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le Mercredi 13 août 2025 9:00 Actualités provinciales

L’Association pour le logement abordable sonne l’alarme

Pourquoi faire confiance à Le Courrier
Michael Kabalen, directeur exécutif de cette organisation. — PHOTO: de gracieuseté - Michael Kabalen
Michael Kabalen, directeur exécutif de cette organisation.
PHOTO: de gracieuseté - Michael Kabalen

Les chiffres du dernier recensement mené par L'Association pour le logement abordable de la Nouvelle-Écosse et publiés en mai dernier dévoilent que 1132 personnes se trouveraient sans habitation, soit le double du total d’individus dénombrés en 2022.

L’Association pour le logement abordable sonne l’alarme
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Type de contenu: Actualité

Selon le directeur exécutif de cette organisation, Michael Kabalen, le problème devient chronique et la difficulté provient à la fois du système et des personnes qui se trouvent malencontreusement incapables de surmonter leurs difficultés sans intervention ni support.

Dans une interview accordée au Courrier de la Nouvelle-Écosse, Michael Kabalen précise qu’en novembre 2024, 95 membres de 23 associations différentes sont sortis pendant cinq jours rencontrer les gens sans domicile. «Nous avons compté le premier soir 1132 individus qui vivent en voiture, dans de petits abris, dans la rue ou dans le cadre de programmes de diversion, dont 1009 adultes, 40 jeunes non accompagnés, âgés entre 16 et 24 ans, et 123 enfants dépendants  de personnes majeures.» 

«Il s’agit du double du total relevé en 2022. En effet, à l’époque, on avait compté 536 personnes», précise-t-il.

Les causes de ce phénomène

«Ces individus sont dans cette situation, car le monde a tellement changé autour d’eux, bien que leurs revenus soient restés presque les mêmes», souligne-t-il. 

Malgré les investissements significatifs du gouvernement dans le secteur du logement, les options proposées ne conviennent pas à bon nombre de personnes.

— Michael Kabalen

«Malgré les investissements significatifs du gouvernement dans le secteur du logement, les options proposées ne  conviennent pas à bon nombre de personnes. Les informations sur la dette montrent bien que le marché ne fournit pas suffisamment de choix à toute la population.» 

Selon le rapport de l’organisation publié le 28 mai, malgré leur revenu, 39 % des personnes dénoncent ne pas avoir suffisamment d’argent pour payer leur loyer, ou ont perdu leur demeure et ne trouvent pas de nouveau logement à prix convenable à leurs conditions économiques.

Aussi, 14 % des personnes recensées seraient à la rue suite à une séparation avec leur conjoint, l’argent ne suffisant pas pour avoir une maison et y abriter les enfants. 

On pourrait aussi citer les familles nombreuses qui auraient besoin de grands appartements, dont elles seraient incapables de payer les frais.

Évolution de la crise par rapport à 2022 

En 2022, seuls 24 % de la population recensée se trouvait sans habitation pour une durée de six mois ou l’excédent légèrement. Or, en 2024, 75 % demeurent à la rue pour une durée similaire, soit près de trois fois le pourcentage recensé deux ans plus tôt.

«Historiquement, les gens étaient sans logement de façon épisodique, pour une courte durée. Aujourd’hui, le phénomène devient chronique et il est souvent trop difficile, voire impossible de trouver une demeure aux individus qui se trouvent dans pareille situation», déplore le spécialiste.

Selon lui, la crise perdure et s’intensifie. «Cela ne veut pas dire que rien n’a été fait, mais qu’on n’a pas fait, jusqu’à présent, suffisamment.»

Il enchaine: «La durée d’attente, les frais des loyers augmentent, alors que les salaires stagnent sans croissance.» 

Les solutions adéquates

Pour Michael Kabalen, il s’agit d’une responsabilité gouvernementale eu égard à une crise remédiable. «Si seulement nous fournissons à ces personnes en difficulté de décents et dignes logements, nous pourrons mettre fin à la crise tout en faisant un acte humain sans gaspiller l’argent gouvernemental.» 

La solution résiderait dans le développement de logements à prix abordables. 

Cette Association, qui contribue depuis plusieurs années à loger des ménages dans 200 différentes unités, construirait 350 à 400 nouveaux appartements. «Le logement abordable en Nouvelle-Écosse est en pleine croissance. Certaines unités sont même à des prix très abordables», continue Michael Kabalen. 

«La priorité étant au logement des personnes sans abri, nous les aidons par le fait même à participer à la vie communautaire», fait-il valoir.

L’Association collabore avec d’autres organismes, qui proposent des programmes de soutien aux sans-abris. «À Dartmouth, à titre d’exemple, l’Association s’accorde avec un centre communautaire pour offrir des soins de santé et un soutien social dans le cadre du projet “The Overlook”. Ensemble, nous fournissons des logements et nous y abritons 53 personnes.» 

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