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QUESTION-RÉPONSE
FT: Comment te décrirais-tu en quelques mots?
DR: Entrepreneur. J’ai beaucoup voyagé et habité dans plusieurs régions du monde. J’ai habité, entre autres, en Chine, en Thaïlande et en Angleterre. J’écris, je produis beaucoup de cidre. Ma femme et moi avons le restaurant Dickie Baxter Bistrot & Taproom, ainsi qu’une boutique — The Vintage Collective Curated Lifestyle Basics — à Canning.
FT: Où es-tu né?
DR: Je suis né à Lachine, dans la province de Québec. Éventuellement, j’ai vécu en Alberta. C’est là que j’ai appris à parler anglais, alors que j’avais huit, neuf ans. J’étais dans une classe d’anglais langue seconde avec des étudiants immigrants vietnamiens. Une expérience mémorable.
FT: Parle-moi de ta famille. De tes parents, frères et sœurs.
DR: Je suis l’ainé et j’ai une sœur. Mes parents sont francophones, ils viennent de la vallée de la Matapédia. Fait intéressant: ma mère n’a jamais appris un mot d’anglais, bien que nous ayons vécu dans des provinces anglophones; elle est unilingue francophone.
FT: Depuis combien de temps vis-tu dans la Vallée?
DR: Depuis six, sept ans à Canning. Auparavant, j’habitais à New Ross. J’ai déménagé de Bangkok (Thaïlande) à New Ross. J’ai acheté une ferme, alors que j’étais assis chez moi à Bangkok. Retour à la terre et être autosuffisant, voilà ce qui me guidait. Une ferme fruitière — pommes et petits fruits. De la, j’ai démarré mon entreprise de cidrerie.
FT: D’où te vient cette énergie créative et entrepreneuriale?
DR: J’ai toujours suivi mes passions, les choses qui m’intéressent. Je suis ça jusqu’au bout. Mon père était entrepreneur, développeur dans la construction. Il suivait les boums économiques. Nous avons déménagé de St-Îles à Québec à Edmonton (Alberta), alors qu’il ne parlait pas un mot d’anglais.
Je crois que c’est aussi ma personnalité. Je ne suis pas bon dans le 9 à 5, je ne me sens pas à l’aise dans cette façon de faire. J’aime faire ce que je fais. Je ne m’ennuie jamais et j’aime les défis.
FT: Dickie Baxter Taproom & Bistro, quelle est son histoire?
DR: J’ai acheté le bâtiment en 2020. Il était abandonné depuis 30 ans. L’idée était de faire une rénovation assez simple et de faire un petit bar ordinaire, où nous vendrions des hamburgers et des patates frites. À un moment, nous avons rencontré un chef, qui nous a convaincus d’aller plus haut de gamme. Le début a été un peu difficile, car c’était durant Covid. Nous avons persévéré et maintenant, nous avons une équipe superbe et professionnelle.
FT: Est-ce que tu utilises le français dans ton quotidien?
DR: J’utilise le français pour mon entreprise de vélo. Le Québec est l’une des provinces où je vends le plus d’accessoires de vélo. Je lis des livres en français, j’écoute des chansons québécoises, je compte dans ma tête en français.
FT: Quoi d’autre, Dominic Rivard?
DR: J’ai commencé un petit vignoble à Clair (Nouveau-Brunswick), où je produis du vin de camerises. J’y vais très souvent.
FT: Y a-t-il une chanson ou un groupe de musique francophone que tu voudrais nous proposer?
DR: J’aime beaucoup Les Cowboys fringants et Mes Aïeux.
FT: Comment décrirais-tu ta relation avec la langue et la culture françaises?
DR: J’ai vécu la grande majorité de ma vie en dehors du Québec. Je me sens francophone, je suis Québécois, mais je ne me sens plus vraiment québécois maintenant. Je me sens mi-touriste lorsque je visite le Québec. Je ne me sens pas géographiquement lié à un endroit.
FT: Quel endroit voudrais-tu nous faire découvrir?
DR: Je suis en amour avec le coin de Canning, jusqu’à la montagne Nord. Les petites plages sont superbes. La région ici est magnifique pour les randonnées. Canning est un joyau en devenir.
FT: Quelle activité pratiques-tu lorsque tu veux te détendre?
DR: Je fais beaucoup de cyclisme. Superbe région pour faire du bicycle solo ou en groupe. Peu de circulation, on peut s’arrêter n’importe [où] pour relaxer et voir de belles choses.
FT: Si tu pouvais inviter trois figures francophones à souper, qui choisirais-tu, et pourquoi?
DR: La première personne serait mon père, car il est décédé avant que j’ai tout ça. Un aventurier comme Jacques Cousteau serait un invité qui me plairait, car je voudrais lui poser des questions. Le chanteur décédé du groupe Les Cowboys fringants, Karl Tremblay, serait la troisième personne. Ils sont tous intéressants et ils auraient bien des choses à raconter.
J’aurais pu poursuivre notre échange encore longtemps, car j’ai découvert en Dominic un Québécois fascinant, inspirant et audacieux. Tout le contraire du dicton «Quand on est né pour un petit pain», expression populaire qui signifie une vie simple, sans ambitions et limitée.
Je te souhaite une merveilleuse continuation, Dominic!
Pour en savoir davantage sur Dominic et ses entreprises:
Cidermaker: https://www.redcorecider.com/who-we-are
Historique sur son parcours vins: https://www.winesofcanada.com/Rivard-Dominic.html
Dickie Baxter (avec sa femme) : www.dickiebaxter.com
Accessoires de vélo: www.cycletouring.shop
Vêtements en dépôt-vente (avec ma femme): www.villagecollective.shop
