Type de contenu: Actualité
Farida Agogno
IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse – Atl
Réjean Aucoin, avocat qui a plaidé la cause pour la circonscription de Chéticamp.
Le sénateur Réjean Aucoin, l’avocat qui a plaidé la cause pour la circonscription de Chéticamp, a participé à une séance d’information publique en fin juillet. Il avance que, durant sa présentation, il a souligné l’importance d’une représentation d’au moins 50 % des électeurs acadiens.
À lire aussi: Forte mobilisation à Chéticamp pour défendre la représentation acadienne
Il a rappelé que, depuis 1992, une circonscription aurait pu être créée, mais cela a été repris à plusieurs reprises. Selon M. Aucoin, depuis cette époque, la population parlant le français à la maison a diminué de 43 %.
Philippe Haché, citoyen de la région et impliqué dans un groupe de revendication sur la création d’une circonscription protégée, abonde dans le même sens que M. Aucoin. «Quand on parle de représentation effective des Acadiens, il faut comprendre que notre région s’anglicise de plus en plus», affirme-t-il.
«Le nombre d’Acadiens ayant le français comme langue maternelle diminue. Cela signifie que notre circonscription ne peut pas être de la même taille que la moyenne provinciale. Mais justement, en tant que minorité, nous devrions pouvoir avoir un poids équivalent à l’Assemblée législative.»
Lisette Bourgeois, directrice de la Société Saint-Pierre.
La Société Saint-Pierre, représentée par la directrice générale Lisette Bourgeois, est au cœur de cette mobilisation, pendant les consultations. «Cela fait 30 ans que nous parlons de ce dossier», rappelle-t-elle. Depuis les années 1990, la Société milite pour une circonscription qui reflète les réalités linguistiques et culturelles des francophones de la région.
Jules Chiasson, directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), et M. Aucoin ont une préférence pour le premier scénario du premier rapport, celui de Doyles Bridge avec 2805 électeurs, soit un poids électoral de 47 % de francophones. Cette proposition a été également soutenue par 426 signatures.
Le rapport propose aussi la circonscription Chéticamp et Margaree avec 3924 électeurs composés de 36 % de voix francophones. Inverness reste inchangé dans cette première proposition.
Pour la directrice générale de la Société Saint-Pierre, la consultation prévue en octobre va susciter plus d’intérêt, car le sujet est de plus en plus discuté.
Jules Chiasson, directeur général de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.
Selon elle, la consultation de juillet n’a pas fait écho notamment dans la communauté de Saint-Joseph-du-Moine, puisque beaucoup étaient partis en vacances. «Plusieurs personnes ont mentionné qu’elles n’étaient pas au courant de la première consultation, rapporte-t-elle. Il est donc crucial de diffuser l’information largement, notamment auprès des jeunes et des familles, afin qu’ils puissent prendre des décisions éclairées.»
Elle encourage les membres de la communauté à s’adresser à la Société pour toute information sur le sujet et assure qu’il existe des citoyens bénévoles, formés depuis décembre, qui les aideront. «Je suis confiant, avance M. Haché. Je connais certains membres de la commission, et je sais qu’ils prendront leur rôle au sérieux.»
«L’objectif est de s’assurer que les communautés minoritaires aient un certain poids à l’Assemblée législative. Je pense que c’est la mission de la commission, et j’espère que l’issue sera positive.»
M. Aucoin, pour sa part, continuera de suivre le dossier, privilégiant une circonscription destinée aux Acadiens. Non seulement il ne souhaite pas le scénario de Doyles Bridge, mais il espère également qu’une circonscription protégée sera établie dès sa création et qu’une élection partielle sera organisée dans les trois mois suivant cette création.
Il souhaite enfin que cette protection soit maintenue jusqu’en 2039.
