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L’aventure Capitaine Acadie est née en 2019 alors que les deux frères, qui s’étaient déjà illustrés dans la BD avec Omar & Oscar —des histoires d’amitié loufoques entre deux crustacés—, désiraient se lancer dans un nouveau projet plus sérieux, davantage ancré dans leurs racines acadiennes, et où ils pourraient rendre hommage aux univers fantastiques des comics books qui les avaient toujours fascinés.
Dany et Daniel Bouffard étaient depuis petits férus des superhéros des fictions Marvel et DC, tels Iron Man, Thor, Hulk ou encore les Quatre Fantastiques, et souhaitaient s’en inspirer pour créer leur propre personnage. Or, en commençant leurs recherches, ils ont rapidement réalisé qu’il n’existait pas de superhéros acadien. De là, le filon était tout trouvé pour donner naissance à Capitaine Acadie.
Après la sortie du premier tome, «Attaque à Shédiac», ils ont, au fur et à mesure de la série, fait évoluer leur concept avec l’idée de mettre en avant une région acadienne différente pour chaque album paru.
Car depuis les débuts de la saga, les deux frères collaborent avec des villes et des organismes acadiens qui les aident à financer les projets, ainsi qu’avec des musées et des historiens, mais aussi les habitants locaux, pour valider les faits et particularités culturelles propres à chaque territoire ou pour lesquels ils manqueraient de savoirs.
Et pour le dixième volet de la bande dessinée, SOS dans le Sud-Ouest, qui paraîtra en octobre, ils se sont notamment associés avec le Francofest et le Salon du livre de Halifax, ainsi qu’avec le Conseil scolaire acadien provincial, des partenaires bien connus de la province.
«Ça fait longtemps qu’on voulait faire un premier album en Nouvelle-Écosse, parce qu’on sait qu’il y a quand même une belle communauté d’Acadiens en Nouvelle-Écosse», exprime Dany Bouffard, confiant également souhaiter continuer l’exploration de la région à travers les deux tomes qui suivront.
Mais les deux frères ne s’arrêteront pas là, actuellement en train de négocier la création des numéros 13 et 14 de la saga.
C’est le fun de pouvoir dire qu’on est déjà un peu comme bookés jusqu’à 2028 présentement.
«C’est le fun de pouvoir dire qu’on est déjà un peu comme bookés jusqu’à 2028 présentement, se réjouit Dany Bouffard. On sait même qu’il s’en vient le Congrès mondial acadien en 2029, on planifie déjà qu’est-ce qu’on pourra faire comme projet pour [ça].»
Car, pour l’auteur de la BD, qui aspire bien à faire vivre le plus longtemps possible son personnage, il y a tout intérêt à penser au-delà du présent pour le voir évoluer dans de nouvelles aventures.
On le sent, en effet, très passionné à l’entendre parler de ce projet qu’il mène avec son frère de A à Z depuis plus de sept ans. Davantage encore qu’à travers l’univers de la BD, il est heureux de pouvoir transmettre leur attachement pour l’Acadie à un public qui en serait plus éloigné.
Dany et Daniel Bouffard.
«On arrive à intéresser plus particulièrement les jeunes en passant les messages par un super-héros», assure-t-il, en expliquant qu’eux-mêmes s’amusent beaucoup à intégrer des concepts acadiens par le biais des capacités magiques de Capitaine Acadie. Parmi ces derniers, il y a notamment le pouvoir de «la déportation» qui lui permet de se téléporter ou encore celui du «tintamarre», un cri strident porté par ses ondes vocales destructrices.
Mais le personnage a aussi été inspiré par le célèbre poème épique Évangéline de Longfellow, l’alter ego du Capitaine Acadie étant Gabriel Lajeunesse, un étudiant de l’Université de Moncton amoureux d’une femme prénommée Ève.
L’enjeu étant que, tout en alimentant le récit de ces références, ils en expliquent en même temps les origines.
D’ailleurs, depuis plusieurs volets, Dany et Daniel Bouffard ont intégré au milieu du livre un cahier spécial Acadie qui leur permet d’entrer davantage dans l’histoire acadienne de la région, sans que cela n’altère le scénario ni l’univers fantastique. Cet ajout leur a en plus donné l’occasion de mettre en avant d’autres projets, comme un concours de dessin réalisé dans les écoles avec l’œuvre du gagnant imprimée.
Ne semblant jamais manquer d’idée pour faire de Capitaine Acadie quelque chose de spécial, les deux auteurs innovent avec le concept de réalité augmentée qui offre aux lecteurs du contenu inédit à travers une expérience interactive.
Ainsi, dans le prochain tome, où apparaîtra l’artiste P’tit Belliveau, en numérisant la page à l’aide de leur téléphone portable, ces derniers peuvent alors découvrir le chanteur performer une vraie pièce musicale en vidéo.
Une technologie moderne et accessible à tous qui fera aussi partie de l’exposition qu’ils présenteront durant le Francofest.
C’est un peu comme embarquer dans l’aventure, mais grandeur nature.
«C’est un peu comme embarquer dans l’aventure, mais grandeur nature», se réjouit Dany Bouffard, partageant également qu’ils participeront avec son frère à d’autres activités au cours du festival, notamment à des séances de dédicace pendant le Salon du livre.
Et finalement, il nous quitte avec un dernier scoop : l’arrivée d’une créature qui n’existait pas encore dans l’univers de leur BD, la Râpure!
«Un monstre gluant qui va venir un peu essayer d’engloutir la région, mais que Capitaine Acadie va devoir utiliser de son intelligence et de ses pouvoirs pour se défaire.»
