Type de contenu: Actualité
«Je me suis dit: “pourquoi pas le faire pour les gens qui viennent l’été, le faire différemment, plus touristique?” Et donc, je me suis dit: “je ne veux pas parler uniquement de plantes, je veux aussi parler d’histoire”», raconte Ariane Gleize.
Engagée, passionnée, ce projet est une façon pour elle de mettre en lumière le patrimoine, tout en montrant le territoire autrement.
Représentations réalisées sur les plantes par Ariane Gleize à Grand-Pré en 2025.
«Par exemple, si on va voir un petit pissenlit, si on va voir une moutarde, si on va voir du plantain, en fait, je vais expliquer l’histoire de ces plantes, comment elles sont arrivées. Est-ce que c’était de manière volontaire ou est-ce que c’était de manière involontaire?»
Ainsi, à travers ses balades guidées, elle revient sur certains faits historiques, comme le fait que les premiers Européens arrivés en Amérique au XVIe siècle possédaient déjà des connaissances sur les plantes, notamment sur celles qu’ils avaient importées du Vieux Continent. Des savoirs qui ont évolué au fil du temps et de l’expérience acquise dans leur nouvel environnement, et par les échanges avec les peuples autochtones.
Elle explique aussi qu’à cette époque, on ne faisait pas encore d’herbiers comme on les connaît aujourd’hui, pour conserver les plantes et les étudier. L’ensemble de la réalisation coûtait très cher. On utilisait d’autres techniques, notamment l’illustration botanique.
D’où l’intérêt de sa démarche à rétablir la véritable chronologie et à déconstruire certaines idées reçues.
Ce que je veux, c’est que les gens, en même temps, ils repartent comme avec une histoire, avec quelque chose, et qu’ils aient le sentiment d’avoir appris quelque chose surtout.
«Ce que je veux, c’est que les gens, en même temps, ils repartent comme avec une histoire, avec quelque chose, et qu’ils aient le sentiment d’avoir appris quelque chose surtout. Et, en fait, ils vont peut-être porter aussi un regard qui va être différent en disant: “ah, tiens, le pissenlit, mais en fait, il vient d’Europe, et puis ils l’avaient apporté pour ça, ou la moutarde pour les condiments”, etc.»
Rappelant que les plantes ont joué un rôle fondamental dans l’histoire des hommes —précieuses alliées pour se nourrir, pour se soigner ou encore pour fabriquer des objets—, en transmettant ces connaissances, Ariane Gleize souhaite également inviter les participants à ralentir en expérimentant certaines pratiques anciennes.
«On s’adapte aussi aux conditions qu’on a autour de nous. Et après, ceux qui sont intéressés par l’histoire viennent me poser des questions sur le côté médicinal, sur le côté tinctorial, comestible, et puis, des fois, ils repartent avec des idées de recettes.»
Avec une nouveauté en 2026: l’utilisation d’un appareil permettant de retranscrire l’impulsion électrique des plantes en son, accompagnée d’une lecture de textes autour du patrimoine.
C’est pas seulement de l’information que je donne, c’est aussi un moment que les gens vont vivre. Ils vont expérimenter quelque chose, ils vont prendre le temps. C’est comme si on se reconnectait aussi avec nos cinq sens.
Ces balades avec Ariane Gleize ne se limitent donc pas à décrire les plantes, mais encouragent également à renouer avec la nature, en l’appréhendant différemment, et à n’importe quel endroit.
La botaniste souligne en effet que cette expérience n’est pas destinée à la région de Lunenburg, mais qu’elle peut être reproduite ailleurs, puisque les plantes elles-mêmes n’ont jamais cessé de voyager. Elle se dit donc disposée à se déplacer partout à travers la province, sur des sites historiques, pour des festivals, des animations musicales, en tout lieu où il y aurait de l’intérêt.
«Les gens peuvent collaborer, c’est ça qui est important. Ce n’est pas que c’est seulement une personne qui est là, c’est aussi que les gens peuvent participer.»
En somme, une expérience à la fois botanique, artistique, sensorielle, mais avant tout humaine.
«C’est quelque chose qu’on cocrée. On cocrée avec la nature, on cocrée avec les plantes, les gens vont cocréer avec moi.»
