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FT: Comment vous décririez-vous en quelques mots?
CDG: Claude de Grâce, j’occupe le poste de direction du Paysage de Grand-Pré, site du Patrimoine mondial. Je suis un passionné d’histoire et j’ai à cœur le respect des conventions humaines. Je suis souvent motivé par des projets qui impliquent des défis. Je peux être passionné, obsédé et parfois obstiné.
FT: Parlez-moi de votre famille?
CDG: Je suis né au Nouveau-Brunswick. Je suis Acadien d’origine espagnole. Nous étions 10 enfants, s’occuper de la famille était une grande priorité pour mes parents. On vivait dans un petit village de 13 familles. On avait des contacts avec les autres en allant à l’église de Saint-Louis de Kent. Mon père était fermier et bûcheron. Vers 1970, notre terre a été expropriée et on a déménagé à Saint-Louis de Kent.
FT: D’où vous vient cette passion pour les Acadiens d’ici et d’ailleurs?
CDG: Mes origines viennent du Parc national Kouchibouguac au Nouveau-Brunswick. Quand le parc a été créé, j’avais 15-16 ans. Mes parents ont perdu leur terre, ce qui a été traumatisant pour eux. Après des années, le souvenir du désarroi de mon père m’a rattrapé. Ma première conscience de l’Acadie est survenue à l’École de Saint-Louis de Kent où j’organisais des événements dans le club social —entre autres, un spectacle de la Sagouine. J’étais impliqué assez jeune, je côtoyais des personnes d’action comme Yvon Fontaine.
FT: Parlez-moi brièvement de votre parcours.
CDG: À l’âge de 22 ans, j’ai accepté un poste à la Forteresse de Louisbourg, où j’étais responsable des relations publiques. Un an plus tard, je suis devenu directeur des services aux visiteurs. Je m’occupais de l’équipe des guides, des interprètes et des militaires. J’ai fait des changements et j’ai laissé ma marque dans la manière dont on présentait l’histoire, comment on pouvait faire revivre l’été de 1744 à Louisbourg. J’y ai travaillé de 1976-1979. Yvon Leblanc et moi avons eu de nombreux échanges. Celui-ci me parlait de l’importance de Grand-Pré. À cette époque, il n’était pas ce qu’il devrait être. Je suis arrivé au Grand-Pré en 1983 et, aujourd’hui encore, j’y suis impliqué.
FT: Depuis combien de temps vivez-vous dans la Vallée?
CDG: En 1983, j’ai construit une maison à Wolfville où j’y suis demeuré jusqu’en 1986. Ensuite, j’ai habité Moncton. Depuis 2022, j’ai à nouveau un appartement à Wolfville, je partage mon temps entre les deux régions.
FT: Quels sont vos goûts musicaux?
CDG: J’aime les chansons modernes de Lisa Leblanc, Les Hay Babies, Le P’tit Belliveau. Réveille de Zachary Richard, lors du premier Congrès acadien m’a ému. Je me rappelle encore des émotions vécues à ce moment.
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FT: Que lisez-vous actuellement?
CDG: Actuellement, je lis un livre de Martine Jacquot, La maison vide, et le livre de Mark Carney, Values: Building A Better World For All, et bien d’autres auteurs. Je m’intéresse aussi à la science quantique.
FT: Un homme de projets comme vous travaille certainement sur de nouvelles idées. Lesquelles pouvez-vous nous partager?
CDG: Mon défi est de compléter mes nombreux projets. Je suis impliqué en tant que bénévole sur un projet au Nouveau-Brunswick; faire inscrire l’île Miscou comme Parc national. Un autre projet de création auquel je participe actuellement est Le Musée d’art contemporain dans la région de Dieppe-Moncton. Ce grand projet est encore en veilleuse, il n’a pas encore démarré.
FT: Dernièrement, je vous ai entendu parler de retraite.
CDG: J’ai donné mon avis que d’ici un an je ne serai plus directeur du Paysage de Grand-Pré. Je n’arrêterai pas de faire des choses, mais pas de la même façon. Conseil d’administration, discussions avec les gouvernements, création d’une application mobile et de nombreux défis sont le quotidien de mon mandat de Directeur général.
FT: Comment décririez-vous votre relation avec la langue et la culture françaises?
CDG: La langue française est la langue qui me définit, j’ai grandi en français. J’ai seulement appris l’anglais lorsque je travaillais à Ottawa pour un emploi d’été. Mon fils, mes petits-fils parlent le français. Pour nous, la langue française est importante.
Claude de Grâce est un homme charismatique, à la verve riche et chaleureuse. J’aurais pu m’appuyer sur un contenu audio pour rédiger une chronique plus élaborée et soutenue, mais l’espace disponible et l’intérêt de mes lecteurs se seraient sans doute essoufflés.
