’après le communiqué de la FANE, trois nominations ministérielles, une représentation de l’Université Sainte-Anne et une autre du Conseil scolaire acadien provincial se réuniront au moins quatre fois par an pour examiner l’impact des politiques, programmes et services du gouvernement provincial sur la communauté acadienne et francophone.
En intégrant le comité à la Loi, nous reconnaissons officiellement le rôle important de la communauté acadienne et francophone dans la communication de ses priorités au gouvernement, de façon à pouvoir offrir des programmes et des services qui correspondent à ces priorités.
«En intégrant le comité à la Loi, nous reconnaissons officiellement le rôle important de la communauté acadienne et francophone dans la communication de ses priorités au gouvernement, de façon à pouvoir offrir des programmes et des services qui correspondent à ces priorités», souligne l’Office.
L’une des principales révisions consiste à transférer la responsabilité de la loi au ministre des Affaires acadiennes et de la Francophonie, alors qu’elle relevait auparavant du ministre de la Communauté, de la Culture et du Patrimoine.
Un autre changement majeur est, selon elle, l’exigence de traduire les règlements de la loi en français. Avant cette modification, les textes règlementaires étaient uniquement disponibles en anglais. Désormais, les règlements seront bilingues, facilitant ainsi l’accès à l’information.
Denise Comeau Desautels, présidente de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.
De plus, la loi prévoit désormais une révision tous les 10 ans, permettant d’évaluer régulièrement son efficacité et de proposer des ajustements en fonction des besoins évolutifs de la communauté acadienne et francophone.
Hajar Hajhouji, gestionnaire à Immigration francophone Nouvelle-Écosse, souligne l’importance de cette réforme. Elle avance que pour les nouveaux arrivants francophones, l’accès à des services publics dans leur langue maternelle est essentiel à leur intégration et à leur épanouissement. Que ce soit pour obtenir une carte d’assurance maladie, s’inscrire à des programmes de soutien social ou accéder à des informations en ligne.
«Offrir des services publics en français est essentiel pour permettre aux nouveaux arrivants de s’intégrer pleinement et de contribuer à la société néoécossaise tout en préservant leur identité. Cette loi va rendre plus [facile] l’accès aux services en français, ce qui est un grand pas en avant pour notre communauté», dit-elle.
Enfin, Mme Comeau-Desautels souhaite que la loi soit adoptée cette année et exprime sa gratitude envers le ministre de l’Office des affaires acadiennes et de la francophonie pour son engagement et sa coopération dans ce dossier.
«La Loi renforce la sensibilisation et démontre l’engagement du gouvernement et des partenaires communautaires envers les progrès continus dans l’élaboration de programmes et de services en français», précise l’Office
«Ces modifications reconnaissent l’importance de la langue française et permettent au gouvernement de répondre aux attentes des partenaires acadiens et francophones», complète l’Office.
