Jean-Philippe Giroux – IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse
JP : Pour commencer, j’étais vraiment curieux de savoir comment s’était déroulée votre visite dans les provinces atlantiques. Qu’est-ce que vous avez été capable d’accomplir?
SMF : J’ai eu la chance de rencontrer M. Campbell, qui est de SouWester, le restaurant typique de Peggy’s Cove. J’ai aussi rencontré le maire de Halifax, Mike Savage. Je me suis promené avec Lina (Lena Metlege Diab), qui est notre collègue au Parlement. J’ai fini en faisant des tournées un peu partout. Dartmouth aussi, prendre le ferry, voir à quel point le centre-ville de Dartmouth a grandi, de nouveaux restaurants, de nouveaux cafés, de nouvelles expériences. On voit qu’il y a un engouement touristique de sortir d’Halifax […] et il y a des gens comme une voix forte pour les Acadiens, Darrell Samson, avec qui j’ai pu faire Camp Day Tim Horton’s, vivre l’expérience de donner le café au drive through.
Pis aussi rencontrer des gens qu’on pense peut-être pas. Dans la région de Nouvelle-Écosse, on a une grande communauté latino-américaine. J’ai aussi fait une soirée avec la communauté latino-américaine, qui a choisi Halifax, qui a choisi la Nouvelle-Écosse, pis je trouvais ça vraiment intéressant comme conversation.
JP : Si je ne me trompe pas, vous avez aussi eu la chance de discuter avec le ministre provincial chargé du dossier du tourisme. Quelles sont les solutions que vous avez mises en place pour, entre autres, attirer plus de visiteurs en Nouvelle-Écosse?
SMF : En fait, j’ai pas pu rencontrer le ministre du Tourisme de la région, mais on s’est déjà parlé à plusieurs reprises, notamment la dernière rencontre qu’on a faite avec les ministres du Tourisme.
Moi, je dirais que les enjeux de la région sont partagés. Je pense que le point central des enjeux pour le tourisme, c’est, entre autres, le transport, donc s’assurer que les gens sont capables de se déplacer du point a au point b. Si on veut aussi développer les régions, notamment les régions à fortes communautés acadiennes, une immense opportunité de tourisme francophone, bien, c’est sur que le transport est un enjeu, pis il faut travailler sur une longue période, sur les investissements qu’on va faire sur le transport.
[…] Le deuxième enjeu – pis c’est une nouvelle conversation pour le tourisme –, c’est la question des changements climatiques. Alors c’est bien évident qu’aujourd’hui, de plus en plus, que ce soit les feux, les inondations, la sècheresse, les chaleurs, ça a un impact sur le tourisme d’une façon directe parce que des gens vont annuler leur voyage. Donc ça a un impact économique important, mais aussi un impact sur la réputation du pays.
La ministre Soraya Martinez Ferrada, de passage à Grand-Pré pour découvrir l’œnotourisme de la vallée de l’Annapolis.
JP : À part les enjeux que vous avez mentionnés, quelles sont les grandes priorités pour l’industrie touristique canadienne, pour les prochaines années?
SMF : Je te dirais que le plus important, c’est retrouver le momentum qu’on avait, et ce momentum, c’est notre capacité de croitre le secteur touristique. Ce qu’on veut, c’est que les gens viennent au Canada, que ça soit dans leur top 10 des pays dans le monde qu’ils veulent visiter. Donc, qu’ils viennent au Canada, qu’ils restent longtemps et dépensent plus d’argent. Et pour ça, il faut s’assurer que les gens aient une place où rester, qu’ils ont des choses à faire, à découvrir et à vivre pour que l’expérience soit positive pis qu’ils deviennent des ambassadeurs.
JP : Vous avez mentionné que vous voulez créer plus d’opportunités touristiques, mais aussi plus d’opportunités touristiques authentiques, qui valorisent les cultures locales. Qu’est-ce que vous faites au ministère pour développer davantage ces opportunités-là?
SMF : L’année passée, on a adopté une stratégie de croissance touristique. On a mis 108 millions, qu’on a envoyés dans les agences de développement économique régionales, donc ACOA (Atlantic Canada Opportunities Agency) a reçu de l’argent pour soutenir le développement de produits touristiques pour, justement, s’assurer qu’on donne des moyens à des petites entreprises locales de développer leurs produits touristiques, pis je pense que ça, c’est excessivement important. Des fois, on pense qu’un petit montant n’est pas suffisant, mais un petit montant dans une petite entreprise dans une localité est beaucoup d’argent, et on est vraiment là pour soutenir le développement local, régional, dans toutes les communautés possibles.
Je pense que c’est ça qui fait la différence de la stratégie. On n’est pas nécessairement dans des grands évènements, dans des grands projets, mais on est beaucoup dans la capacité touristique locale, dans toutes les régions du pays. C’est ça qu’on souhaite faire.
On veut développer le tourisme autochtone. C’est une immense opportunité pour le pays. On est un leadeur mondial dans l’offre touristique autochtone, et on veut la développer encore plus.
JP : Comment se déroule la reprise du secteur touristique depuis la fin de la pandémie? Comment est-ce que le pays reconstruit le secteur du tourisme?
SMF : Les gens depuis la pandémie cherchent des expériences authentiques. Ils cherchent à vivre des émotions pis à avoir des voyages en famille, des voyages intergénérationnels. Les gens, ils veulent être ensemble, mais voyager. Donc ça, il y a quelque chose au niveau du tourisme familial qui change, mais d’avoir aussi, comme je disais, une expérience authentique. Au Canada, on offre ce que les gens cherchent en ce moment, et ça nous donne un grand avantage.
JP : Selon vous, quel est le potentiel touristique de la Nouvelle-Écosse à long terme? Qu’est-ce qui reste à exploiter?
SMF : Je pense que les gens ont intérêt à aller découvrir en dehors des grands centres touristiques comme [Peggy’s Cove ou Halifax], les régions de la Nouvelle-Écosse. Moi, je pense que l’objectif pour le développement touristique de la région, c’est de dire, okay, comment on sort les gens de Halifax ou des grands centres pour aller en région, pis qu’ils restent peut-être deux ou trois jours de plus pour voir autre chose.
